CHAPITRE PREMIER
02. Le pharynx est la cavité qui s'étend de l'apophyse basilaii*e à la cinquième vertèbre cervicale. Sa forme générale est celle d'un entonnoir aplati, dont la large base est dirigée en haut et dont l'orifice rétréci s'abouche avec l'œsophage. Ses dimensions subissent des variations par la grande mobilité du voile du palais et du larynx, indépendamment de celles qui résultent de Tâge, du sexe et du développement général. Plus grand chez l'homme que chez la femme.
il a une hauteur moyenne de 120 à 130 Tnillimètres, réductible à moitié par l'acte de la déglutition.
Le pharynx, limité en arrière par le rachis, communique en avant avec trois cavités : le larynx, la bouche et les narines. Il en résulte la division toute naturelle en trois régions : la pharyngo-buccale^ la pharyngo- nasale et la pharyngo-laryngée. L'ensemble des deux dernières est aussi appelé gosier ou arrière-bouche. Nous ferons précéder les descriptions des cavités du pharynx de celle de la cavité avec laquelle il communique.
Article L — Région pharyngo-huggale (fig. lA, 15, 1(5).
63. La CAVITÉ RUGGALE a la forme d'une boîte ovalaire dont la grosse extrémité est en avant. On y distingue une ouverture antérieure ou la bouche; une paroi antérieure^ constituée sur un premier plan par les lèvres, qui entourent la bouche, et sur un second plan par les arcades alvéolaires et dentaires; deux parois latérales ^ formées par ces arcades et par \es joues; nne paroi inférieure y constituée en grande partie par la langue; une paroi supérieure ou voûte palatine; enfin une paroi postérieure ou voile du palais^ dans laquelle est placée V ouverture postérieure qui établit la communication entre la cavité buccale et le pharynx, et que l'on appelle V isthme du gosier.
Pour donner une description de ces diverses parties, nous suivrons la marche de la membrane muqueuse, en nous arrêtant à peine aux détails bien connus de la conformation de la bouche, des lèvres, des joues et des arcades dentaires et alvéolaires.
a. L'entrée de la cavité buccale, ou son ouverture antérieure j la bouche proprement dite, limitée par deux épais replis de la peau, les lèvres^ adopte les formes les plus
«8 A!IATOMIE. — PHARYNX.
(liverRes, comme on sait, par les uiouvemeDts des lèvres ci des mâchoires. La muqueuse de la lèvre supérieure revêt d*abord la surface postérieure de ce repli, passe ensuite sur la face antérieure du bord alvéolaire de la mâchoire supérieure, forme sur la ligne médiane un repli saillant, frein oa filtt^ et revêt ensuite la face postérieure des gencives. La mnqueuse de la lèvre inférieure suit une marche absolument identique ; 4e frein cependant est moins prononcé.
La portion antérieure de la cavité buccale, limitée en arrière et en dedans par les deux rangées de dents, en dehors et en devant par les lèvres et latéralement par les joues, constitue le vestibule de la bouche; sa capacité varie, suivant que les lèvres se trouvent plus ou moins rapprochées des dents. La partie postérieure de la cavité buccale, située derrière les dents, est appelée par quelques auteurs la cavité orale proprement dite.
b. Sur les parois latérales de la cavité buccale, la muqueuse revêt les joues^ et forme, en se réfléchissant sur le bord alvéolaire, une rigole supérieure et une inférieure.
En arrière, elle s'unit à la paroi postérieure du pharynx. En ouvrant largement la bouche, on voit en arrière le repli ptérygo-maxillaire (fig. 16, pm)^ qui va du crochet ptérygoîdien à l'extrémité postérieure du bord alvéolaire de la mâchoire inférieure, et qui est situé par conséquent latéralement, en avant et en dehors du pilier antérieur.
c. La muqueuse de la lèvre supérieure, après avoir franchi Tarcade alvéolaire, revêt la voûte palatine osseuse, à laquelle elle adhère fortement ; on constate quelques plis on bourrelets parallèles au bord de la mâchoire, derrière les dents ; abondamment pourvue de glandes mucipares, surtout en arrière, elle passe par-dessus les trous palatins postérieurs, en tapissant toutefois un petit conduit correspondant au canal incisif et qui la fait commtuniquer avec la
muqueuse nasale. Sur la ligne médiane existe le raphé^ qui commence en avant par un tubercule aplati, et qui est convexe dans tout son parcours, ou concave en ayant et convexe en arrière, ou bien entièrement aplati, et dans ce dernier cas pâle, étant plus pauvre en capillaires.
d. Arrivée au bord extérieur des os palatins, la muqueuse les abandonne, en se dirigeant en bas et eu amère ; puis, se repliant sous un angle aigu, elle remonte vers les fosses nasales.
