CHAPITRE II
08. Les diverses cavités dont nous venons d'exposer la coufiguralion générale se composent des éléments répandus dans tout l'organisme, tels que muscles, nerfs, vaisseaux sanguins et lymphatiques, etc. Nous ne croyons uUle de rappeler ici que les détails qui peuvent intéresser nos études ultérieures.
69. La MEMBR.csE MCQUtLSE du pharj'nx est continue avec celle de la ca\ité laryngée.
a. Dans lacar//^////cca//*,elle commence mince et transparente au ix)rd libre des lèvres;^ où, par *une exception rare dans l'organisme, elle est en contact habituel avec l'air extérieur ; son chorion porte des papilles simples, coniques ; une couche plane d'un épithélium pavimenteux les reçoit dans les dépressions de la face adhérente ; à la votUe paia- //ne, la muqueuse est blanchâtre, très-adhérente, pounue d'un épithélium très-épais, surtout en avant, derrière les dents incisives; le chorion, très-dense, envoie des prolongemonts fibreux aux os et porte de nombreuses papilles qui s'avancent obliquement ; elle est en outre criblée de nombreux pertuis, surtout dans la moitié postérieure, visible à l'œil nu.
L' épithélium est beaucoup plus mince aux geticives^ ce (|ui explique la facilité avec laquelle elles saignent. Aux joues, la muqueuse adhère aux muscles ; aussi forme-t-elle (le légers plis lorsqu'on rapproche les mâchoires l'une de Tautre. Au voile du palais, les deux feuillets qui le revêtent dé|>assent au bord libre les autres éléments, et sont, dans
l'étendue d'un à deux millimétrés, adossés l'un à l'autre par l'intermédiaire d'un tissu cellulaire trës-lâche, trèsabondant autour des amygdales. L'extrémité inférieure (sommet) delà luette est constituée, dans une étendue plus ou moins grande, par un repli muqueux rempli de tissu cellulaire qui s'infiltre passagèrement (luette tombée), ou d'une manière permanente.
La muqueuse de la langue présente, outre les éminences perforées par les conduits excréteurs des follicules de sa base, de nombreuses papilles non perforées. Il y en a de coniques, de filiformes, d'arundinées, de fongiformes; les plus grosses sont les calici formes ou les papilles à calice^ qui, devenues sensibles par un état pathologique quelconque, sont signalées par le maladecomme de gros boutons de nou- Telle formation. Chacune de ces papilles constitue un cône tronqué, libre par sa base, qui regarde en haut, adhérent par le sommet et entouré d'une papille disposée circulaire* ment en calice ou bourrelet de hauteur différente; elles sont disposées suivant deux lignes obliques réunies sur la ligne médiane, au niveau du trou borgne et formant un V renversé, par conséquent ouvert en avant (A) .
Sur les bords de ia langue les papilles peu ventparfois aussi devenir le siège d'une irritation passagère. Notons encore, à la surface inférieure de la langue, dçs franges muqueuses, comme déchiquetées, lamelliformes, longues de 2 à A millimètres, et disposées le long des veines canines. L'épithélium de la cavité buccale est pavimenteux.
b. Dans le pharynx^ la muqueuse est recouverte d'un épithélium vibratile dans la portion pharyngo-nasale ; elle y «t épaisse, intimement unie au périoste, et envoie un prolongement dans l'intérieur de la trompe d'Eustache qui se <.4Hitinue avec la membrane interne de la caisse du tympan. Ceue continuité explique la surdité passagère ou permanente
lARbL. — Larynx. 6
81 AXATOHIE. ^ MAKTIIX.
résultant de riDflamiiialioD aiguë oo dironique de k queuae pharyngée.
ReoooTerte d*mi épithflimn paTimenteu dans les régions da pbaryni, la muqneose n'adhère anx plans cnlaires soos-jacents qu'à l'aide d'an tissa œUaiaire liche; aussi est-eOe très-moUIe, sartoat i la fi^e da larynx.
c. La moqueuse des fo$ses nasales est |das oo adhérente au périoste, et forme quelquefois, i la fine i terne du cornet supérieur, un repli qui donne Fa^paroBoe d'un quatrième cornet Elle est recouverte d'un épithéiaB ribratUe dans les régions internes et dans les carités acoB^ soires, d'un épitbélium parimenteux dans les régions las plus élevées et dans les plus vcMsines des narines.
