‹ Traité pratique des maladies du larynx et du pharynxChapitre 221 sur 244 · TRACHÉE · texte numérisé non relu

TRACHÉE

côté de la ti*achée, mais les segments supérieurs s'entrecroisent avec les inférieurs du côté opposé.

Le rétrécissement cicatriciel est le plus fréquemment la conséquence d'ulcérations syphilitiques. Cette sténose n'est pas connue depuis longtemps ; on trouve, d'après Verneuil (cité par Cyr, p. 27), la muqueuse remplacée par un tissu cicatriciel mince, luisant, très -adhérent aux cartilages et offrant un aspect réticulé remarquable ; au-dessus ou audessous de la cicatrice existent des plaques muqueuses ulcérées. La cicatrice peut avoir une étendue de plusieurs centimètres. Les cartilages, au niveau de la cicatrice, peuvent être déformés, brisés, résorbés, et les éléments fibreux et élastiques hypertrophiés. Turck a pu constater deux fois cette sténose sur le vivant. Des altérations analogues ont été vues par Demarquay (Cyr, p. 18) sur un sujet mort de morve chronique. Les cicatrices prennent quelquefoisla forme de brides ou de membranes cicatricielles, allant d'un côté du canal à l'autre et ne donnant passage à Tair qu'à travers une petite ouverture circulaire ou elliptique. Les rétrécissements consécutifs méritent une mention particulière : dans ce cas aussi, peut se former une membrane cicatricielle (Reynaud, 1841) dont la présence peut être constatée par le laryngoscope (Turck, Moura-Bourillon).

Le rétrécissement par exsudât fibreux ou par exsudât pseudo-plastique s*opère à la suite d'une phlogose, de la syphilis, etc., par infiltration du tissu sous-muqueux, qui s'épaissit, s'endurcit aux dépens du calibre de la trachée ; l'infiltration et la tuméfaction peuvent aussis'opérer dans les glandulesde la muqueuse ; d'autres fois les cerceaux cartilagineux sont ossifiés. Demarquay (Cyr., p. 29) a trachéotomisé une dame chez laquelle Turck avait constaté le rétrécissement de la trachée près du larynx.

Les tumeurs primitives de la trachée sont fort rares ; on

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ne connaît pas d'exemple de cancer primitif, mais celui des tissus voisinS|de Tœsopbage, de la glande thyroïde, etc., envahit souvent la trachée en en perforant les parois. On voit alors, sous la glotte, la tumeur saillante et par conséquent le canal considérablement rétréci. D'après Reynal (Cyr, p. 22), des tumeurs fibro-plastiques se développent souvent chez les chevaux à la suite de la trachéotomie ; il n'en est pas de même chez l'homme.

Très souvent, les tumeurs voisines déterminent un rétrécissement par compression. Lecalibre de la trachée est alors réduit dans un point donné, aux dimensions d'une fente étroite oblique, droite ou transversale. Le goitre est une des causes les plus fréquentes de ces rétrécissements; l'inflammation, le carcinome, l'échinocoque de la glande thyroïde, un abcès situé entre la trachée et l'œsophage, le cancer des glandes lymphatiques cervicales, la tuméfaction des glandes bronchiques, les kystes, les affections du sternum, de la clavicule ou des vertèbres, des anévrysmes, des tumeurs du médiastin, enfin des corps étrangers dans l'œsophage (Damme) peuvent amener le même résultat.

L'asphyxie imminente, surtout lorsqu'il survient une trachéite, indique comme traitement unique la trachéotomie, laquelle ne compte de succès que si le rétrécissement n'est pas situé trop bas. Demarquay insiste sur la plus grande largeur possible des canules et explique Tinsensibilité des malades observée quelquefois pendant l'opération, par l'anesthésie asphyxique (Duhomme, p. 21).

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