Ce repli, renfermant des muscles et des glandes, est appelé voile du palais (ou la partie molle du palais). On y distingue : une face antérieure ou inférieure légèrement concave ; une face postérieure ou supérieure bombée ; un bord inférieur libre, dont la forme correspond à celle du supérieur adhérent, et celui-ci, qui adopte la conformation de la voûte osseuse (fig. 15, 16; voy. aussi pi. I). Or, celle-ci se termine par deux échancrures latérales et une épine médiane. Cette configuration se trouve reproduite, sur le bord libre du voile du palais, par un appendice plus ou moins long, appelé luette ^ et par deux replis latéraux, nommés arcodes on piliers du voile y l'un antérieur, l'autre postérieur.
La luette (uvula) (lu, fig. 15, 16; /, pi. I, fig. 1, 2) est un appendice riche en vaisseaux sanguins, très-mobile, très-rétractile, qui occupe le milieu du bord inférieur du voile du palais, à la réunion des quatre piliers, et qui correspond à l'épine nasale. Elle se compose de glandes, de fibres musculaires et d'un tissu élastique plus ou moins abondant; sa foime est conique; l'extrémité inférieure est légèrement arrondie, quelquefois pointue, plus rarement bifide ; la muqueuse y adhère lâchement, mais n'y forme qu'anormalement de petits prolapsus.
La direction de la luette est verticale de haut en bas ; chez quelques personnes un la trouve recourbée, soit latéra-
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CONFOKMATION. 71
Cl en deboi's du pilier postérieur, pour se terminer à Tamygdale (1).
Il renferme un ligament que les uns regardent comme un prolongement du ligament hyo-épiglottique, d'autres comme ligament pharyngo-épiglottique.
Entre ce repli et le pilier antérieur existe une petite fossette ovale, appelée fossette naviculaire (Jovea ovalis) , dans laquelle [mrfois s'arrêtent pendant la déglutition, avec une sensation de chatouillement, des débris alimentaires.
V, Les portions inférieures des piliers sont séparées les unes des autres par toute la largeur de la base de la langue ; il existe donc entre cette base et le bord libre du voile et des arcades, une ouverture, Y ouverture postérieure de la cavité buccale, qui établit la communication entre celte cavité et le pharynx : on l'appelle X isthme du gosier. Quelques auteurs distinguent l'ouverture bordée par les arcades glosso-palatines de celle qu'entourent les arcades pharyngo-palatines ; ils appellent la première Y isthme antérieur ou Y isthme pharyngo-buccal ; la seconde, Y isthme postérieur ou Y isthme pharyrufO'nasaL
La configuration de l'isthme, dans son ensemble ou dans ses parties, est très- variable, par suite des mouvements exécutés par les muscles du voile et des piliers ; il peut s abaisser ou s'élever, s'élargir ou se rétrécir latéralement ou verticalement, eu se portant en avant ou en arrière. Nous étudierons ces divers déplacements dans la partie physiologique.
/. Sur la paroi inférieure^ la muqueuse arrive du bord alvéolaire et remonte ensuite sur la face inférieure de la langue, en formant sur la ligne médiane le repli connu sous le nom de frein ou filet de la langue. Puis, après avoir franchi ses bords, elle revêt la lace supérieure, en y préseiUaul
I) Bfl* «i|»|Kfllf te repli, m rus pahliHUs mcdiu^.
des particulimlés de siructiirc dont nous nous owuiicrons tout à. l'heure.
A la limite postérieyie de la racine de la langue, la muqueuse leaioute sur la face anlOrieure de l'épiglotle, en j l'oruiant le filet éftujloUDine ou le repli ylosso-êpigloUtijuc moyen (lîg. M\, e), qui leiiferrae le ligament glosso-épigloltiquc. De cbaque cûlii de ce repli existe une dépression, U
- Épigloll
fossette f/lusfio-épi.ijlotlifjue {vediecula; Tourtual), au i'ond de laquelle on aperçoit parfois une légère proéminence, duc aux extrémités tuberculeuses des grandes cornes de l'os liyoide. Celte fossette est limitée latéralement par un repli parallèle au luoyeu, mais moins élevé, le repli 'j/ossu-épiijlultique latéral (f); il est quelquefois double à son origine à la langue (g). 11 existe donc trois replis glosso-épîglottiques : le moyeu et deux latéraux.
