II. — Effets pbysiologioiies dis MÉMGAmTS
873. I..es liquides appliqués se composent d'un osédicament dissous, dans un véhicule.
874. Le TÉHiGULE est F eau, 1* alcool ou la glycérine. Veau n'exerce aucune action comme médicament; elle agit seulement par ses propriétés physiques et surtout par sa température (869). La glycérine^ plus épaisse, s* écoulé plus lentement et prolonge, par conséquent, le séjour du médicament sur le point touché. Elle exerce une acticm tanpérante, sédative et une supersécrétion (871), à moîiis qu'elle n'ait une réaction acide et que la nmqueuse soit dépouillée de son épiderme. Dans ce cas, elle cause du picotement et môme delà cuisson. L'a/eoo/ détermine sur la muqueuse, suivant son degré de concentration, soit la simple pâleur de la région, par constriction des capillaires, soit la blancheur opaque et la comigation, avec coagulation du sang et de r albumine et formation d'une eschare. En même temps se déclare une sensation de chaleur plus ou moins forte. Puis bientôt après les vaisseaux se dilatent ; la chaleur augmente avec la rougeur et l'inflammation survient.
875. Parmi les médicaments sédatifs^ on emploie l'extrait d'opium et les têtes de pavot.
Parmi les anesthésiques, l'éthersulfurique donne lienàune safisation de chaleur et de cuisson violente suivie d'une obtusion ou d'une suppression de la sensibilité locale. Le chloroforme produit les mêmes effets, accompagnés d'une vive rougem*, d'une inflammation, laquelle peut faire naître une vésication, une escharification plus ou moins profonde et l'exsudation de fausses membranes.
Les stimulanis trouvent de nombreux représentants, employés surtout en gargiuîsmes. Le camphre ^ les infusons
TRAITEMENT LOCAL INTERNE. — FLUIDES LIQUIDES. 57i
des plantes aromatiques déterminent des effets d'irritation moins marqués que l'essence de térébenthine, le poivre et le piment, qui peuvent occasionner des vésicules, des bulles et une douleur cuisante. La créosote pure est caustique, en scdutton étendue excitante, astringente ou tonique ; l'acide phénique est plus puissant que la créosote. I^ goudron, qui renferme de la créosote, de l'acide acétique et des produits pyrogénés, est moins stimulant et plus astringent que la térébenthine. Le coaltar ou goudron minéral, dont les trois principes caractéristiques sont la benzine, l'acide phénique «t l'aniUne, est plus actif que le goudron. Le chlorure de sodium est un stimulant faible, tandis que le chlore liquide, de même que les chloruœs (l^ypochlorites) de potasse, de soude, de chaux, sont des excitants puissants. L'ammoniac liquide est un irritant énergique et laisse dégager le gaz ammoniac. Le sel ammoniac jouit de propriétés irritantes locales. Les eaux sulfureuses exercent une action stimulante. Le chlorate de potasse possède une saveur salée, fraîche, irrite et dessèche la muqueuse buccale. Les alcalins, tels que les eaux minérales et le borate de soude, exercent une irritation légère.
Les émollienlSj à savoir les décoctions mucilagineuses et les gommes, n'agissent que par un séjour prolongé, sous forme de gargarisme ou de pâtes (de réglisse, de lichen, de mou de veau, de jujubes, de gomme arabique), de gelées {de lichen) et de tablettes (de guimauve, de gomme arabique? et de lichen d'Islande), additionnées d'eau de laurier cerise, tf un narcotique (opium) ou balsamique (pâtes pectorales balsamiques de Baudrj-, Regnault, Lapère, etc.). Parmi les ioniques on a fait usage du quinquina en gargarisme.
Beaucoup de substances astringentes sont escharotiques dans des solutions concentrées. Ainsi les acides minéraux ou végétaux purs sont caustiques ; délayés^ ils sont plus ou moins
572 THÉRAPEUTIQUE G£lffiRALE.
astringents. L'acide sulfurique détruit profondément les tissus ; Facide chlorhydrique détermine une eschare superficielle et la plaie se nettoie rapidement. Le vinaigre dans un véhicule est, comme gargarisme, un médicament populaire. La rose de Provins (miel rosat) et les feuilles de ronces sont des astringents légers ; le tannin est beaucoup plus puissant, de même que Talun, qui est d'un usage général. 11 &ut s'abstenir de sels de cuivre et de plomb qui déterminent facilement des vomissements. La solution concentrée de perchloruredefer est caustique ; diluée, elle devient astringente.
