GOUTTE
déjà éveiller rattention du médecin et guider l'examen ultérieur. Suivant Gibb, dans les cas observés par lui et qu'il décrit comme une maladie distincte sous le nom de saccharine ihroat^ les follicules de l'arrière-gorge sont proéminents et sécrètent un liquide huileux ; le goût est sucré ; les cartilages du larynx ont subi une dégénérescence calcaire, avec mélange de Télément adipeux et athéromateux ; le tissu élastique jaune des lèvres vocales a subi une altération de structure, très-analogue à l'athérome des vaisseaux capillaires; Turine renferme de petites quantités de sucre.
N. ~ Albuminurie.
Plusieurs observateurs avaient déjà signalé, avant l'applicationdu laryngoscope, l'œdème de la glotte, déterminé par la néphrite albumineuse, surtout dans la scarlatine. Turck {Klinik^ p. 354) a constaté chez un tuberculeux une albuminurie passagère, à laquelle correspondait un œdème passager de la luette, de l'épiglotte et de la muqueuse des cartilages de Wrisberg et de Saiilorini. Fauvel (cité par Iglesias) a également observé un œdème intermittent de la luette et de la portion sus-glottique du larynx, dont la durée n'est que de vingt-quatre ou quarante-huit heures et qui se reproduit, à des opoques indéterminées, dans ces mêmes régions ou ailleurs.
O. — Goutte, é
La laryngite déterminée par la goutte paraît être excessivement rare ; Gibb rapporte le cas d'un goutteux, chez lequel existaient tous les symptômes d'une pharyngo-laryngite intense, avec aphonie et dyspnée ; le traitement topique reste sans résultat dans ces cas, dit-il, et la maladie ne cède qu'à l'emploi du colchique. Chez un autre malade, affecté d'une goutte chronique très-intense, Gibb dit avoir constaté la dé-
7id l>ATHOLOCIE ET THÉRAPECTIQUE SPÉCIALES. — LARYlit.
générescence graisseuse des lèvres vocales, visibles à travers la membrane muqueuse transparente : les taches jaunes ressemblaient beaucoup aux lésions athéromateuses de Taorte, sans ulcération cependant. Cette description rappelle plutôt l'existence de gommes syphilitiques.
Article II. — Terminaisons hypoplasiques.
Les laryngites inflammatoires et les paraplasîques peuvent se terminer par des exsudations qui sont incapables de s'organiser ou qui subissent des métamorphoses hypoplasiques (523).
A. — Œdème.
Nous comprenons sous le nom d' œdème Tinfiltration du tissu cellulaire sous-muqueux par Texsudat séreux (509), dans une région quelconque du larynx. C'est à tort qu'il est désigné habituellement, quel.qu'en soit le siège, sous le nom d' œdème de la glotte. L'infiltration du tissu cellulaire par du pus, dn sang ou par un exsudât pseudoplastique, ne constitue par conséquent un œdème pas plus dans la muqueuse du larynx, que dans le tégument externe.
Les caractères anatomiques de la muqueuse œdématisée sont la tuméfaction, la translucidité, la couleur blanc-jaunâtre ou blanc-rougeâtre et une consistance pâteuse, caractères dus à la présfence d'une sérosité limpide, tenue ou visqueuse et transparente, qui s'échappe par l'incision et dont l'écoulement entraîne Taffaissement de la muqueuse. Vépiçloiie est quelquefois gonflée dans toute son étendue, quelquefois seulement partiellement, à sa face interne et à son bourrelet ; la tuméfaction la déforme et la rend immobile, elle peut même dépasser la base de la langue. Les replis ary^épiglottiques représentent des tumeurs flottantes.