63. La cAVriÉ î'habyngo-buccau, ou la partie moyenne de la cavité pharyngée, a'aperçoît aisément lorsqu'on ouvre largement la bouche, que l'on abaisse la base de la laugue et que l'on relève le voile du palais. On peut la considérer limitée eu haut par un plan situé dans la base de la luettu.
(') II, Ihhi lie Ui luifiMi i, Uae iiUàn-taférimn ds J'épiflntli! i c, muonl rerijurbù en avuil i d, npli pluryit|;D.i^pïu]iiLti^c i r, rrpU -*- 'f, r«pli glotBu-epJifluhïiiuti Ijrlf-nli y. Id iiii^kt, virïdtt. tfmiblD.
l^ONPUKMATION. -,:t
ei nn bas par celui (|ui passerait sur les extrémités tuberculeuses des grandes cornes de l'os hyoïde. Le diauiètic truiis-
l'jc. lâ. — Coupe lalérAle du pbarynx (ptépinilion du docteur Hicaise) (*;.
versa] du plan inférieur est plus grand que celui du plan supérieur, qui varie de îiO à iO mUliniëtres. La /ffce (iiilcrieuic, {o\tti(-e par les arcades du voile du
,.. rr[ili ■^lpiii)[.^H"rïiMp;;.'^, '
/oXTf.
/A AiNATOMIE. - PHAKYNX.
palais, est incomplète, à cause de l'isthiue du gosier, qui donne accès h la cavité pharyngo-buccale par la cavité buccale. La face postérieure de la cavité pharyngo-buccale, appelée généralement paroi postérieure du pharynx^ quoi- (ju elle n'en soit qu'une portion, se continue sans interruption avec la paroi postérieure des autres portions du pharynx ; elle descend le long de la face antérieure des vertèbres cervicales et de leurs muscles peu nombreux (grand droit intérieur de la tête et long du cou). On y remarque un nombre considérable d'élévations et d'enfoncements déterminés par la présence de glandules, qui peuvent devenir le siège de Taffection connue sous le nom d'angine granuleuse. La paroi latérale donne naissance au pilier postérieur du voile du palais; au point où la paroi postérieure s'infléchit pour se contiimer avec la paroi latérale, on constate quelquefois un bourrelet qui, dans la plupart des cas, jne paraît pathologique, et quelquefois seulement déterminé par la saillie de quelques faisceaux musculaires. La bouche étant ouverte, on aperçoit ce bourrelet faisant saillie en dedans, derrière l'arcade pharyngo-palatine.
Article IL — KegioiN puaryngo nasale.
65. Les CAVITÉS ou fosses nasales communiquent avec le pharynx par les orifices des arrière-narines. On sait ((u'elles se composent de trois méats, dont les orifices sont appelés narines (antérieures ou externes, et postérieures ou arrièrenarines), et qui sont situés entre les cornets. Ou sait, eu outre, qu'au méat supérieur aboutissent, dans le milieu, Us cellules ethmoïdales; en arrière, le sinus sphénoïdal; au méat moyen, le sinus frontal et le maxillaire; l'inférieur se continue avec le canal naso-palatin.
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Mliqu. Ilmilé par In 4
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Ces diverses cavités intéressent la phonation en faisant répercuter le son, comme le savait déjà Galien. Pendant la vie, ne sont accessibles à la vue, par Tinspection directe, que les orifices antérieurs des narines ; les orifices postérieurs, avec les extrémités postérieures des cornets, deviennent visiUes par la rbbioscopie.
60. La GAVrcÉ pharyngo-nasale mesure 30 à 50 millimètres dans son diamètre transversal, et 20 à 25 millimètres dans Fantéro-postérieur. On y distingue une paroi supérieq^, deux littérales, une antérieure et une postérieure.
a. LsL paroi supérieure est voûtée et formée par la muqueuse quirevèt la face inférieure de l'apophyse basilaire de l'occipital et une partie de celle du corps >lu sphénoïde. Elle est criblée par les ouvertures de glaudules nombreuses; quelquefois on constate en avant, sur la ligne médiane, une fossette dont la paroi intérieure présente plusieurs très-petits trous borgnes. Cette conformation particulière de la muqueuse serait due, suivant quelques auteurs, à la présence de follicules clos; aussi a-t-elle été appelée bourse pharyngée par Mayer. Tourtual décrit, sous le nom de sinus pharyngé supérieur^ une autre dépression à la limite antérieure de cette paroi, et qui est limitée en avant par le repli supérieur de la narine postérieure, et en dehors et en bas par le repli salpingo-nasal.
b. Les parois latérales sont remarquables par l'orifice de la trompe d'Eustache et par la fossette de Rosenmuller.
