FIG
FiG. 160.
FiG. 157. Paralysie du crico-arylénoïdien postérieur gauche. — Fig. 158. Paralysie du crico-aryténoïdien gauche et du thyro-aryténoîdien du même côté pendant l'inspiration, — Fig. 159. Le méme^ pendant la phonation. — Fig. 160. Paralysie unilatérale des muscles constricteurs.
Mackenzie, 1868, obs. xx; Nicolas-Duranty, 1872, obs. m, etc.), ou bien celle des constricteurs [c c).
bb. Dans \dL paralysie bilatérale des muscles dilatateurs Técarteraent des lèvres vocales, rapprochées de la ligne médiane, est fort incomplet, tandis que Tocclusion de la glotte s opère facilement. La voix est enrouée, quelquefois aphone ; la respiration peu gênée au repos, mais fort laborieuse pendant les mouvements un peu vifs. On peut constater cette paralysie chez des phymiques, dont les deux
poumons sont tuberculeux au premier ou au deuxième degré , avant qu*il ne se déclare une laryngite tuberculeuse. L'aspect laryngoscopique diffère donc essentiellement de celui de Taphonie nerveuse. Notons ici un fait important pour la médecine pratique : une aphonie nerveuse essentielle (p. 765) peut être, chez des jeunes filles, le précurseur d'une phymie, qui se déclare plus tard ; le retour de la voix par Tapplication de l'électricité n'est pas une garantie absolue. Cest dans des cas pareils surtout qu'il faut s'abstenir, avec Trousseau, de l'emploi des ferrugineux.
Si la paralysie est complète, il en résulte une affectioD analogue au cornage des chevaux, qui reconnaît comme cause également la compression des récurrents. On trouve chez les auteurs plusieurs exemples de cornage chez l'homme, mais ces observations précèdent l'application du laryngoscope. Gerhardt et Turck ont vu chacun un malade affecté de cette paralysie ; celui de Turck était une femme couvalesceote d'une diphthérite. L'inspiration profonde était bruyante avec occlusion de l'orifice interlîgamenteux, tandis que Torifice intercartilagineux restait béant.
ce. La paralysie unilatérale des muscles constricteurs (crico-aryténoïdiens latéraux et ary-aryténoïdiens) s'obsene fréquemment à la suite de la compression unilatérale du récurrent. La lèvre vocale correspondante est peu mobile, non pas fixe sur la ligne médiane, mais déviée en dehors (fig. 160). 11 y a dysphonie ; la respiration est quelquefois gênée, de même que la déglutition.
Cette paralysie est quelquefois un signe concoraitani de l'anévrysmede l'aorte, qui cependant détermine le plus souvent une paralysie des dilatateurs. Lewin a publié il S<v), p. 348) quelques observations intéressantes, dans lesquelles cette paralysie a été le premier symptôme qui ait fait soupçonner l'existence de Fanévrysme, constaté ensuite pendaoi
la vie OU seulement par Tautopsie. Jeidel, d'Iéna, voit en outre, au début du développement de Tanévrysme, une pulsation beaucoup plus forte dans la trachée que dans l'état de santé ; il croit aussi que Texamen laryngoscopique peut servir au pronostic : une couleur livide et un gonflement dans un point circonscrit de la muqueuse trachéale, constatés dans un cas, annonçaient une prochaine terminaison fatale.
dd, La paralysie bilatérale des constricteurs amène Técartement des lèvres vocales, déviées toutes les deux en dehors. Elle se distingue de la paralysie des crico-thyroïdiens, dans laquelle la glotte est également béante, par Timmobilité des aryténoïdes, tandis que dans laparalysie des tenseurs les aryténoïdes peuvent fonctionner. Ces deux formes de paralysie ont souvent été confondues. Turck décrit un cas de paralysie asymétrique des constricteurs [Klinik^ p. 463) consécutive à des attaques d'épilepsie.
