Pour /aire t injection^ on soulève un pli de la peau
628 THÊRAPEUTlQUi:; GÉNÉRALE.
avec la main gauche et Ton perce le^ derme avec la canule fixée à la seringue, que Ton manie avec la main droite. On chasse préalablement l'air contenu dans la canule ; celle-ci est poussée jusque dans la glande thyroïde, si Ton veut injecter ce tissu. On évitera de traverser de gros vaisseaux. Après avoir retiré la canule, on comprime la peau pour empêcher l'écoulement du liquide. Le malade reste assis, la tête égèrement inclinée en arrière.
962. La méthode repose sur un fait physiologique bien connu, à savoir l'absorption rapide des liquides versés dans le tissu cellulaire. Uaction physiologique est générale ou locale. Par suite de l'action générale, il survient, quelques minutes après l'injection des alcaloïdes, des phénomènes d'intoxication plus ou moins intenses, parmi lesquels nous notons particulier rement la séchere^^ de la bouche et de la gorge. La durée moyenne de ces symptômes, qui se dissipent tout seuls, est de quelques heures. Les sels de morphine et d'atropine sont des antagonistes.
La ponction elle-même est peu douloureuse ; le liquide in* Jecté est irritant et détermine le plus souvent autour du point percé une légère tuméfaction avec rougeur, qui disparaît promptement ; rarement il se forme un petit abcès. Les alcaloïdes ont une action locale stupéfiante ; celle des iodurés est altérante et substitutive.
963. Les injections hypodermiques sont indiquées dans les doulem*s névralgiques, soit rhumatismales, soit hystériques, et dans l'hypertrophie de la glande thyroïde.
964. Le dosaye se fait par le titre de la solution ; celui qui est adopté généralement depuis Béhier est au centième, à savon* SO centigrammes de l'alcaloïde pour 30 grammes d'eau distillée, ce qui fait exactement deux dixièmes de milligramme de sel par goutte ou un milligramme pour cinq gouttes.
TRAITEMENT LOCAL EXTERNE. — SUBSTANCES LIQl'IDES. 0^9
665 . L'action thérapeutique des injections hypodermiques dans le traitement des maladies pharyngo-laryngées est loin d'égaler celle qae Ton obtient dans celui d'autres affections. Pour ma part du moins, je n'en ai retiré aucun avantagedans les névralgies du larynx, dans la toux hystérique, etc. Quelques médecins affirment avoir retiré de bons effets par Tin* jection de préparations iodurées dans les tuméfactions glandulaires.
966. Les appareils qui donnent les douches pharyngées (857) peuvent également administrer des douches sur le cou, autour du larynx, à ture de révulsifs; elles ne donnent pas de meilleurs résultats, dans les affections chroniques, que les sinapismes et les vésicatoires.
967. Un jet filiforme, lancé avec force, peut percer la peau et constituer un révulsif puissant, appelé a^ua/^un^/ure. Les appareils pulvérisateurs peuvent fournir ce jet, en subissant une légère modification dans la pièce qui porte l'ouverture par laquelle s'échappe le liquide. Ainsi, dans l-appareil de Mathieu (fig. l'26), en supprimant le tambour (E), le jet conserve son volume ^ en vissant sur le tube (ML) un ajustage perforé, on obtient un jet filiforme lancé avec force. Mathieu a fabriqué aussi un appareil de grand modèle (fig. 13 Jk) pour ces douches filiformes. LUer transforme en jet filiforme le jet pulvérisé de ses appareils (fig. i 25), en retournant la pièce G, de sorte que le sommet de l'ouverture capillaire se trouve dirigée en dehors. Sales-Girons a fait construire par Galante un appareil portatif.
L'effet physiologique consiste en une sensation de chatouillement, de cuisson, de piqûre ou de brûlure, suivant que la partie frappée est mise en contact avec le jet dans sa portion épanouie ou dans sa portion rigide ; dans le développement d'une congestion assez vive de la peau avec augmentation de chaleur , et si le jet est lancé avec force par
s» TRÉliAPtLTIQLE C-ÉNÈIULE.
iin mouveineiit brusque et rapide du levier, dans le dédiîreiiient de répiderme, au dessous duquel se produit une bout- Buflure qui disparaît au bout de huit à dix minutes et à laquelle sucride un léger suintement séro-sanguinolent.
Le D' de Laurès a appliqué cette médication avec succès, dans un cas de paralysie du voile du palais : chez une hy»>
térique, les douches filiformes ont rendu momentanément i parole. L'action thérapeutique est éminemment révulsive et a quelque analogie avec le courant électrique de la seconde hélice. On pourrait employer aussi des solutions méillcamenteuses.
988. Au début des alTections aiguës, ou peut faire I'appu- CATION DIRECTE de l'cau sous forme de compresse mouilUÀ
C'est une compresse composée de deux ou trois double trempée dans Teau, tordue, appliquée autour du cou et recouverte d'une flanelle ou d'un morceau de taffetas gommé. On peut la garder pendant toute la nuit ; elle détermine une sudation locale et des effets excitants et résolutifs.
969. V huile de croton, appliquée sur la peau, détermine en quelques heures une vive irritation et une éruption de petites vésicules; c'est un des agents les plus employés de la méthode révulsive externe, mais aussi inefficace que tous les autres révulsifs dans les affections pharyngo-laryngées chroniques.
Article III. — Fluides élastiques.
970. Déjà à plusieurs reprises, nous avons eu occasion de signaler les fâcheux effets produits par l'inspiration de l'air froid et humide. Il est donc utile, vu l'impossibilité de renfermer constamment le malade dans un espace confiné d'une température voulue, de posséder un appareil qui garantisse à l'air libre le malade contre l'influence de l'humidité froide. Ce but est rempli de la manière la plus simple par un cachenez, un voile ou un mouchoir maintenu devant la bouche. Haislamamse fatigue facilement, et il suffit d'un moment de repos donné au bras, pour laisser pénétrer Tair froid dans la cavité pharyngo-laryngée.
Il est préférable de faire usage d'un petit appareil, trèsusité en Angleterre et appelé respirateur. Il est fixé devant la bouche à Taide de cordons élastiques passés sur chaque oreille, et consiste en deux ou trois toiles métalliques recouvertes d'un morceau de soie; c'est à tort que l'on a voulu remplacer la soie par du velours qui rend difficile le passage de l'air. L'air ainsi filtré prend la temperatureducorps.il est avantageux de pouvoir à volonté augmenter ou diminuer le
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nombre des toiles, pour régler la température de l*air aspiré. On peut substituer aux toiles métalliques un tissu en laine ou en coton; mais Thumidité le rend bientôt presque imperméable. Les toiles ont été remplacées, chez quelques fabricants, par des lamelles métalliques-, percées de petits trous très-rapprochés.
L*air qui traverse les narines s'échauffe avant d'arriver dans le pharynx.
Article IV, — Électricité dynamique.
971 . Lorsque l'introduction du rhéopbore dans la cavité laryngienne présente des difficultés, comme par exemple chet les enfants, ou que l'on n'ait pas le temps de faire réducation de malades récalcitrants, on peut, si l'électricité est indiquée, se borner à appliquer les deux rhéophores, à l'exténear sur le larynx, soit un de chaque côté, soit les deux du même côté. L'action thérapeutique est beaucoup plus lente en général ; cependant j'ai obtenu chez une jeune fille, âgée de huit ans, par cette méthode, la guérison presque instantanée d'une aphonie datant de plusieurs mois.
On peut aussi employer le courant fort de la seconde hélice comme révulsif momentané ; le rhéophore se termine alors par une pièce métallique pointue.