Paralysie du récurrent
La paralysie du récurrent entraîne la paralysie des muscles intrinsèques dularynx, à l'exception des crico-thyroïdiens. Elle est unilatérale ou bilatérale, générale ou partielle et bornée à quelques muscles, de cause dynamique ou organique. On rencontre le plus souvent les paralysies unilatérales organiques, limitées à quelques muscles, les dilatateurs par exemple, ou les constricteurs. Les (rat/^es organiques sont les plus diverses, telles que la compression exercée par des ganglions tuméfiés, des tumeurs cancéreuses, Tanévrysme de Taorte, de la carotide et peut-être aussi de l'artère sousclaviaire, le goitre, un dépôt tuberculeux au sommet du poumon ; la compression entraîne souvent Tatrophie avec dégénérescence graisseuse des fibres nerveuses du récurrent et consécutivement aussi celle des fibres musculaires (p. 728) , animées par ces ramuscules nerveux. Une autre cause organique est une affection des centres nerveux, par exemple le ramollissement, Tinflammation, l'apoplexie. Je ne puis considérer comme nerveuse, avec Turck et quelques autres auteurs, Thypokinésie qui accompagne les laryngites catarrhalc ou rhumatismale, typhoïde ou syphilitique, la motilité étant entravée dans ces cas par la tuméfaction des tissus ; mais il se peut que dans ces cas un certain degré d'atonie survient après la disparition de tous les phénomènes inflammatoires. La cause dynamique la plus fréquente est la paralysie consécutive à ladiphlhérite, accompagnée souvent (le la paralysie du voile du palais et de dysphagle. On doit peut-être aussi admettre des névroses d'origine syphilitique, sans altération matérielle.
Tous les tissus sont à l'état normal; cependant ceux qui sont paralysés par une cause organique peuvent s'atrophier,
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à un moment donné, après avoir été hypérémiés, et subir a dégénérescence graisseuse. La voix est rarement aphone, bien plus fréquemment enrouée, rauque, sombre ; la respiration quelquefois gênée, surtout dans les mouvements on peu précipités. L'image laryngoscopique est très-variable, suivant les diverses espèces de paralysie que nous allons examiner. Le traitement local est sans efficacité, si la panlysie est produite par une cause organique -, dans la paralysie dynamique, un des rbéopbores doit être appliqué localement, à l'intérieur du larynx, sur le muscle intéressé; l'autre, à l'extérieur, sur le trajet du récurrent.
aa. La paralysie unilatérale des muscles dilatateurs (crico-aryténoïdiens postérieurs) est la plus fréquente. Le bord interne de la lèvre vocale reste presque fixe sur Ja ligne médiane ; les constricteurs, qui ne sont plus contre-balancés par les dilatateurs, exécutent des mouvements très-limités (fig. 157). Quelquefois, il existe en même temps paralysie du tbyro-aryténoïdien interne et alors le bord interne est sinueux (fig. 158); Taryténoïde est quelquefois saillant ei k cartilage de Santorini peut dépasser la ligne médiaiie. Pendant la phonation, Taryténoïde du côté sain dépasse souveni la ligne médiane et alors les cartilages de Santorini se croisent (fig. 159). L'aryténoïde du côté sain est placé devaiii ou derrière le cartilage correspondant du côté paralysé, lequel est généralement plus élevé, de même que le côté [Kiralysé du voile, des piliers, de la langue. La voix est enroué» quelquefois elle devient aiguë, voix de tête, si pendai): la phonation il s'opère l'occlusion de Torifice intercartilngineux.
L'altération de la voix, chez les tuberculeux, est dut fréquemment, suivant nos recherches (p. 689), à la compression exercée sur le récurrent. Une des lèvres vocales, ccli qui correspond au côté principalement tuberculeux, au dr-
but de la phthisie, devient moins mobile et s'atrophie ; ce qui fait qu elle apparaît plus pâle que celle du côté opposé, le plus souvent hypérémiée : aussi serait-on disposé à première vue à croire atteinte cette dernière. Un examen plus approfondi fait disparaître Terreur de diagnostic. La compression exercée par les tumeurs et particulièrement par les anévrysmes peut également déterminer cette paralysie (Morel-
FiG. 157.
FiG. 158.