La plupart des médicaments altérants sont escharotiqueS| si la solution est très-concentrée. La première place occupe riode ; on peut le combiner a,vec des astringents. La grande volatilité du brome rend son usage peu pratique. On ne peut employer les mercuriaux comme caustiques, mais ils ont été appliqués comme altérants dans les affections syphilitiques.
Gomme nous l'avons déjà fait remarquer, la grande sensibi* litéde la muqueuse permet d'employer comme caustiques un grand nombre des médicaments stimulants, astringents ou toniques, dans des solutions concentrées. L'escharificatibnse produit moins promptement qu'avec les véritables caustiques, tels que le nitrate d'argent, l'acide chromique ; mais elle est plus profonde et l'action substitutive est plus prononcée.
E. — Indication.
876. Les médicaments sédatifs et les émolltents sont employés dans les affections doulomeuses. Lesanesthésigaes ont été appliqués sur la portion glottique pour la rendre insensible aux opérations chirurgicales. Les médicaments qui, suivant leur degré de concentration, sont caustiques , irritants^ astringents ou toniques, comme, par exemple, F iode, le tannin, l'alun, ont été indiqués dans les hypérémies
étendues avec ou sans tuméfaction de la muqueuse et du tissu cellulaire sous-muqueux, dans les affections catarrhales chroniques ; dans les exsudations du croup et de la diphthérite, dans les érosions et les ulcérations superficielles, dans les néoplasies molles et d'un petit volume; suivant la réaction plus ou moins profonde que Ton veut provoquer, se trouve indiqué le degré de concentration. Quelques-uns ont des indications particulières ; ainsi le chlorate de potasse dans les stomatites et les gengivite^ ; le borate de soude dans les pharyngites légères; le chlore comme antiseptique dans Fozène et les ulcérations fétides de la bouche; les mercuriaux et le bichromate de potasse dans les affections syphilitiques; r acide chlorhydrique fumant comme caustique dans la diphthérite et les ulcérations. Le tannin est indiqué dans le relâchement des tissus affectés d'une inflammation chronique. L'ammoniac a été employé, d'une manière empirique, contre toutes les affections pharyngo-laryngées : il est indiqué conune révulsif. L'iode agit surtout comme altérant et substitutif.
877. Quant aux modes divers d'application, Yatiouchemeni est indiqué lorsqu'on veut agir sur un point limité; .si la partie malade est plus étendue, on applique le badiçeonnage ou l'injection à jet. Le gargarisme et la douche intéressent une cavité tout entière.
F. — Dosage.
878. On n'emploie guère lesémollients et sédatifs en badigeonnagë. Turck a produit Yaneslhésie des lèvres vocales, en les badigeonnant quatre on cinq fois de suite, mais en laissant quelques minutes d'intervalle entre chaque application, avec la solution suivante :
Acétate de morphine 0,45
Alcool concentré 2
Chloroforme S i5
57A THÉRAPEVTIQOB GftNÉRALE.
L'anestbésie ne survient qu une ou deux heures jdns Uid. Turck a fait, plus tard, d'abord le badigeonnage avec le chtoroforme, et deux heures après deux applications de iiMMphiiie. séparés par un intervalle de cinq mmutes. L'anesthésie a été très-intense.
On emploie comme caustiques les solutions coooentiées des médicaments caustiques, des astringents et mtaiedes altérants. Voici quelques solutions dont je fais usage :
Nitrate d'argent cristallisé. . i
Eau disUUée i-2
Acine chromique 1
Eau dismiée 3
Bichromate de potasse. . . i
Eau 10
Solution de perchlorure de fer i\ 30O.
Acide cblorhydrlque Aunaiit
Ammoniac.
Acide pliénique cristalUsé. f Glycérine i-î
Iode. . . 1-i
lodUre de potassium. ... & Glycérine tt
On peut ajouter de Taeide fM-
nique.
Ces mêmes substances, dissoutes dans une double quantité
du véhicule, deviennent escharotiques ou seulement irri^ tantes^ suivant la susceptibilité du malade. Plus affaiblies, ces solutions sont astringentes. Quelques exemples suffiront.
Tannin 1 IMiéuoi sodique de Lel>œiif. *
Kau r» Eiiu -. . . . S-.»
Excitant. Éxcit^mt.
Acide tannique 1
Eau 100 Phénol sodiqut» .le Lcbœuf. t
Astringent. Kau t<>-2*
Alun 1 Astringent.
Eau 10
Excitant.
