‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 196 sur 244 · I. — Laryngite inflammatoire superfiqelle · texte numérisé non relu

I. — Laryngite inflammatoire superfiqelle

L'inflammation générale ou partielle de la muqueuse est aiguë ou chronique.

a. — Forme aiguë.

Les caractères anatomiques sont : la rougeur, la turgescence, les exsudats et les crachats. La rougeur (507) présente les caractères de l'hypérémie active (498) ; elle se reconnaît facilement à l'aide du laryngoscope. Ce n'est que très-rarement que l'on aperçoit de petits foyers hémorrhagiques (pi. III, fig. i). I^ turgescence est déterminée en partie par la dilatation des capillaires, mais surtout par Texsudat séreux ou séro-albumineux interstitiel (509) épanché dans la muqueuse. Les cellules épithéliales de la membrane et des glandules subissent la dégénérescence mu-

LARYNGITK SUPERFICIELLE AIGUË. 647

queuse (632), sont rejetées et puis reproduites par une prolifération rapide et abondante ; mêlées à des globules de pus (512), à Y exsudât séreux (509) et» à Y exsudât muqueux (510) , elles constituent les crachats.

L'inflammation s'étend sur toute la muqueuse ou , ce qui arrive plus habituellement, une ou plusieurs régions seulement en sont le siège. La fréquence du point d'élection n'a rien de fixe; elle dépend en majeure partie des causes déterminantes.

Les SYMPTÔMES les plus saillants sont la douleur, l'altération de la voix, la toux et les crachats. La douleur n*est pas trèsvive ; cependant le malade éprouve dans le larynx une sensation d'ardeur, de chatouillement, de picotement pendant l'aspiration de Tair froid, pendant la phonation et par la présence des crachats. La voix est altérée dans son intensité, son timbre et dans sa tonalité ; elle est plus faible, ne porte pas au loin, est enrouée, rauque, impure, voilée, et a baissé de quelques tons. La toux est fréquente, mèmequinteuse lorsqu'on aspire l'air froid ou que des mucosités se trouvent amassées dans le larynx ; elle est plus fréquente d'habitude le soir, le matin et après les repas.

Les crachats sont au début rares, transparents, visqueux ; à ce moment l' exsudât séreux ou muqueux est encore prépondérant ; puis ils deviennent plus fréquents, troubles, opaques, grisâtres par l'addition des cellules épithéliales détachées et par la présence de quelques globules de pus; ils finissent par être épais et blanc-jaunâtres, lorsqu'ils ne se composent que de cellules et de globules de pus. C'est le crachat mucopurulent. On y rencontre quelquefois des molécules noirâtres (528) et très-rarement des stries de sang. S'il y a complication avec coryza, trachéite, les symptômes de ces affections s'ajoutent à ceux que nous venons de décrire.

I^ PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE rend compte des symptômes

énumérés. L'altération de la voix s'explique par raltératioii organique des lèvres vocales ou des aryténoîdes (585); li toux par la sensibilité exagérée de la muqueuse, laquelle est désagréablement impressionnée par raspiration de l'air froid et par les crachats, qui font fonction de corps étrangers (583) . Quelquefois la voix est complètement aphone, moins par le relâchement des lèvres vocales que par Yappréhension du malade, qui craint d'augmenter le mal par une phonation sonore.

La laryngite peut être primitive ou secondaire. La cause externe^ à laquelle le plus souvent les malades attribuent leur affection primitivey c'est le refroidissement, dû à Fînfluence de l'air (652), du sol (665,669), des Tapeon d'eau (675), du climat (676). Toutes les auti*es causes externes irritantes, telles que les éléments accidentels fluides (660) ou solides (661) de l'air, de même que les brûlures, les corps étrangers (571), peuvent également déterminer la laryngite aiguë. Parmi les causes internes généraks, en dehors de l'âge (611) et du sexe (612), nous devons surtout fixer Tattention sur la prédisposition (615), d'autant plus puissante que les individus sont moins habitués à supporter l'influence des causes externes; elle est héré ditaire (621) ou acquise par des hypérémies chroniques. La prédisposition permanente fait que le malade contracte une laryngite à toute occasion, au changement de saison. par la fraîcheur du soir, etc. Enfin nous devons mentionner ici les conditions épidémiques particulières (663) qui foui que la laryngite, accompagnée de bronchite ou de corjza, apparaît avec une fréquence insolite.

La laryngite secofidaire est déterminée par continuité des tissus, dans la pharyngite, le coryza, la trachéite, U bronchite ou par contiguïté d'un abcès, d'une tumeur. {(»az, des hôp,^ ISOJ) ; les blessures, coupures, coniu-

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