NÉVRALGIE INTERCOSTALE. 2G
Les traumalismcs de la paroi thoracique doivent encore être mentionnés.
Erb cite en plus la dilatation des veines dans le canal vertébral, l'anévrismc de l'aorte, les lésions des côtes (carie, nécrose, etc.).
Enfin, les maladies centrales (méningo-myélites, ataxie locomotrice) peuvent être invoquées. Mais elles produisent plus souvent de fausses névralgies '.
Remarquons, en commençant la Sjjmplomatologie, que le côté gauche est plus souvent atteint que le droit ; trois ou quatre espaces intercostaux sont le plus souvent simultanément atteints, et c'est vers la partie moyenne du thorax (du cinquième au septième espace) qu'on rencontre ordinairement cette névralgie.
C]omme. points douloureux, nous awons un point postérieur, le plus conslant, entre deux vertèbres, au voisinage du trou de conjugaison; un point latéral, vers le milieu de l'espace intercostal; un poii}t antérieur ou sternal, à siège un peu plus variable et quelquefois multiple, situé en général entre le sternum et le point d'union des côtes aux cartilages. — Pour Trousseau, deux de ces points seulement seraient constants: le point apophysaire- et le point antérieur d'expansion terminale; ce sont les plus fréquents en effet. — On a aussi observé quelquefois des points supplémentaires au creux épigastrique, à l'appendice xiphoïde ou à la pointe du cœur.
De ces foyers (centres de la douleur continue et de la douleur à la pression) partent des élancements, moins constants peut-être que dans les autres névralgies, qui suivent la direction même des nerfs.
La douleur est exaspérée par les fortes inspirations, la toux, les mouvements du tronc ou du bras.
Le plus souvent, on constate en même temps la coïncidence d'autres névralgies : au cou, au bras, à l'abdomen ou à l'hypogaslre''.
L'hyperesthésie est fréquente dans la région atteinte; les vêtements ne peuvent être supportés. L'anesthésie est plus rare, elle a cependant été observée V
' IJUEYFOU.S (France médicale, 7 février iSSij) a récomini-iil insisLc sur l'iiiipur- L'uicc du LiTi'ain arLliriUiiuc ou iiévropaLliiiiue, inu'itaraiiL la voie aux invasions micro Ijienncs.
liAYKT (Joufiial de Médecine de Bruxelles, mars 1891) a observé un zona yangréneux chez un liystérique.
Kaposi (Arch. f. Dervnat., i88<j, XXI, ^i) avait ciLc des fails analogues.
Voy.plus loin ce qui a trait à l'origine infectieuse du zona.
- FÉRii; a récemment insisté (Revue de Médecine, mai 1890, i)ag. SyS) sur la dduleui' rachidicnnc diffusequc l'on ohserveraitfréqucmmentdans les cas de zona ; il lui attiibue une origine méningée et se demande si l'infection dont le zona constitue [iresque toujours la traduction n'agirait pas sur les nerfs intercostaux par l'intermédiaire d'une fluxion méningée.
Voy. Cartier; France médicale, 5 décembre 1890.
SEiiLiGMULLER signale en outïe (Deut. med. Wocli., 1887, pag. 9G9), dans la
C-onime [)hénomènes moteurs, on a signalé des convulsions épiiepliformes réflexes' et des troubles dans le rythme respiratoire.
Aux troubles vaso-moteurs et trophiques de la névralgie intercostale se rattache toute la question du zona ou herpès zoster; on appelle ainsi une demi-ceinture d'herpès développée le long d'un nerf intercostal-^.
Le zona est souvent accompagné de névralgie qui peut précéder l'éruption^, mais qui peut aussi la suivre. Nous avons vu récemment une jeune fille atteinte de zona, chez laquelle l'éruption a précédé de vingt-quatre heures l'apparilion de douleurs névralgiques, aujourd'hui très vives. — D'autre part, on a observé le zona dans des névrites traumaliques ou autres', bien constatées cliniquement et démontrées par l'autopsie, à la STiite des douleurs fulgurantes de l'alaxie, etc. — On est ainsi arrivé à établir une relation entre h; zona et la névralgie correspondante, ou plutôt entre le zona et l'état d'excitation du nerf correspondant.
Le zona n'est du reste pas spécial aux nerfs intercostaux; nous avons déjà cité le zona du trijumeau (zona ophtalmique, zona de la langue), le zona du cou, du bras; nous verrons le zona génital, elc. — Partout où il y a un nerf sensitif et un nerf scnsitif superficiel, il peut y avoir zona.
Mais il ne faut pas cependant exagérer les relations du zona avec l'état des nerfs, et en particulier avec la névralgie. Il y a de très nombreux cas de névralgie sans zona, et aussi de nombreux cas de zona
névralgie des derniers nerfs inlcrcoslaux, l'exagération du réflexe abdominal et la dilatation de la pupille du côté où siège la douleur. ' BYRO^i ; Neic-York med. Journ., lo janvier 1891.
^ Un certain nombre d'auteurs (I^feiffer en particulier) n'admettent pas que la demi-ceinture d'herpès se développe sur le trajet des fdets nerveux, et la croient plutùten rapport avec la distribution des voies vasculaires.
Griffith (Sor. vu'icl. Briian., 1889; anal, in Semaine médicale, 11 septemljre 1S89, pag. 3^8) iui^iste sur le défaut de parallélisme entre l'éruption cutanée et le trajet des nerfs intercostaux ; d'après lui, l'éruption, à direction beaucoup plus transversale que ces branches nerveuses, répondrait plutôt au trajet de la branche dorsale cutanée, bien décrite par Cruveilhicr.
' Besmer {Noies recueillies à l'Hôpital Saint-Louis en 1891) insiste sur la durée quelquefois très prolongée des phénomènes douloureux qui précèdent l'apparition de l'éruption vésito-pustuleuse ; cette durée, qui est habituellement de quek|ues jours, peut s'élever à plusieurs mois et même à deux ans. Il arrive souvent que les malades altriljuent à la médication employée contre la douleur le développement de l'éruption ; <r(iiL la nécessité pour un médecin prudent de faire prévoir à tout malade atteint de névralgie intercostale la possibilité de manifestations éruptives.
' Voy. aussi le cas étudié i)ar Uhandelux (Arc/iives de Plnjsiolorjic, 1879), dans lequel les ganglions in(er\ertébraux étaient altérés, ainsi que les nerfs.
De Luca (citation de la page suivante), qui a provoqué expérimentalement la névrite des nerfs intercostaux, la lésion des ganglions vertébraux et du sympathique, n'a pu reproduire le zona ; il en conclut qu'il s'agit là d'une névrite sijéciale, probablement infectieuse.