CHAPITRE PREMIER propriétés vitales
Article 1. — Sensibilité.
S32. Les muqueuses des cavités pharyngées sont sensibles, et cette sensibilité est très-prononcée, surtout à la paroi postérieure de la cavité pbaryngo-buccale. Tout le monde sait que les attouchements de cette paroi déterminent chez un grand nombre de personnes des nausées, sinon des vomisse* ments. Cbez d'autres personnes, ces mouvements réflexes n'apparaissent que lorsqu'on touche la paroi postérieure de la cavité pharyngo-laryngée. La trachée est moins sensible à sa paroi postérieure qu'à l'antérieure.
Le sens du toucher est obscur sur ces diverses muqueuses ; il est le plus distinct dans la cavité pharyngo-buccale.
Article II. — Motilité.
A. — Pharynx.
333. Les parois du pharynx et des cavités qui l'.avoisinent sont excessivement mobiles par l'action des muscles nombreux (71) qui entrent dans leur composition. Cette motilité est indispensable pour Faccomplissement de ses fonctions.
33A. Les muscles des lèvres sont dilatateurs ou constricteurs. Le grand zygomatique relève la* commissure en la tirant en dehors, comme dans le rire; le petit zygomatique, le releveur superficiel et le profond de l'aile du nez et de la lèvre supérieure relèvent la lèvre supérieure et l'aile du nez, comme dans le reniflement, l'éternument. Le triangulaire des lèvres, le peaucier et le carré du menton abaissent
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la lèvre inférieure, qui est soulevée par un groupe de petits muscles appeli; liouppe du menton, L'orbiculaire déteraiine l'occlusion de la bouche par simple rapprochement des lèvres, qui conservent leur forme, ou par contraction k la manière d'un sphincter, ce qui transforme l'orifice buccal en une sorte d'entonnoir à bords froncés,
835. Le muscle buccinaieur rètrécit la cavili- /niccale, quand les joues sont distendues, et devient actif, par conséquent, dans la maslicalîon, la déglutition, dans le jeu des instruments à vent, elc.
Le palalo-staphylin est releveur de la luette; le périsiapbylin interne élève le voile du palais; 'le pénstaphylin externe est tenseur du voile, surtout dans sa partie ovule, et dilatateur de !a trompe d'I^ustache ; les pharyngo- staphylîns abaissent le voile, rapprochent l'un de l'antre les piliers postérieurs et forment l'isthme pharyngo-nasal ; quelques-unes de ces fibres vont au pharynx, qu'elles élèvent. Enfin, le glosso-staphylin est constricteur de l'Isthme du gosier,
336. L'action des muscles de la /flnjfuc est très- compliquée et mérite i>eut-élre encore de nouvelles recherches. Les mouvements sont extrinsèques ou intrinsèques; je les résume, d'après Beaunis et Bouchard, de la manière suivante :
a. Les mouvements extrinsèques sont des déplacements en totalité de l'organe, amenés en grande partie par des déplacements correspondants de l'os hyoïde. Ces mouvements, au nombre de quaJre. sont accomplis sur les muscles suivants : a. élévation : stylo-hyoïdien, digastriqne, constricteur moyen, mylo-hyoïdieii, stylo-glosse, glosso-staphyliDài b. abaissement : muscles sous-hyoïdien et hyo-glos l'excursion du mouvement de haut en bas est de 3& ce mètres environ; c, mouvement en avant : génio-hyoîdiei
PROPRIÉTÉS VITALES. — MOTILITÊ. 297
génio-glosse, mylo-byoïdien, ventre antérieur du digastrique; d. mouvement en arrière : constricteur moyen, omohyoïdien y ventre postérieur du digastrique et tous les muscles élévateurs, saur le mylo-hyoïdieu ; l'excursion d'avant en arrière a un peu plus d'un centimètre,
b. Les mouvements intrinsèques consistent en des changements de forme et sont produits par les muscles suivants: a. allongement : lingual transverse ; b. raccourcissement : fibres longitudinales ; c: aplatissement et élargissement dans le sens transversal , fibres verticales; d. rétrécissement dans le sens transversal, fibres transverses ; e. mouvements de latéralité : stylo-glosse et fibres longitudinales d'un seul côté; f. excavation de la face dorsale de la langue s'incurvant en gouttière, action combinée des fibres internes des génio-glosse, lingual supérieur et glosso-staphylin, qui relèvent ses bords. On pourrait multiplier presque à l'infini ces mouvements partiels, dont l'analyse est souvent très- difficile et parfois impossible. Parmi ces mouvements intrinsèques, il en est dans lesquels la langue prend un point fixe et s'arcboute contre des parties solides de la cavité buccale, comme, par exemple, pendant la déglutition, l'émission des consonnes, etc.
337. Aux détails que nous venons d'exposer, nous devons ajouter un fait très -important pour l'explication des phénomènes de la phonation, et qui est généralement négligé. Tout mouvement de la langue en arrière détermine un abaissement marqué du larynx, accompagné habituellement d'un abaissement léger de la mâchoire inférieure. La projection de la langue rehausse un peu le larynx.
388. Les muscles intrinsèques du pharynx déterminent sa constriction, les extrinsèques son élévation.
Le muscle constricteur inférieur rétrécit la partie inférieure et le moyen la partie moyenne du pharynx ; ce dernier élève
en même temps la paroi postérieure vers le voile du palais et la base de la langue. Le supérieur rétrécit la partie supérieure du pharynx, dont il dirige la paroi postérieure en avant; mais il tire principalement, d'après Tbeile (18^3, page 70) , sur les deux angles latéraux.
Le stylo-pbaryngien raccourcit la partie supérieure du pbarynx ; Tansc musculaire du pharyngo-stapbylin, dont la convexité correspond à la paroi postérieur du pbarynx, élève également cet organe.
339. Les muscles du nez sont des dilatateurs et des constricteurs. Les constricteurs sont le transverse, le myitifonne, qui donne à la voix le timbre nasillard, et l'abaisseur de la cloison. Les dilatateurs sont les releveurs superficiel et profond et le dilatateur de Taile du nez.
B. — Trachée, poumons.
3iO. Les fibres musculaires de la tracbée et des vésicules pulmonaires peuvent se contracter et déterminer un rétrécissement de ces cavités. La contraction des bronches est lente, successive, comme celle des muscles de la vie organique; il n'est pas possible, dès lors, qu'elle se manifeste d'une manière rhythmîque à chaque expiration.