Atrophie musculaire précoce à marche rapide
5. Régression et localisation de la paralysie à quelques muscles;
6. Intégrité complète de la sensibilité, des nerfs crâniens, de la vessie et du rectum.
L'hématomyélie, quand le foyer hémorrhagique siège dans les cornes antérieures, se caractérise également par de la paralysie, une atrophie musculaire précoce et la réaction de dégénérescence. Mais ici les accidents sont soudains et la fièvre fait défaut; d’autre part, à l’encontre delà poliomyélite aiguë de l’adulte, on constate des troubles sensitifs, trophiques (eschares), et une paralysie des sphincters.
Le diagnostic avec les paralysies hystériques se fera comme chez l’enfant.
Nous manquons, à l'heure actuelle, d’éléments suffisants pour distinguer d’une façon absolue la paralysie spinale aiguë de l’adulte de diverses affections telles que la paralysie ascendante aiguë de Landry, la paralysie générale spinale antérieure subaiguë de Duchenne et certaines formes de polynévrites plus ou moins généralisées, dont nous reparlerons au chapitre des névrites périphériques.
Nous avons déjà suffisamment indiqué la Marche de la maladie. Comme terminaison, la reslilalio ad integrum est l’exception, la guérison incomplète la règle*. Il y a rarement des contractures et des déformations, comme dans la paralysie infantile.
Nous devons donner ici les conclusions d’un intéressant travail que Landouzy et Déjerine ont publié2 assez récemment sur les paralysies générales spinales à marche rapide et curable.
« î. Il est une forme de myélopathie caractérisée par : a. la paralysie
> Bernhardt a récemment publié un fait de guérison (Arch. f. patliol. Anat., XCI1 ; anal, in Encéph., iS83, pag. 632) que nous rapprocherons des faits de Landouzy et Déjerine, sur la Paralysie générale spinale à marche rapide et curable. 2 Landouzy et Déjerine ; Revue de Médecine, 1882, n1” 8 et 12 ;
Voy. aussi Farines ; Thèse de Paris, 1889.
maladies de la moelle
Je paraît aéZ t T P?#r, 'T0"0 "#“* ProP°»«“ '« dénomination paralys e générale spinale a marche rapide et curable est à la mra-
rieireTubaLuf de D ^ paralysic ë^vixle spinale anlé-
rt, ëZ r lcnnc est à 1 atr°phie musculaire progressive.
té^ure/l ,fr„ n" r pe"" d'UnC léSi0" dos “""h. des cornes aneures de la moelle, lésion siégeant dans loule sa hauteur.
sa "nature reste^ déterminer, es* Par Pana^onlie pathologique,
» 5. L’étiologie, aussi bien que la pathogénie, reste fort obscure
intérêt nLCOnnaiSSanue t CCtte f°rme dG ^cipathie présente un m-onoLl f mT f ’ PUisqUG de sa différenciation dépend un
p onostic favorable à brève échéance, là où, de prime abord, l’intensité
ia diffusion des troubles paralytiques et atrophiques sembleraient
ce\on faire redouter une affection fatalement progressive' »
Le Pronostic est absolument favorable quoad vitam, tout différent quoacl reshtationeni.
L’exploration électrique est le meilleur moyen de prévoir les muscles qui lesteront definitivement frappés. Ainsi Müller pose, à ce point de vue, les réglés suivantes :
Restent complètement paralysés tous les muscles dans lesquels l’excilabihte faradique descend perpendiculairement de son niveau normal et disparaît entièrement en quatre ou cinq jours. Dans tous les cas où cette excitabilité diminue seulement sans disparaître avant le douzième jour et dans les cas où elle ne descend pas perpendiculairement, mais gra uellement, la motilité revient, fût-ce après plusieurs mois.— De la complète disparition de l’excitabilité faradique, ou de la réaction de ! égénérescence dans les premiers stades, on ne peut rien conclure pour a cuia n ité ou 1 incurabilité de la paralysie. — Quand la secousse de terme ture au pôle positif (An FS) resle seule comme réaction d’un muscle au courant continu, cela prouve la disparition complète de la substance contractile.
Traitement.— Dans le stade initial, on prescrit les antiphlogistiques, les émissions sanguines, les révulsifs, les vésicanls; souvent on n’obtient aucun effet. Contre les douleurs de cette période, Müller conseille la morphine. Le môme auteur déclare avoir besoin d’une expérience plus complète pour se prononcer sur l’efficacité de l’ergot de seigle, préconisé
' Nous reviendrons sur cette question plus loin, au chapitre des Myélites diffuses aigues (formes envahissantes) et au chapitre des Névrites périphériques.
PARALYSIE SPINALE AIGUE DE L’ADULTE
par Hammond, qui l’associe à l’iodure de potassium. Althaus et Seguin préconisent aussi l’ergot de seigle. Müller préfère la belladone (extrait), ou l’injection hypodermique d’ergotine et de sulfate d atropine.
A la seconde période, on prescrit les toniques (vin, alimentation, fei), les résolutifs (iodure de potassium), l’hydrothérapie. Müller préconise les bains tièdes et les eaux de Gastein, Tœplitz, Romerbad, Wilbad, Ragatz, Eaux-Ronnes, Plombières *. Il repousse la strychnine et préfère le traitement électrique méthodique.