VI orifice pharyngien de la portion cartilagineuse de la trompe d'Eustache (ou tube auriculaire) est situé à peu près à la hauteur du cornet inférieur, un peu au-dessus ou audessous, en moyenne à 7 millimètres de la base du crâne, ;i I A millimètres de la paroi postérieure de la cavité pharyngonasale, et à 6 ou 7 de l'extrémité postérieure de la narini? externe (Luschka). Sa hauteur est, en moyenne, de 9 uiilli-
7H .1>AT(1>1IK. — i'IlAKVNS.
mètres, el sa largeur de 5 millimètres. Suivant Toynbee, cet orifice serait habituellement fermé par l'accolement de ses parois et ne s'ouvrirait que pendant la dégluiiiiou, le hâilieinent, l'éternument, c'est-à-dire toutes les fois que le voile du palais est mis en mouvement. Cet orifice représente un bourrelet arrondi en foi me de faucille, dont la convexité est dirigée en haut et en arrière, et dont les extrémités formeni de chaque côté un repli. L'antérieur part de l'extréoiité antérieure du bourrelet, va du cûté du bord latéral de l'arrièrenarine et se perd en bas dans le voile du palais; il est appelé repli salninyo-nnsal ou salpingo-palafin, et peut, [Kir son gonflement, rendre plus difficile l'introduction de la sonde. L'autre repli se dirige de l'extrémité postérieure de ce bourrelet au pilier postérieur du voile du palais; c'est le repli salpingo-phart/ngé. Ces deux replis limitent une rigole qui s'abouche avec l'orifice de la trompe et qui est dirigée vers le bord adhérent du voile du palais (lig. 15, 16).
Derrière et au-dessus de l'orifice pharyngé saillant de la trompe, à peu près au poini de réunion des parois supérieure, postérieure et latérale, est située une dépression que l'on appelle fossette de Hosemniiller. La Tiuiqueuse de cette fossette, criblée partout d'orifices glandulaires, est, comme en général toute la paroi supérieure de la cavité pharyngonasale, le siège de prédilection des polypes. Celt-' fossette se continue saus interruption avec le grand sinus pharyngé latéral, qui est situé derrière le repli salpingo-pbaryngé.
c. La paroi postérieure, à peu près verticale, pourvue de glandules, est continue sans interruption avec la paroi postérieure de la cavité pharyngo-buccale ; elle est plus large en haut qu'en bas et généralement plus grande que l'antérieure.
d. \a paroi antérievre, presque verticale comme la postérieure, est plus large en bas qu'en haut, et présente les
deux orifices postérieurs des fosses nasales, les arrièreiiarîoes, dont le grand diamètre est vertical et qui sont séparés Tun de l'autre par la cloison. Leur forme est ovale et leur direction oblique en haut et en dehors. Ils sont limités en haut par un petit repli, et latéralement par le repli salpingo-nasal ; leur hauteur moyenne est de 18 millimètres et leur largeur de llî millimètres.
e, hsL paroi inférieure n'existe pas pendant la respiration, mais pendant la déglutition elle est formée par le voile du palais appliqué avec son bord libre contre le pharynx.
Article III. — RÉGroN pharyngo-laryngkk.
67. La CAvrrÉ pbartngo-laryngêe, située au-dessous de la cavité pbaryngo-buccale et au-dessus du larynx, constitue rexirémité inférieure du pharynx ; elle répond à la surface postérieure de l'os hyoïde, à la membrane hyo-thyroïdienne et au larynx. Sa limite supérieure est indiquée par le bord libre de l'épiglotte et le commencement du bord concave du repli pharyngo-épiglottique, la limite inférieure par le 1)01 d saillant du chaton du cricoïde; entre ces deux lignes est située \dLface antérieure^ sur laquelle on remarque l'orifice du larynx. La paroi postérieure ^ qui se rétrécit en descendant, est creusée en rigole et s'applique pendant la respiration et la phonation au cricoïde, d'où elle ne se détache que pendant la déglutition.
La paroi antérieure se trouve, de chaque côté, élargie par les gouttières pharyngo-laryngées (48).
M A5AT0MIE. — PHARY^\