ee. La paralysie unilatérale des constricteurs et des dilatateurs rend complètement immobile la lèvre vocale du côté paralysé, s'il y a akinésie ; sinon, il n'y a que parèse ; les mouvements, limités dans leur excursion, sont fort lents. J'en ai vu un bel exemple chez un malade atteint de paralysie glosso-laryngée siégeant au côté gauche ; il avait eu pré,cédemment deux attaques, à la distance d'un mois l'une de l'autre, fugitives, n'ayant qu'une durée de quelques minutes, pendant lesquelles il y avait perte de connaissance et de parole, écoulement de salive et pleurs, suivis d'une grande fatigue et de migraine. Sept mois plus tard, lorsque j'examinai le malade, celni-ci se plaignait d'un grandmal de gorge, de dysphagie et d'un crachotement persistant Parmi les autres symptômes connus de cette affection, je noterai seulement la paresse de la parole ; à l'examen laryngoscopique, j'ai constaté une parèse très-prononcée du côté gauche du
larynx ; les mouvements, très-limités, s'exécutaient lentement; dans rémission des sons, la lèvre vocale droite était déjà depuis quelque temps placée sur la ligne médiane, avant que la gauche ne soit venue la rejoindre.
ff. ha paralysie bilatérale des constricteurs et des dilatateurs réduit les excursions des aryténoîdes à leur minimum ; Touverture glottique ne subit pas de modifications notables pendant la respiration et la phonation. La paralysie est symétrique ou asymétrique.
ffff. Lsl paralysie uni ou bilatérale des thyrcharyténoîdi'ens fait que la lèvre vocale tremblote comme une soupape flottante, dans r expiration ; son bord est ondulé ou sinueux. Cette paralysie n'a guère encore été constatée isolée, mais bien quelquefois combinée à celle d'autres muscles (fig. 158). 11 en est de même pour la paralysie des muscles ary-aryténoîdiens, qui entraîne la perte de la voix aiguë, c'est-à-dire du registre supérieur.
Lorsqu'il y a immobilité complète du cartilage aryténoïde le DIAGNOSTIC DiFFÉRENTiELd* avec rankylose(p.732)e3t quelquefois fort difficile. Il est vrai que dans les névroses essentielles les tissus du larynx sont sains, tandis que dans lankylose ils sont tuméfiés, surtout dans le voisinage de l'aryténoïde. Mais ces caractères anatoiniques ne sont propres qu'aux premières époques de TafTection. Lorsque la maladie dure déjà depuis plusieurs années, la tuméfaction inflammatoire peut avoir disparu par résorption des exsudats, tandis que les tissus paralysés par une cause organique peuvent subir une atrophie, suivie de dégénérescence graisseuse. L'examen laryngoscopique ne peut donc souvent, à première vue, établir le diagnostic. Aussi trouve-t-on chez les auteurs des ankyloses consécutives d'une laryngite décrites comme paralysies. L'application de l'électricité peut trancher la question : s'il survient une amélioration, quelque peu sensible qu'elle soit, au
bout de quelques séances, la nature nerveuse de Taffection est démontrée : dans le cas contraire, on a sous les yeux une paralysie de cause organique ouuneankylose. Le diagnostic différentiel de ces deux affections doit se faire alors par les antécédents» Texamen du malade, etc.
Les détails donnés précédemment permettent facilement de distinguer entre elles les diverses espèces de paralysies ; ajoutons seulement que celles qui sont liées à une affection des centres nerveux, entraînent habituellement aussi la dysphagie et la perte delà voix articulée.
G. — ParakinéBie.
La perversion de la motilité (578) des muscles laryngés se manifeste sous forme de convulsions cloniques pendant l'expiration ; les accès constituent une véritable chorée laryti' gée; l'émission de la voix est par moments involontaire, saccadée, sous forme d'aboiements, toux des aboyeurs^ de cris de coq, etc. Si les muscles actifs dans la prononciation sont intéressés, des mots entiers sont articulés avec une grande violence pendant chaque expiration. Le sommeil met fin à ces spasmes choréiques, qui se compliquent parfois d'une affection aiguë intercurrente. J*ai observé sur une jeune fille la coexistence d'une bronchite et de la chorée laryngée; une toux qui ne présentait rien de caractéristique fut interrompue toutes les quatre ou cinq minutes pai* des aboiements retentissant avec une violence extrême ; cette malade fut guérie rapidement par le badigeonnage de l'arrière-gorge avec une solution d'iodure de potassium, répété deux fois par jour.
APPENDICE