‹ Traité pratique des maladies du système nerveuxChapitre 50 sur 122 · CORPS STRIÉS · texte numérisé non relu

CORPS STRIÉS

cher à remuer. Il n’y a pas de courbure latérale de la colonne. On prend la patte de devant doucement, sans lui faire perdre l’équilibre, Qn peut la placer dans la position la plus bizarre, sur le cou : il n'tessaye pas de la retirer. On pince la queue : alors il ramène la'palte et fait un saut’ puis redevient immobile. Quelquefois il fait plusieurs sauts de suite, jusqu’à douze ; à une lumière vive, la pupille se contracte, l’œil se ferme, mais l’animal reste immobile. NothnageL admet, d’après cela, que les faisceaux psycho-moteurs passeraient par ce noyau. Après sa destruction, il reste tous les mouvements inconscients qui ont leur centre dans la couche optique, mais point de mouvements volontaires *.

Déplus, il y a un point du corps strié que Nothnagel appelle nodas cursorius. Quand on le pique, l’animal court en avant jusqu’à ce qu’il trouve un obstacle.

Quant au noyau caudè, lorsqu’on le détruit avec une aiguille, l’animal ne bouge pas d’abord; puis il saute de la table, court de ci, de là, en évitant les obstacles. — Ce noyau serait en rapport avec ces espèces de mouvements qui s’exécutent primitivement par la volonté et continuent ensuite automatiquement, comme la course, etc.

Pour Carville et Duret, auxquels nous empruntons ces résultats de Nothnagel, ces derniers phénomènes sont des symptômes d’excitation difficiles à localiser, comme on en produit dans la lésion de plusieurs régions cérébrales, et les premiers phénomènes seraient dus à l’atteinte de la capsule interne.

Par l’électrisation du corps strié (noyau caudé), Ferriera produit un pleurosthotonos très intense : la tète touchait la queue, les muscles de la lace et du cou étaient contracturés, les membres antérieurs et postérieurs dans la flexion forcée; la prédominance des fléchisseurs sur les extenseurs était toujours très accusée. Tout cessait dès qu’on retirait les électrodes.

Il y a un contraste frappant entre ces phénomènes bruyants et le silence moteur qui suit l’électrisation de la couche optique.

Carville et Duret ont obtenu les mômes résultats que Ferrier. C’est un ad qui semblait acquis; mais Pitres a démontré devant la Société e lologie que la contracture ne se produisait pas quand l’excitation

RondÏt BLAISE (GaX- hebd' d6S Sc- méd‘ de Montpellier, 1882) oculo-nasaîc, hypothermie) vaso-moteurs (cyanose, œdème, sécrétion

stSnsxesÆ «e:r ie’ dans - c- - - -PS

COn9ldè,rr — * partie externe du iy ouus palliclus) comme sensible aux excitations.

(jkasset, 4” édit-

MALADIES DE L’ENCÉPHALE

restait limitée au noyau caudé, et avait lieu seulement quand elle se propageait jusqu’à la capsule interne.

Les expérimentateurs français ont enlevé le noyau caudé: mouvement de manège, grande faiblesse du côté opposé à la lésion, chutes fréquentes sur ce côté. Ils concluent à l’impossibilité, dans ce cas, des mouvements de progression. Mais il n’y a qu’une seule expérience bien l’éussie!

On admet aujourd’hui, d’une manière générale, avec Nothnagel, que « les foyers destructifs dans le corps strié peuvent produire une paralysie croisée motrice1 2, sensitive (?), sensorielle (?) et. vaso-motrice», et que, « si le foyer n’est pas trop petit, l’hémiplégie motrice est la règle».

Mais un point encore incomplètement élucidé est celui de savoir si ces hémiplégies sont ou non incurables et suivies de contractures.

