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PÉDONCULES CÉRÉBRAUX

«... D’après les observations connues, il semble que les symptômes soient différents, suivant que la lésion porte sur les tubercules antérieurs ou postérieurs.

L’altération des tubercules antérieurs entraîne presque toujours (il y a des exceptions) la diminution delà vue ou la cécité. Mais ce symptôme est très équivoque... Si, dans une amaurose survenue d’une manière aiguë (avec défaut de réaction des pupilles), il y a d’autres symptômes d’un foyer encéphalique, et si, en même temps, l’examen ophlalmoscopique est négatif, on doit admettre une altération des tubercules quadrijumeaux antérieurs.

Dans les lésions des tubercules postérieurs, il peut y avoir (mais ce n’est pasnécessaire) une paralysie ou une parésie de quelques rameaux de l’oculo-moteur commun... La forme et la disposition de la paralysie de l’oculo-moteur ont plus d’importance que la présence même de cette paralysie. Une lésion bilatérale de certains rameaux analogues fait penser aux tubercules quadrijumeaux avec d’autant plus de probabilité qu’il n’y a pas en même temps de paralysie alterne des extrémités. Cette bilatéralité de l’action sur l’oculo-moteur paraît s’observer même dans les lésions unilatérales des tubercules quadrijumeaux.

On ne peut rien dire de précis sur l’état des pupilles ; pourtant la réaction semble supprimée dans les lésions des tubercules antérieurs '....»

1 C’est en se basant sur ces principes que Hallopeau ( Encéphale , i885, pag. 182) a localisé la lésion dans les tubercules quadrijumeaux dans le cas suivant: M. X... a été atteint soudainement d’une cécité complète en môme temps que d’une agitation choréiforme dans une moitié du corps et de mouvements de rotation Ces accidents, après avoir persisté avec intensité pendant plusieurs jours, se sont peu à peu dissipés, et il ne reste actuellement qu’une légère obnubilation de la vue. — Ces désordres ont été attribués par Hallopeau à une embolie dans une des artères qui se distribuent aux tubercules quadrijumeaux du côté droit, et plus probablement dans l’une des branches antérieures. Car ce sont surtout les natee dont l’influence sur la vision est bien établie.

Les anatomistes (Voy. le Traité de Testut) admettent, en effet, que la racine blanche externe, la plus importante des deux racines du nerf optique (puisqu’elle renferme toutes les fibres optiques de la bandelette, tant celles du faisceau croisé que celles du faisceau direct), envoie la plus grande partie de ses fibres au corps gcnouillé externe et de là au tubercule quadrijumeau antérieur; la racine blanche interne, qui ne renferme aucune fibre optique et qui est la continuation du faisceau commissural de Guddcn, aboutit au corps genouillé interne et au tubercule quadrijumeau postérieur. Les tubercules quadrijumeaux postérieurs (testes) ne font donc nullement partie du système optique; Baginsky leur fait jouer un rôle important dans la fonction auditive. Les dégénérescences expérimentales, consécutives a 1 ablation des globes oculaires, ou inversement des corps genouillés ou des tubercules quadrijumeaux (Gudden, Bechterexv), confirment en tous points ces données.

Certaines fibres, émanant des tubercules quadrijumeaux antérieurs, se rendent au noyau du moteur oculaire commun ; c'est ce qui explique les modifications du réflexe pupillaire consécutives à la lésion de ces organes (Mendel).

MALADIES DE L’ENCÉPHALE

Dans des études plus récentes', Nothnagel insiste sur les symptômes d ataxie ébrieuse et les paralysies incomplètes et inégales des muscles moteurs des deux yeux, que l’on observe, à côté des troubles visuels proprement dits, au cours des lésions isolées des tubercules quadrijumeaux; Eisenlohr1 2 attribue une grande importance, pour le diagnostic de ces lésions, aux troubles visuels et pupillaires.

Ajoutons enfin que, dans un travail3 quia besoin de confirmation, Ott et Wood Field ont attribué aux tubercules quadrijumeaux une action d’arrêt sur la sécrétion sudorale.

§ IV. Pédoncules cérébraux. — Les pédoncules cérébraux contiennent tous les conducteurs qui unissent le cerveau à la périphérie : conducteurs de la motilité, de la sensibilité et vaso-moteurs. La lésion un peu étendue d’un pédoncule peut donc entraîner une hémiplégie complète portant sur ces trois actions.

Nous avons vu que l’intégrité delà vue et de l’odorat (sens supérieurs ou cérébraux) distingue cette hémiplégie d’origine pédonculaire de l’hémiplégie tout aussi complète qu’entraînent les lésions de la capsule interne.

Quelquefois la paralysie, tout en étant complète, peut porter d’une manière plus accentuée, soit sur la sensibilité, soit sur la motilité. Ces particularités pourraient, d’après Meynert et Huguenin, faire préciser le siège de la lésion : les conducteurs centrifuges moteurs seraient à la partie interne du pédoncule, et les conducteurs centripètes sensitifs à la partie externe. Weber a observé un cas dans lequel la lésion portait sur la partie interne et avait entraîné en effet une hémiplégie motrice complète et une hémianesthésie incomplète. Wiessmann ' a publié un fait extrêmement instructif dans lequel une hydatide interpédonculaire avait produit une paralysie complète des quatre membres, sans troubles sensitifs, ni paralysie des nerfs crâniens.

Enfin, d’autres fois, quand la lésion est considérable, assez étendue et siège à la partie interne, l’oculo-moteur commun peut être atteint, et alors on a vu une forme particulière de paralysie alterne tout à fait caractéristique, portant sur la face et les membres du côté opposé à la lésion et sur l’œil du côté de la lésion *. Nous avons décrit plus haut

1 Nothnagel ; Brain, 1889, tom. XII, pag. 21, — et Wien. med. Presse, 1889, n° 3, pag. 89.

2 Eisenlohr; Münch. med. Woch., 20 mai 1890, n° 20 (Rev. des Sc. méd., XXXVII, pag. 5oo).

1 Ott et Wood Field; Centralbl., f. Nervenh., 1880, pag. 7.

* Wiessmann ; Coït. Blatt. f. Schioeiz. Aerz., 1 juin 1890, n° 11, pag. 363. — Rev. des Sc.méd., XXXVII, pag. 5oo.

s Cette paralysie alterne n’est pas absolument pathognomonique. « On ne pourra l’attribuer à un foyer du pédoncule cérébral que si elle survient complète en une fois ; si elle sc développe au contraire graduellement, elle ne prouve pas le siège

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