‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 193 sur 244 · OPÉRATIONS CHIRURGICALES. — GALVANO-CAUSTIQUE · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS CHIRURGICALES. — GALVANO-CAUSTIQUE

appliqué sur rinstrument même et manœuvré par le médecin, soit par un aide qui, sur un signe donné, plonge et puis retire la pile ou interrompt d'une manière quelconque le courant, soit par rabaissement de la pédale dans la pile de Grenet. On manie le galvano-cautère comme un couteau ou comme un cautère. Si la chaleur n*est pas suffisante, le fil se colle aux tissus. L'humidité des tissus refroidit légèrement le fil.

Le galvano-sécateur opère par la traction exercée sur Fanse du fil, placée sur la tmneur avant l'opération ; dès que le fil est incandescent, on rétrécit l'anse, en faisant reculer le curseur ; la tumeur est ainsi réséquée. On doit essayer, préalablement à l'opération, le degré de chaleur que supporte sans fondre le fil, en anse ouverte ou fermée. La traction doit s'opérer lentement; si l'on opère trop rapidement, de petits polypes s'échapperaient facilement.

979. L'attitude du malade est la même que pour toutes les opérations pharyngo-laryngées.

Q. — Action physiologique. '

980. En dehors des effets physiologiques dus à Tapplication de l'instrument et qui sont identiques avec ceux que détermine tout instrument laryngé (79 A), il se manifeste, dans la gaivano-caustique thermique, une action sur la sensibilité, la circulation et sur la production.

981. La douleur pendant l'opération est insignifiante ; ellô est même moindre avec le fil chauffé au blanc qu'avec le fil seulement rougi. Le malade ressent tout au plus une légère impression de chaleui* ; mais l'odeur que répandent les substances organiques brûlées peut persister dans la cavité pharyngée pendant quelque temps. Cependant quelques heures après l'opération, j'ai vu assez souvent survenir des

éâè 'THÉRAPlilUTiUUË GÉNÉRALE.

douleurs assez vives et les symptômes pathologiques s'aggraver ; mais tout rentre bientôt dans Tordre, et au bout de vingt-quatre heures on peut apprécier les premiers résultats de l'opération.

982. Il n'y a pas à' hémorrhagie^ surtout si Ton fait usage du platine chauffé au rouge. Si la chaleur n'est pas suffisante et que le galvano-cautëre se coUe au tissu (978), on peut voir survenir de petites hémorrhagies lorsqu'on détache Violemment le fil de platine.

983. L'action désorganisatrice électroly tique détruit les tissus touchés par le fil chauffé au rouge, en déterminant les phénomènes connus de la combustion des substances organiques : il se forme une eschare. Mais ce qui m'a paru surtout remarquable et dont oïl doit tenir compte dans l'opération, c'est que l'action électroly tique n'est pas limitée au point touché ; il se déclare consécutivement une résorption trésactive dans les Ussus pathologiques, qui s'étend au loin et d'autant plus que le galvano-cautëre a pénétré plus profondément. Aussi est-il plus avantageux d'appliquer la galvano-caustique aux grands néoplasmes. Les tissus sains qui sont touchés accidentellement et superficiellement, si c'étaient même les lèvres vocales, n'en éprouvent aucune altération sérieuse.

D. — [Indioationfl.

08&. La galvano-caustique thermique est indiquée toutes les fois qu'il s'agit de la destruction d'un néoplasme, dont le siège, la forme, la consistance ou le volume ne permettent pas l'emploi d'autres instruments tranchants ou de caustiques. Elle est encore indiquée lorsqu'on redoute une perte de sang chez des sujets hémophyles ou lorsque les malades ont une aversion invincible pour tout instrument chirurgical.

Opérations citiRijRGicÀLËS. — calVano-caOstiquè. èèd

Les affections spéciales, dans lesquelles la galvano-caustique a été appliquée jusqu'à présent, sont : les polypes du larynx, les polypes pharyngo-nasaux et les amygdales hypertrophiées; on Fa également employée dans la résection de la luette.

E. — Dosage.

986. Pour les opérations phai-yngo-laryngées, il faut éviter d'employer le fil chauffé au blanc, parce qu'il n'y a pas alors escharification, mais combustion. La dose de chaleur exigée est celle qui porte le fil à incandescence rouge. Si le fil ne rougit pas suffisamment, il se colle aux tissus (078) et l'opération se trouve entravée.

F. — Action thérapeutique.

086. La galvano-caustique thermique n'a pas encore trou' vé parmi les médecins toute la faveur qu'elle mérite. Elle peut remplacer avantageusement, dans beaucoup de cas, les instruments tranchants ; elle supprime toute perte de sang, ce qui n'est pas à dédaigner chez les sujets anémiques ; elle seule donne le moyen d'appliquer la chaleur à l'intérieur des cavités pharyngo-laryngées et agit beaucoup plus puissam^ment et moins douloureusement que les caustiques. L'eschare est ferme, la résorption purulente n'est pas à craindre ; les bourgeons charnus se distinguent, même chez les sujets lymphatiques, par une tendance cicatricielle remarquable ; enfin Faction électrolytique consécutive est d'un grand secoui*s dans les polypes fibreux que l'on ne peut extirper.

Ce qui s'oppose à la vulgarisation de cette méthode, c'est

TembaiTas que crée F installation de la pile, la difBcultë de son déplacement, le maniement des acides, la perte de temps motivée par des incidents, etc. Mais il faut aussi ajouter que remploi des instruments galvano-caustiques exige une grande sûreté de main et une pronaptitude d'exécution qui exclut tout tâtonnement, toute hésitation.

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