Voici ce que nous avons observé dans quatre cas récents :

Hémiplégie guérie dans les deux faits suivants: 1 . Lésion ayant détruit: sur la coupe frontale, presque tout le noyau lenticulaire, la capsule externe et l’avant-mur ; tout le noyau lenticulaire, la capsule et l’avantmur sur la coupe pédiculo-pariétale ; — 2. Vaste foyer ayant détruit : sur la coupe frontale, tout le noyau lenticulaire, la capsule externe, l’ avant-mur, et une partie de substance blanche au-dessous ; tout le noyau lenticulaire sur la coupe pariétale.

Hémiplégie permanente dans les deux faits suivants: 1. Lésion ayant détruit, sur la coupe frontale, le noyau caudé, la partie supérieure de la couche optique et la substance blanche qui les séparait; — 2. Petit foyer ayant détruit le noyau lenticulaire, uniquement au niveau de la coupe pariétale.

Ces observations (surtout la dernière) montrent la réserve qu’il faut encore garder sur celte queslion de la curabilité de l’hémiplégie par lésion du corps strié seul.

Tous les auteurs sont d’accord pour reconnaître qu’il n’y a encore aucun moyen clinique de distinguer les lésions du noyau caudé et les lésions du noyau lenticulaire.

On s’est beaucoup occupé, dans ces dernières années, de 1 action exercée par les noyaux gris centraux (corps strié et couche optique) sur la température du corps.

OU*, qui admet les centres thermiques multiples, corticaux et centraux, en décrit un à la partie antérieure du thalamus, tout près de son point d’union au corps strié ; une piqûre à ce niveau provoque, d après lui, une élévation de 3 à \ 1/2 degrés Fahr.

Aronsohn et Sachs3, par l’excitation mécanique et électrique de la

1 Sgobbo (de Naples), au dernier Congrès de la Société italienne de Médecine interne ( Semaine médicale, 28 oct. 1891), a conclu de ses expériences que les fonctions du corps strié sont puremenL motrices.

2 Ott; Themed. News, 4 juill. i885. — Brain, janv. 1889.

‘ •' Aronsohn et Sachs; Arch. f. die Gcsammte Phys., Bd. XXXVII, pag. 232.

TUBERCULES QUADRIJUMEAUX.

partie interne du corps strié, dans le voisinage du nodus cursorius de Nothnagel, obtiennent une élévation notable de la température centrale, de la température musculaire et cutanée, avec un accroissement sensible dans l’énergie respiratoire et l’excrétion de l’urée.

White 1 a obtenu une élévation de la température des deux côtés du corps en excitant l’un quelconque des noyaux gris. Une augmentation de 3 à 5 degrés Fahr. est produite par la lésion du corps strié ; elle se produit au bout de 3 à 4 heures et dure 3o heures en moyenne. L’excitation de la couche optique donne une élévation de 2 à 3 degrés Fahr. qui se maintient 24 heures.

Bourneville et Bogojawlenski signalent également l’hyperlhermie comme une conséquence des lésions du corps strié; Beevor et Ollivier décrivent celle qui succède aux lésions de la couche optique.

§ Tubercules quadrijumeaux. — Les tubercules quadrijumeaux constituent le noyau gris d’origine des nerfs optiques ; c’est là qu’aboutissent ces nerfs après les corps genouillés.

L’influence de ces organes sur les mouvements de l'iris paraît établie. Herbert Mayo aurait montré que l’excitation du bout central du nerf optique coupé produit le rétrécissement des deux pupilles. Flourensa fait Aoir ensuite que 1 excitation directe des tubercules quadrijumeaux produit des mouvements dans l’iris des deux côtés. Certes, quand on enlève l’hémisphère cérébral, les réflexes de l’iris persistent, quoique la vue soit supprimée, tant que les tubercules quadrijumeaux existent3. Une blessure profonde de ces tubercules entraîne, au contraire la paralysie complète de l’iris à la lumière. ’

Ces organes paraissent aussi avoir une action sur la vue ; c’est une action surtout, mais non exclusivement, croisée (Vulpian)

