‹ Traité pratique des maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 37 sur 123 · NÉVRALGIE INTERCOSTALE · texte numérisé non relu

NÉVRALGIE INTERCOSTALE

sans névralgie, ni avant, ni pendant, ni après. Nous avons eu il y a (juclque temps, à l'hôpital Saint-Éloi, un fait très net à ce point de vue.

Il faut donc conclure que la névralgie intercostale, comme les autres névralgies et peut-être plus souvent que les autres névralgies, peut s'accompagner de zona, mais que tous les cas de zona ne rentrent pas absolument et nécessairement dans cette catégorie'.

' Dans des puljlicalions assez récentes [Semaine médieaJe, i883 et 1888), Landouzy a insisté sur les causes du zona et spécialement sur la fièvre zoster . Dans les cas qu'il vise particulièrement, le zostcr est une «maladie générale, i'ébrilc, spontanée, aiguë, presque cyclique, se terminant toujours par guérison, «■onlérant l'immunité, maladie générale à détermination cutanée circonscrite, laquelle détermination cutanée est suijordonnée à une neuropathic spécifique Cette affection serait aussi, d'après lui, épidèmique et contagieuse.

Il dislingue le zona essentiel ou fièvre zostérienne », justiciaijie de la palhogénic que nous venons d'indiquer, des troubles troi)hi([ues zostérit'ormcs », qui peuvent survenir dans des circonstances très diverses (traumatisme, intoxication, lésions nerveuses), qui n'ont pascommcle zona essentiel une évolution pyrélique et cycli- ([ue, et sont susceptibles de récidiver; Landouzy a oljservé cliezun sujet atteint de mal de Pott sept poussées zostériformcs (Notes recueillies à l'hôpital Laënnec, en 1891).

Erb (Nearolog. CeniraUil., 1882; anal, in Arcliives de Neurolofjie, 1884, VII, n» 20, pag. 245), Weigert, Kaposi, Pfeiffer, ont insisté aussi sur les cas endémiques ou semi-épidémiques, et tendeni, dans l'espèce, à croire à la nature infectieuse de la maladie.

Actuellement on considère le zona comme constituant, dans la plupart des cas, la manifestation primitive ou secondaire d'un état infectieux ; tantôt il représente à lui seul l'infection (zona essentiel), tantôt il survient, à titre accessoire, au cours d'une inl'ection préexistante (tuberculose, syphilis, blennorrhagie, grippe, etc.). — Voy. sur la nature infectieuse du zona, les travaux suivants :

Letui.le; France rnédiccde, 19 janvier 1889;

Kaposi; Berl. 1,1. Woc/i., 1 juillet 1889, pag. 600;

Gauthier ; Lyon médical, 1 décembre 1889;

De Luca ; Sicilia medica, 1890, n" 3, pag. 201 (anal, in Revue des Sciences médicales, XXXVI, pag. 2o3) ;

Weiss ; Arch. f. Demi. u. Sypli., 1890, XXII, 4 et 5 (anal, in Revue des Sciences médicales, XXXVII, i)ag. 194) ;

VON Wassilew.Ski ; Rapport de la Société (jéuércde des médecins de Tlniringe, léna, 1892.

Enfin Barthélémy fSoc/c'i't' française de dermalolo[/ie, nowcmhva 1S91 — janvier 1892) a décrit une adénopatliic zostérienne , déjà signalée par Strumpell ^Pcdliologie i nterne. tom. II) et témoignant d'un retentissement infectieux sur les ganglions du voisinage. — Le même symptôme a été signalé par divers auteurs dans d'autres localisations zostériennes, en particulier par Fatichi {Speri)iientale, 1892, n° 5, pag. 85) dans le zona fémoral.

Fox fjottr/f. ofcut. and voi. dis., mai i8S5; anal, in Revue des Sciences médicales, XXVIII, pag. 2'|i) a observé chez un très jeune enfant un zona siégeant sur II' côté droit du tlior.ix et sur le bras correspond;uit ; la mère avait eu, au 4" mois de la gestation, un zona de la cuisse.

Ouand l'herpès zoster ne reconnaît |)as une origine infectieuse, on en retrouve iiabituellcment le point de départ dans une intoxication (oxyde de carbone), un traumatisme ou une affection chronique du système nerveux.

Voy. encore, sur le Zona, la thèse de Planchais (Paris, 1881, n" 85) et ce que

Leiulet' a récemmentiiisistésur la description duro/îft chronique, dont l'éruption peut persister bien des mois et qui présente quatre variétés :

1° Une forme ulcéreuse, dans laquelle des ulcérations profondes et tenaces succèdent aux vésicules ; la cicatrice même est susceptible de êe réulcérer plusieurs ibis, et des chéloïdes succèdcntsouvent à la cicatrisation finale ;

2° Le zona récidivant sur place - ;

3° Le zona envahissant, qui occupe successivement plusieurs branches du même nerf ou des nerfs contigus ;

4° Le zona à distance, dans lequel l'éruption herpétique envahit plusieurs branches nerveuses n'offrant entre elles aucune relation anatomique.

Le zona chronique s'observe dans des cas de lésions locales de la plèvre, du poumon, du rachis, des méninges spinales, des centres nerveux; la pleurésie chronique et la tuberculose en sont les causes les plus fréquentes.

Comby'^ qui a récemment consacré un intéressant travail à l'influence exercée par l'âge du sujet sur le développement du zona, conclut de ses recherches qu'à partir de 2 ans le zona s'observe avec une égale fréquence chez l'enfant et chez l'adulte. Mais il se comporte différemment dans les deux cas : chez l'enfant, dont le système nerveux est en évolution, l'éruption est tout et la névrite reste latente; chez le vieillard, au contraire, l'éruption n'est rien auprès de la névralgie qui l'accompagne et qui la suit.

Diagnostic. — Il faut distinguer la névralgie intercostale de la pleurésie, de la pneumonie: la forme et les caractères de cette douleur, la fièvre et les signes physiques, suffiront le plus souvent pour lever les doutes. — Nous ne ferons que signaler également les affections chrcniquesdu cœur ou (hi foie, fréquemment redoutées par les sujets atteints de névralgie intercostale. — La pleurodynie est plus étendue, ne dessine pas le nerf et ne présente pas de points douloureux. Nous ne parlons pas du diagnostic des maladies que, comme l'angine de poitrine, nous n'avons pas encore étudiées. •

Il est important, comme toujours, de déterminer la cause, la nature de la névralgie ; la bilatéralité des phénomènes et les signes concomitants mettront, en général, sur la voie '.

nous en avons dit plus liaut dans !c clmpitri des Névralgies (pag. laS) et dans celui de la Névralgie du trijumeau (pag. iSi)- ' Leudet ; Areliives générales de Médecine, janvier 1887.

2 Elliott (Journ. of cutan. and gen. ur. dis., 188S) a, plus récemment, insisté sur le «zona bilatéral à rechutes ».

^ CoMBY ; Revue des Maladies de Veiifcfnce, novcmbi'c 1889, — et Société de Biologie, 21 novembre i8gi.

* HiRT (Patliol. et thérap. du syst. nerv., 1891, pag. 354) distingue la névralgie intercostale de la névrite des ncrl's intercostaux en ce que, dans la névrite : 1° le

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