70. Les GLANDES des cavités qui coamniniqunt avec k larynx sont très-abondantes et de Cormes très-variées, sm^^ tout dans k cavité buccale.
n I n (Thniln An li rrfirif i^ftirrrnfr nnni df ifritihlfs fllanioi en grappe (muqueuses ou salivaires) ou de foUicoks.
Les vmiabies glandes sont toutes en gra{^ on ad» neuses ; leurs orifices se trouvent répandus dans loate k cavité buccale, à Texception des gencives et de k régmi dorsale de la langue occupée par les papilles. Elles se distinguent par leur grandeur. Les orifices des plus petites, d'un diamètre de 0**,2â, sont à peine visibles sous Cnrme d'un petit trou ponctiforme dans la muqueuse : à cette classe appartienoeiit les ylandes labialesy qui manquent au niveaa des commissures. Plus grandes sont les glandes byccales^ qui soulèvent un peu la muqueuse et, dimt une plus votai* mineuse, la glotte molaire^ s'ouvre avec un orifice distinct, au niveau de la dernière dent molaire. Plus nombreuses et d'un diamètre plus considérable sont les glmuies palaimes^ situées de chaque côté du raphé de k voûte palatine* et
STRUCTURE. 8â
s'ouvrant avec des orifices visibles à l'oeil nu; on en voit sourdre souvent des gouttelettes d'un mucus hyalin , presque gélatineux. Cette couche glanduleuse devient très-épaisse au niveau de la portion aponévrotique du voile du palais, et dans Tépaisseur de la luette. Enfin les glandes linguales^ «tuées sur les faces latérales et dorsales de la langue, présentant des orifices diffidles à distinguer à la simple inspection an milieu des papilles et de follicules. En dehors de ces petites glandes on compte encore de chaque côté la pa- TfÀtde^ la glande sotts-maxillaire et la glande sublinguale.
Les follicules forment une espèce de ceinture qui correspond à ristbme du gosier ; ils s'étendent sur la face dorsale de la langue, depuis les papilles caliciformes jusqu'à l'épiglotte, et latéralement dans l'espace compris entre lès deux piliers, où- Os forment les amygdales. Le follicule, pourvu fane ouverture circulaire, en fente ou ponctiforme, et dont le £amètre atteint parfois 1 millimètre, présente une cavité tapissée de la muqueuse avec son épithélium et ses papilles, et renfermant, dans l'épaisseur de ses parois, suivant Kolfiker, des capsules ou follicules clos analogues à ceux des glandes de Peyer. Quelquefois plusieurs follicules sont soudés ensemble sous forme d'un biscuit à la cuiller ou d'une feuille de trèfle.
Les amygdales ou tonsilles ne sont que des agglomérations réunies ou distinctes de 12 à 20 follicules; placées entre les deux piliers, elles dépassent habituellement l'antérienr, mais sont dépassées par le postérieur. La longueur est de 20 à 25 millimètres, la largeur de 15, et l'épaisseur de 10 millimètresl. La muqueuse revêt toutes ces agglomérMions, qui sont plus ou moins serrées les unes contre les antres ef adoptent les formes les plus diverses ; aussi la amqoeuse qui envoie des prolongements à l'intérieur de famygdale pour tapisser la cavité de chaque follicule,
a 4 AN ATOMIE. — PHARYNX.
|ïaratt criblée à sa snrface par des trous ou dçs fentes qui résultent de la distance entre les agglomératioDS. Ces tioiis« ou fentes, qui donnent à la muqueuse un aspect criUé, lie doivent pas être confondus avec des ulcératioQs; ib constituent, pour ainsi dire, Torifice d'un conduit avec lequel s'abouchent les orifices de tous les follicules des deux oo trois agglomérations qui limitent ce trou ou cette fente.
La face externe de Famygdale est recouverte immédiatement par l'aponévrose pharyngienne, qui offre trop de résistance pour que le développement de l'amygdale puine se faire de ce côté. Une compression exercée derrière l'angle de la mftchoire inférieure n'atteint pas directement la tonsille, et provoque cependant de la douleur en cas d'inflammation. En effet, le gonflement que l'on constate dans ces cas, à l'endroit indiqué, est déterminé par l'infil* tration cellulaire ; mais Tamygdale est inaccessible au toucher, étant protégée par des fibres musculaires abondantes, par l'aponévrose et par une portion de la parotide. Uo rapport important est celui que l'amygdale affecte avec la carotide interne : celle-ci est trës-éloignée, il est vrai, et Ton ne doit pas craindre, en général, d'attirer avec la glande et de léser le vaisseau, lorsqu'on fait l'extirpation de l'amygdale ; cependant, dans des cas assez fréquents, cette iu*tère décrit une courbe qui confine la tonsille.