Les physiologistes admettent, en outre, une action sur les mouvements de 1 œil. D après Adamück, l’excitation du tubercule quadrijumeau anténeur droit produit la rotation à gauche des deux yeux: si la partie antérieure est seule excitée, les lignes de regard se dirigent horizontalement , si c est la partie moyenne, les deux lignes de regard se dirigent en haut, et la pupille devient plus large; si l’excitation porte plu! en ai nue, cette position s’unit avec la convergence des deux yeux f enfin,

' White ; Brit med. Journ., juin 1889, i4oi ; - The Journ. ofPhysiol vol XI ,

3 Cependant les excitations portant sur les hémi.nh^c 7b 'X ’ '

exercer une action sur la pupille nar suite d’un 1 r p 6 es Çerebraux peuvent cules quadrijumeaux. Mislaxvski auouel on ,|f'i 7* 1®scmcntrellexe sur les tuberpupillaires consécutives aux lésions corticales ti reTl llj?Vauxsurles modifications gique les conclusions suivantes (Société de Biologie, /^r;“e^aLlon P^.olo-

Pr0dU“ ““ dil“““i°" pupilles » agissam sur leur

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MALADIES DE L’ENCÉPHALE

si la partie postérieure est excitée, la convergence augmente, les lignes de regard se dirigent en bas, et la pupille se rétrécit (Beaunis).

Ferrier, en électrisant les tubercules quadrijumeaux, a développé la dilatation des pupilles et, en plus, un opislhotonosintensc. La production de ce dernier fait peut être bien due à la diffusion du courantetà l’excitation du pédoncule cérébral.

Les cliniciens sont arrivés, sur certains points, aux mêmes conclusions que les physiologistes.

Dans plusieurs faits avec destruction des tubercules quadrijumeaux des deux côtés, comme celui de Pidoux (1871), il y avait cécité complète et dilatation des pupilles.

La séméiologie est beaucoup moins nettement analysée pour les lésions unilatérales. La lésion d’une bandelette optique donne l’hémiopie gauche ou droite dans les deux yeux ; la lésion antérieure ou postérieure du chiasma produit l’hémiopie nasale ou temporale dans les deux yeux ; la lésion d’un hémisphère, d’une capsule interne, donne au contraire l’amblyopie croisée. Les tubercules quadrijumeaux sont là, entre les bandelettes optiques et la capsule interne ; d’où l’idée de Charcot qu’il pourrait bien y avoir dans cette région l'entre-croisement complémentaire des fibres qui ont échappé à la décussation dans le chiasma.

C’est là une hypothèse que les faits peuvent seuls contrôler. Charcot ne cite qu’un cas de Bastian dans lequel l’amblyopie croisée avait été produite par la lésion unilatérale des tubercules quadrijumeaux. Ce fait, encore unique, a besoin de confirmation.

Les tubercules quadrijumeaux ont-ils une influence sur la coordination des mouvements ?

Flourens a montré qu’à la suite d’une lésion un peu profonde d’un seul tubercule, les oiseaux se mettent à tourner sur eux-mêmes, autour de leur axe vertical et du côté de la blessure.

Pour Serres, d’après des vivisections et quatre observations cliniques, la destruction des tubercules donnerait naissance à des désordres de tous les mouvements qui seraient tout à fait comparables à ceux de la chorée (Poincaré).

Récemment, Kohls a publié un fait intéressant de lésion limitée aux tubercules postérieurs et ayant entraîné une ataxie locomotrice. Il rapproche ce fait de deux analogues de Hénoch et de Steffen. De plus, il a fait des vivisections qui, avec celles de Goltz, confirment cette action coordinatrice des tubercules quadrijumeaux1.

Voici quelques conclusions de Nothnagel, relativement aux tubercules quadrijumeaux:

Kohts ; Rev. des Sc. mèd., IX, pag. 1 44 -

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