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TROUBLES DE LA CIRCULATION

La circulation peut être considérablement diminuée (A), ou exagérée (B) ; elle est complètement pervertie (C) dans l'inflammation.

A. » Hypoémie. Anémie.

Lorsque la quantité de sang qui circule dans les vaisseau a considérablement diminué, il y a bypoémie ou, comme od

dit habituellement, anémie. Le caractère anatomique (49.Vi est une pâleur très-prononcée de la muqueuse laryngée qui paraît aussi plus mince. On voit à Taide du laryngoscope cette pâleur tantôt générale, jointe à celle de la muqueuse buccale et pharyngée, tantôt partielle (pi. V, lîg. 3, or)', c'est Tépiglotte qui est assez fréquemment le siège de cette décoloration. Nul SYMPTÔME particulier ne révèle cet étal de chose ; tout au plus la voix est-elle plus faible.

L'hypoémie laryngée n'est pas une aflection primitive; elle est toujours syraptoniatique d'une cause générale, telle que la chlorose, laphthisie, la convalescence; ou d'une affection locale, par exemple de l'atrophie consécutive à une ulcération. Aussi nul traitement spécial n'est-il indiquée: l'hypoémie disparaît-elle avec la guérison de la maladie dor: elle est la conséquence.

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B. — Hypérémie. Hémorrhagie.

On dit la muqueuse larj-ngée hypérémiée, lorsque la quanlité de sang qui circule dans les vaisseaux est augmentée. On reconnaît facilement, à l'aide du laryngoscope, les caractères anatomiqucs déjà décrits de Thypérémie active (497) ou passive (501) , de même que le siège et Tétendue de Taffection. (Comparez les figures de Thypérémie inflammatoire, pi. III.) Après la mort la rougeur et Yin-^ jection disparaissent promptement, . par la contraction des fibres élastiques du derme.

Les SYMPTOMES Varient suivant le siège. L'hypérémie d€ l'épiglotte et celle des ligaments aryépiglottiques, pissent en général inaperçues ; la muqueuse aryténoîdienne ou interaryténoîdienne hypérémiées, donnent un peu de chaleur, de sécheresse, de chatouillement, ou même la sensation d'un corps étranger qui engage les malades à bemmer de temps en temps. La respiration et la déglutition ne sont pas entravées ; il n*en n'est pas de même de la phonation, si les aryténoîdes et surtout si les lèvres vocales sont injectés. La voix est alors rauque, enrouée, à cause de petites nodo-* sites ou saillies formées par les capillaires, d'où résultent des bruits accessoires (193) .

Les CAUSES sont très-variables. Le plus souvent, une hypérémie primitive active est la conséquence d'efforts de la phonation, des cris, du pleurer, etc.; de l'exercice de la voix, immodéré par Fiiitensité ou par la durée; de l'impression subite du froid ou du chaud ; de l'irritation produite par la déglutition de condiments, par l'usage du tabac à fumer ou de boissons alcooliques; de l'attouchement d'instruments laryngés ou même de l'examen laryngoscopique prolongé, etc. L'hypérémie peut être secondaire dans le voisinage d'un point enflammé; dans ce cas, elle est circonscrite.

6&d PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE SPÉCIALES. — LARYNX.

Elle est générale et passive dans les maladies du cœur et dans d'autres troubles de la circulation, qui résultent par exemple de Temphysème , de la menstruation, des hémorrhoîdes, etc.