Les solutions très-étendues des altérants d'abord, pul^ aussi de quelques substances caustiques ou excitante^
exercent une action légèrement tonique et principalement subsitiutive.
Iode métaUique 1 Acide pbénique i
lodore de potassium. ... 10 Glycérine 50-100
"î*^'*"« "• • Iode métalUque 1
TanDin 2-8
Acide phénique 1 ^*" *^^
Iode 1 Acide phénique. 1
lodure de potassium. ... 2 Tannin i
Glycérine 100 Glycérine 100
879. On emploie pour les injections les mêmes doses que pour le badigeonnage. Cependant, l'action étant moins circonscrite, il est prudent de s'abstenir de liquides ti'èsconcentrés.
880. Ce sont les eaux minérales, sulfureuses ou alcalines, dont on fait usage en douches, à titre de révulsion, par le choc qu'elles exercent sur les muqueuses pharyngées ou buccales. Le dosage consiste dans la violence du choc, réglé par la distance du malade et par la force du jet.
88i. La grande surface, sur laquelle agit le gargarisme, fait que des solutions caustiques ou escharotiques ne peuvent être employées; ce n'est que rarement juéme que l'on peut avoir recoui-s aux cathérétiques. Par contre, l'usage des gargarîsmes sédatifs, excitants, astringents, est trèsrépandu. On corrige souvent le goût désagréable de la solution par une addition de miel ou de sirOp.
A. — SkD\Tip«. Passeï et ^^joulez :
Extrait d'opium.. . . 0,05-0,15 Sirop de miel 20
Eau bouillante ôOO {l'icérationi douloureuses,)
Alcool 20
{Ulcérations douloureuses.) Extrait d'opium 0,20
Tètes de payol concassées.. 20 S blanc! \ WW'.W *20
Graine de lin 5
Faites bouillir dans {Inflammations douloureuses de
Eau 100 la cavité buccale.)
a76 THtUPEUTIQUE
B. — STiHiiULm.
Ckmphre en poudre. ... ^
Jaune d'œut. 1/3
Sirop de sucre ÎO
Eau &»9
Ëtber sulfurlque 2
{Anginet.)
EMcnce de térébenthlae. . 10
Hucilage de gonune u-ab. 350
Gargarisme {Plyalùme mtratritl.)
CréOiote ,' , 1
Teinture de mTrrbe,
iIcl.iv.iLiiIeci<mpliréc.i'ul. 13
$irojis]iitpl>? . ... U
Eiiu dv fonl;iiiie 150
On peut aussi sjouler .
Teint, de poivre d'Espagne. 6
(Angine granultUM.)
Goudron minéral 100
Sol. alc-ool de saponinc. . 24 Conllnrsiiponitii-. Employé arec 5 à 20 d'eau pure. (Lebani.)
Phénol sodlque de Lebcenf.
Telclure Je myrrhe. ... 10
Décoction d'orge 100
Sirop de miel 10
Gargaridoe antiseptique.
Teinture de myrrbe,
— de canelle, . . .Aà i
— de bois de gayac. 8 Alcoolat de Gochléatia.. . . 30
Gargarisme antiscorbutique BTec 6 volume* d'eau.
Teint. de poUre de Guinée. 3>12
Décoction de quinquina.. . lAi {Enrottemenls. Graves.)
Infusion d'espèces aromatiques 150
Sirop de gomme 10-20
{Pharyngila légères.)
GÉNtRiLE.
Espèces amères I
Eau bouilisul? 3M
Sirop de miel n
Teinture anliseorbuUqne. . M
Gargarisme aniIscoiliaUqae.
Pirèlbre S
Sausc S
llydrocLiomle d'ammoniac. 10
Eau »•
Faites ma L'«rer passez, ajoutei:
Esph;es de cochléarta. ... ii
Miel IS
{Ghaoplégie. Quarin.)
Alun I
Teinture de quinquina. . . 10
— de myrrhe 5
Laudanum de Syd t,H
Hlel rosat 50
Vin blanc SSO
Gargarisme antitoorbutfqiie.
(Grammaire.)
Moutarde 15
Chlorure de sodium 5
Vinaigre »
Eau chaude SM
{Aaginei. Fleurj.}
Chlorure de sodium. . . . 1-lt
Eau ISO
IPharyngite. Handi.)
Chlorure de soude tS
Eau filtrée IH
Collutoire. (Vleirations fitùki.)
Chlorure de chaux sec. . . 1
Eau de gomme 50
Sirop d'ËCorces d'orange. . 10
Collutoire antisepUque. (Angelot.)
Acide phéolque 5
Glycérine 15