‹ Traité pratique des maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 58 sur 123 · PARALYSIE DU GRAND HYPOGLOSSE · texte numérisé non relu

PARALYSIE DU GRAND HYPOGLOSSE

puis on emploie l'éleclricilé, ainsi que nous l'avons indiqué. Dans les cas anciens, invétérés, on prescrit rorthopédie, la gymnastique active et passive, laténotomie et les appareils de soutien.

§ IV. Paralysie du gi{.\n'd hypoglosse (Glossoplégie)' . — Né dans le sillon qui sépare l'olive et la [)yraniide antérieure, par plusieurs racines, le grand hypoglosse sort du crâne par le trou condylien antérieur, descend au cou, y décrit une grande courbure à concavité antéro-supérieurc, et va se distribuer dans les muscles de la langue.

Nous n'avons pas besoin d'insister sur les détails anatomiques ou physiologiques : c'est le nerf moteur de la langue.

Êliologie. — La paralysie de l'hypoglosse est fréquente dans les lésions cérébrales: elle est rarement de cause périphérique. Ainsi, dans les hémiplégies complètes, la langue est déviée ; quand la lésion siège dans la région corticale des circonvolutions, il faut, pour que la langue soit intéressée, que l'altération siège à la partie inférieure de la région motrice, dans le voisinage delà scissure de Sylvius-. Dans le bulbe se trouve le noyau d'origine môme du grand hypoglosse •* ; c'est ainsi qu'on voit ce nerf intéressé dans diverses formes de pai'alysie labioglosso-laryngée ; dans l'atrophie musculaire progressive (quand elle s'étend au bulbe) ; dans quelques cas de tabès [faits de Vidal, Culfcr, etc.. que nous avons cités ailleurs) ; dans la paralysie générale', et même dans la sclérose secondaire descendante, quand elle s'étend aux cellules grises motrices (comme nous en avons publié un exemple^'.

Nous ne faisons qu'indiquer cette catégorie de lésions, n'ayant à nous occuper réellement que des paralysies périphériques, qui sont du reste très rares.

Weir Milchell a observé un fait curieux dans ce genre. Un sujet reroit un coup de revolver à la gorge ; la balle pénètre au côté gauche

' EiU3; loc. cit. — cl Dcut. Arcli. f. I.l. MccL, iSSô, Bd XXXVIl, pag. 2G5 ;

PoiNCARli, ROSENTHAL, ElCHHOHST, iliRT ; loC. cit.;

DuCHENNE ; Électrisation localisée; Saoer ; Inaug. Dissert., GutUngen, iSHG ;

Testuï cl Jaboulay; art. Hyimgiosse, in Dictionnaire encyclojjédique, iSSij.

- Voy. plus haut (pag. 3oS du lom. 1 cl pag. ii du tom. II) noire élude sur la paralysie de la langue dans les lésions cérébrales cl dans les lésions bulbaires.

•* Geklach, MeynertcI HugtUenin dislinguenl dans les origines de l'hypoglosse, à coté des hbrcs radicuiaires d'origine nucléaire : i" des libres comuiissuralcs, rolianl les noyaux des deux hypoglosses ; 2° des fibres direcles, iJarLanl du ru|jhé cl se porlanl dans les faisceaux radiculaires, sans passer par les noyaux d'origine de ce ncrl'. M. Duval n"a pu retrouver ces dernières.

' FÉRÉ ; NouccUe Iconographie de la Salpétrière , i88f), pag. lôS. Montpellier médical, juin 1878;

SoutiUEs (Nouvelle Iconographie de la Salpêlriére, iSyi, n° 5) a récemment publié une oi)servation intéressante de giossoplegie associée à une hémiplégie allenu' (tyiH- Millanl-Gubkr; et à un strabisme interne bilatéral.

du cou, à 3,5 centim. en arrière et au-dessous de l'angle de la mâchoire: il en résulte une paralysie motrice d'une moitié de la langue, avec conservation de la sensibilité.

La cause la plus fréquente de la paralysie de l'hypoglosse est la compression du nerf par des lésions de nature variée. C'est ce qui est arrivé notamment dans quatre faits cités par Poincaré : dans l'un, la compression interrompait la continuité (Jobert) ; dans un deuxième, il y avait une tumeur hydatique (Choisy et Montant) ; dans un autre, une tumeur probablement cancéreuse (Glarke), et dans le dernier, un séquestre dont l'extraction guérit toute la maladie (Bayet). Féré cite, dans son anatomie, un autre fait curieux, observé par Gendrin, dans lequel un kyste hydatique intracrânien avait poussé un prolongement dans le trou condylien gauche, d'où compression de l'hypoglosse avec hémiatrophie de la langue.

Symptômes. — Dans la paralysie unilatérale, quand la langue est au repos dans la bouche, on ne voit habituellement rien. Si on la fait tirer au dehors, elle est déviée vers le côté paralysé, ce qui est dû à l'action du génioglosse sain, lequel dirige toujours la pointe de la langue du côté opposé au sien (Schiff, Heidenhain). Les mouvements de la langue sont en même temps difficiles dans le côté malade, aisés dans le côté sain.

Si au contraire la paralysie est double, la langue est comme collée, immobile, au fond de la cavité buccale ; elle présente quelquefois de légères contractions fdjrillaires à sa surface et entre en tremblement dans les mouvements. Si la paralysie n'est pas complète, les mouvements s'exécutent encore, mais avec peine et secousses.

Il y a, de plus, des troubles importants du côté de la mastication et de l'articulation des sons. C'est l'acte intermédiaire entre la mastication et la déglutition qui est tout particulièrement gêné : la langue ne peut pas ramasser et réunir, balayer et refouler dans le pharynx les aliments égarés entre les arcades dentaires et la joue ; de plus, elle ne peut pas s'appliquer au palais, ce qui est utile pour empêcher les aliments de refluer en avant et faciliter par suite l'acte même de la déglutition.

Les sons tout d'abord mal articulés dans la paralysie légère sont : s, sch, /, e, et plus tard: k, g, r, etc. Dans les cas plus sérieux de paralysie bilatérale, la parole devient complètement inarticulée et inintelhgible. Il faut savoir bien distinguer ces faits, quand le malade ne peut plus parler, de ceux dans lesquels il y a aphonie, aphasie, mutité, etc.; c'est l'appareil moteur de l'articulation des sons, et non le centre de la production des mots ou de la voix, qui est altéré et gêné. — Dans les degrés plus légers de paralysie, la parole est encore possible, mais on ne peut pas la régler et la diriger aussi bien : le chant devient impossible.

Il peut y avoir atrophie musculaire : la langue apparaît alors toute

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