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bosselées ou en forme de bourrelets, parfois de la grosseur d'un doigt d'enfant ; leur rapprochement, favorisé par la pression de la colonne d'air pendant l'inspiration, peut complètement ou presque complètement oblitérer l'orifice supérieur du larynx ; ce sont des faits connus depuis longtemps. La tuméfaction d'un seul des replis, ce qui est plus rare, peut également obstruer l'ouverture glottique. La tuméfaction de la muqueuse qui recouvre les cartilages aryténoïdes (pi. IV, fig. 2, b) s'associe souvent à celle des replis aryépiglottiques, rend immobiles ces cartilages et peut complètement effacer les gouttières pharyngo-laryngèes. Les replis supérieurs gonflés peuvent partiellement (pi. IV, fig. 2, rs) ou entièrement recouvrir les inférieurs ; ceux-ci tuméfiés, deviennent immobiles; dans ce cas seul, il y a véritable œdème de la glotte ; leurs bords sont alors mousses ou arrondis. Quelquefois les parties situées au-dessus du larynx sont infiltrées jusque dans le pharynx, plus rarement les régions sous-laryngiennes.
Le SIÈGE de l'exsudat séreux est le tissu cellulaire sousmuqueux; aussi Tœdème se dèveloppe-t-il d'autant plus facilement, que le tissu cellulaire est plus abondant et plus lâche, comme dans l'épiglotte et surtout dans les replis aryépiglottiques, tandis qu'il est plus rare là où ce tissu est serré, comme dans les lèvres vocales. Mais quelque part qu'il se trouve, l'exsudat séreux constituera toujours un œdème; il n'est pas exact par conséquent de dire avec Sestin que l'angine laryngée œdémateuse est anatomiquement caractérisé et par l'infiltration du tissu cellulaire des replis aryépiglottiques.
Les SYMPTÔMES propres à l'œdème sont toujours précédés de ceux de la maladie dont l'œdème constitue la terminaison : ils varient, en outre, suivant le siège de l'infiltration. Celui que l'on cite habituellement est un trouble fondions
720 pathologie: ëT THÉRAPEUTIQUE SPÉCIALES. ~ LARTMX.
nel de la respiration, à savoir la suflbcation, avec inspiration difficile, d'abord sifflante, plus tard ronflante et parfois trèsbruyante, et avec expiration généralement facile *, mais ces symptômes ne se présentent que lorsqu'il y a obstacle à l'entrée de Tair, ce qui se rencontre constamment dans 1*05dèrae des replis ary-épîglottiques : transformés en tumeurs flottantes, ils recouvrent alors, comme des soupapes, l'ouverture glottique. L'œdème consécutif à l'ulcération, à la nécrose des cartilages, celui des replis tyro-aryténoïdiens supérieurs ou inférieurs, entraîne une gêne respiratoire sans inspiration sifflante. L'œdème de l'épiglotte et celui des aryténoïdes occasionne la sensation d'un corps étianger à la région du larynx ou de l'arrière-bouche et la dyspbagie, portée quelquefois à son plus haut degré. La voix est rauque; l'aphonie est loin d*ètre un symptôme constant. La toux est à peu près nulle ; l'expectoration, si elle existe, visqueuse et filante.
Toutes les laryngites inflammatoires aiguës, superficielles ou parenchymateuses, les laryngites paraplasiques, les troubles de connexion, tels que les plaies, les tumeurs, etc., peuvent se terminer par l'œdème. Un œdème des parties voisines peut également être la cause d'une laryngite œdémateuse. La cause déterminante dans les laryngites aiguës est le froid, une substance irritante, la débilité du sujet, etc. ; dans les laryngites spécifiques, le plus souvent, la nécrose des cartilages ou l'ulcération.
La MARCHE est aiguë et la durée courte dans les laryngites aiguës: la terminaison, sans l'intervention rapide du médecin, mortelle. La suffocation apparaît par accès violents, irréguliers, se répétant souvent à de courts intervalles. La marche peut être précipitée par une violente excitation. J'ai été témoin d'un cas de mort subite survenue dans le cours
d'un œdème laryngé, à la suite de l'ingestion d'une petite