b. Les glandes pharytigées sont, comme les précédentes, acineuses ou de follicules. Les glandes acineuses^ larges de 0"",3 à 2 millimètres, forment une couche parfois épaisse de plusieurs centimètres aux faces postérieure et latérales de la cavité pharyngo-nasale ; elles deviennent beaucoup plus rares à la face postérieure de la cavité pharyngo-buccale, où elles apparaissent sous forme de {)etites éminences plus ou moins injectées dans les û mations aiguës ou chroniques ; elles sont petites et
dans les gouttières pharyngo - laryngées. On en voit de nombreuses à la face postérieure supérieure du voile du palais, surtout à la face postérieure de la luette et dans son voisinage. Les follicules se trouvent isolés dans diverses régions du pharynx, près des arrière-narines, des orifices des trompes d'Eustache. Kôlliker décrit une agglomération analogue aux amygdales qui s'étendrait d'un orifice de la trompe d*Eu8tache à l'autre orifice. On en trouve, en outre, dans la muqueuse de la paroi supérieure de la cavité pharyngo-nasale, des sinus et de dépressions qui pourraient être, suivant Henle, les résidus de follicules détruits.
c. Les glandes des fosses fiasales sont très -nombreuses ; leors ouvertures sont ponctiformes : Luschka décrit celles qui existent dans les cavités spbénoïdales et dans les œUules ethmoîdales.
71. 11 sendt sans intérêt de donner ici la description détaillée des muscles ; mais nous rappelons quelques déudlg qui intéressent les phénomènes physiologiques.
a. La masse charnue des lèvres est constituée par Torbiculaire, auquel viennent aboutir la plupart des muscles de la face.
Le voile du palais renferme cinq muscles pairs, à savoir : !• le palato-staphylin {azygos uvulœ) , étendu de l'épine nasale postérieure au sommet libre de la luette ; 2° le péristaphylin interne (pétro-staphylin), fixé par sa portion verticale sur le côté de l'orifice postérieur des fosses nasales, et par sa portion horizontale dans l'épaisseur du voile du palais; 3* le péristaphylin externe (sphéno-staphylin), situé également, avec sa portion horizontale, dans l'épaisseur du toile du palais, mais avec sa portion verticale, le long de faile interne de l'apophyse ptérygoïde; â** le pharyngostaphylin ou palato-pharyngien, qui occupe, par sa partie moyenne le pilier postérieur, par ses deux extrémités le
S6 ANATOMIE.— PHAI1Ï>\.
voile du palais, par l'aulre le pbarynx ; enfin, Ô" le glossoâtaphylin, qui forme, avec sa partie moyenne, le pilier anlérieur, et s'épanouit avec ses eslrémilés dans la langue et dans le voile du {>alais:
On peut considérer comme charpente de la langue l'os iijoide, la membrane fibreuse médiane ou septuui lingual, et le derme de la muqueuse. La masse charnue se compose du muscle lingual étalé en quatre couches, et de trois muscles, dont les fibres s'entrecroisent diversement. Ces trois muscles sontlegénio-glosse, qui occupela face inférieure de la langue; le liyo-glosse, qui se dirige de l'os hyoïde d'arrière en avant, vers les portions latérales de la langue, ei le stylo-glosse, dont la portion externe longe le bord de la langue et se porte de la base à la pointe.
b. Les muscles du pharynx sont intrinsèques, à fibres circulaires, ou extrinsèques, à fibres longitudinales.
Les premiers sont au nombre de trois : le constricteur inférieur on laryngo-pbarjngien, qui s'insère, d'une part aux cartilages ciicotde et thyroïde, et d'autre part au raphé fibreux de la ligne médiaoe du pharynx; le constricteur moyen ouhyo-pharyngîen, qui s'étend delà grande (muscle kérato- pharyngien) et de la petite corne (muscle cbondropharyngien 'i de l'os hyoïde aurapbé médian du pharynx, et le coustrictenrsupérienr céphalo-pharyngien), qui s'insèreà l'apophyse ptérygoïde (ptérygo-pharyngien), à l'aponévrose iiucco pharj'iigienne (buccinalo-pharyngien), à la ligne myloïdienoe (mylo-phar^a^en) et à ta base de la langue iglosso-phar>ugien), pour se terminer également au raphé médian du pharynx.
Les muscles intrinsèques sont le staphylo-pbaryngien et le stylo- pharyngien, qui va de f apophyse styloïde à l'aponévrose pharyngienne.