La DURÉE est proportionnelle au degré et à la nature de la cause déterminante. Un efibrt de quelques instants provoque une faypérémie aiguë qui disparait rapidement. Il en est de même pour une fatigue passagère, tandis que des fatigues considérables et très-rapprochées amènent des hypérémies qui finissent par devenir chroniques, permamanentes, avec dilatation des capillaires et constituent une des prédispositions les plus favorables aux laryngites inflammatoires. La TERMINAISON habituelle, surtout pour des cas légers, estleretour à l'état normal; parfois cependant l'hypérémie peut donner lieu à l'œdème ou à Yhémorrhagie. Celle-ci (500), reconnue facilement par l'expectoration de sang pur ou mêlé à des mucosités, se trahit à l'exameo laryngoscopique par des petits caillots adhérant aux parois laryngées. Cependant le siège de ces caillots n'est pas toujours celui de l'hypérémie ; ce n'est que lorsqu'on voit sourdre des gouttelettes de sang dans un point circonscrit, que l'on est sûr de la source de Thémorrhagie. J'ai pu ainsi constater, chez une dame âgée, un écoulement hémorrhagique provenant des ventricules deMorgagni; les replis supérieurs étaient hypérémiées, la voix faible et couverte. Les hémorrhagies, surtout celles qui sont provoquées par des hypérémies locales, sont en général passagéi*es et s'arrêtent d'elles-mêmes.

Les hypérémies sont très-fréquentes, surtout celles que font naitre les efforts passagers, les cris, la toux, la fatigue par l'exercice de la voix, etc.

Le DIAGNOSTIC se fait facilement, à l'aide du laryngoscope. Quelquefois Thypéréuiie n apparaît que pendant la phona-

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tioDy dans les lëvi*es vocales tendues, et disparait pendant la respiration tranquille. D'autres fois, les tissus deviennent hypérémiques par T examen laryngoscopique prolongé, et pourraient donner lieu à une erreur de diagnostic. L'absence de mucosités distingue la simple bypérémie de la congestion inflammatoire. Aussi est-ce à tort que quelques auteurs appellent laryngite toute hypérémie.

Le PRONOSTIC est en général favorable : cependant il acquiert une certaine gravité pour les artistes et les orateurs à cause de l'altération de la voix, si les lèvres vocales ou la muqueuse aryténoîdienne sont le siège d'une hypérémie chronique. Les hémorrhagies d'une hypérémie simple, non paraplasique (spécifique), ont peu d'importance, qu'elles soient déterminées par une cause locale ou générale.

Le TRAITEMENT de l'hypérémie primitive aiguè est trèssimple. L'enrouement subit, qui en est la conséquence ^ habituelle, disparaît promptement par le repos, le silence, quelques gorgées d'eau froide. On conseille aussi les acides, soit en gargarismes, soit à l'intérieur (acide nitrique alcoolisé, A à 10 grammes ou S grammes *d* eau de Rabel dans un litre de véhicule) . Quelques médecins vantent l'eflicacité de quelques gouttes de la teinture d'aconit ou de belladone dans un verre d'eau. Le badigeonnage de l'arrière-gorge avec de l'ammoniaqut' diluée donne souvent des effets trèsprompts.

Dans riiypérémie primitive chronique, surtout si elle est due à lafatigue, la médication astringente locale est mdiquéeà l'exclusion des caustiques; c'est alors aussi que le repos prolongé pendant quelques mois, soit à la campagne, soit dans une station thermale, peut amener une guérison. Les hypérémies secondaires disparaissent après la guérison de la maladie déterminante.

Les hémorrhagies réclament l'emploi de médicaments

toniques ou astringents, si elles étaient pei*siàlan tes; d'habitude elles cessent au bout de quelques heures, par le repos ou par la déglutition de quelques fragments de glace.

G. — Laryngite inflammatoire.

Les caractères anatomiques de la laryu^te inflammatoire ou de la phlegmasie commune du larynx, sont la rougeur et la tuméfaction (506); ces deux symptômes constituent ce qu'on est convenu d'appeler la première et la seconde période, la terminaison (chap. II, art. ii, m) étant considérée comme la troisième. Nous en distinguons deux variétés : la première est la superficielle^ lorsque l'inflammation se borne à la muqueuse, et la seconde la parenchymateuse, dans laquelle les tissus sous-jacents sont infiltrés d'exsudats. On appelle la laryngite inflammatoire communément laryngite catarrhale; quelques médecins cependant réservent ce nom aux laryngites déterminées par le refroidissement.

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