On doit commencer le plus tôt possible, sans perdre de temps après la disparition des phénomènes aigus initiaux. On préférera le cornant continu au courant faradique, et on continuera jusqu à guérison, c est à-dire des mois et des années.
Millier applique le pôle positif, avec une électrode large, au siège du mal (renflement cervical ou lombaire), et le pôle négatil successivement sur les différents muscles paralysés. Il laisse le courant fixe de trois à cinq minutes, en ouvrant et fermant pour faire contracter les muscles. Les séances sont renouvelées tous les jours.
Le massage est encore un bon moyen d’améliorer la circulation et la nutrition dans les membres paralysés. — Enfin on remédiera par les moyens orthopédiques aux fausses positions résultant des paralysies circonscrites.
Rapports entre l’atrophie musculaire progressive, la paralysie ATROPHIQUE DE l’eNFANCE ET LA PARALYSIE SPINALE AIGUE DE L’ADULTE. —
Les trois maladies que nous venons d’étudier, et par lesquelles nous terminons l’étude des myélites systématisées, présentent entre elles de grandes affinités : c’est, dans les trois cas, une lésion atrophique des cellules des cornes antérieures , à marche aiguë ou chronique .
On trouve dans la thèse de Carrieu2 des faits intéressants qui montrent bien les analogies de ces trois maladies. Ainsi, un malade qui avait eu dans son enfance une paralysie atrophique, présenta plus tard une paralysie spinale aiguë3. Un autre, qui avait eu aussi une paralysie atrophique de l’enfance, eut plus tard une atrophie musculaire progressive4.
Depuis lors, Quinquaud 5 et Hayem6 ont publié deux faits analogues, le dernier avec autopsie; et enfin Coudoin7 a fait connaître une cinquième observation, prise chez Quinquaud, dans laquelle le même
' On peut y joindre La Malou.
2 Carrieu; Thèse de Montpellier, 1875.
5 Service Je Charcot (publié par Raymond, Société de Biologie, 1875). * Service de Yulpian.
» Quinquaud ; Société de Biologie , 1879,
8 Hayem ; Société de Biologie, 2 mai 1879.
7 Coudoin ; Thèse de Paris, 1879, n° 585.
MALADIES DE LA MOELLE
sujet a eu une paralysie atrophique de l'enfance, une paralysie spinale aiguë de l’adulte et une atrophie musculaire progressive.
Ce sont ces faits que Sinkler 1 a eus spécialement en vue quand il a dit que chez l’enfant, une fois que la paralysie commence à diminuer, la maladie est arrêtée et ne progresse plus; tandis que, chez l’adulte, il n’est pas rare d’observer une extension à certains muscles non atteints primitivement, et, dans quelques cas même, de voir la mortsurvenir par la marche progressive et ascendante des accidents.
Le paragraphe qui précède, textuellement reproduit de nos premières éditions, prouve que nous avions échappé au reproche formulé par Ballet et Dutil contre la plupart des auteurs de n’avoir pas suffisamment montré les accidents spinaux qui peuvent être « déterminés par la présence dans la moelle d’un ancien foyer de myélite infantile ». Ces auteurs ont repris cette question dans un Mémoire2 fort intéressant.
Ils ont divisé ces myélopathies consécutives en quatre groupes :
1 . Poussées congestives avec parésie ou paraplégie passagère ;
2. Myélite aiguë à forme de paralysie spinale aiguë de l’adulte;
3. Myélite subaiguë, à forme de paralysie spinale antérieure subaiguë;
4- Myélite chronique, à forme de téphromyélite antérieure chronique (atrophie musculaire progressive).
Ils insistent dans leurs conclusions sur la localisation principale de toutes ces maladies sur les cornes antérieures, fait que le titre môme du présent paragraphe cherchait à mettre en évidence dès notre deuxième édition.
Plus récemment, la question des rapports existant entre les diverses poliomyélites et de leur succession possible chez un même sujet a été reprise par Raymond3 * dans son Traité des amyotrophies et par Rendu 1 dans ses cliniques. — Rémond 5 6 * en a publié une observation remarquable, où le réveil de l’infection s’est fait dans la moelle à trente et un ans d’intervalle. — Saltler0, Sterne1 et, tout dernièrement, Grandon8, en ont
1 Sinkler ; The amer. Journ. of. med. Sc., 1878 ( Revue des Sciences médicales, XV, pag. 53o).
2 Ballet et Dutil ; Revue de Médecine, 1884, pag. 18.
2 Raymond ; Traité des Maladies amyotrophiques , 1889.
1 Rendu; Atrophie musculaire progressive et paralysie infantile ; in Leçons de Clinique médicale, 1890, pag. 3o3.
2 Rémond ; Progrès médical, 1889.
6 Sattler ; Thèse de Paris, 1888, n° 3i5.
i Sterne ; Rapports de l'atrophie musculaire progressive avec la paralysie spinale aiguë et la paralysie infantile ; Thèse de Nancy, 1890-91.
s Grandon ; Relation de l’atrophie musculaire de l’adulte avec la paralysie infantile ; Thèse de Paris, 1893.
PARALYSIE SPINALE AIGUE DE L’ADULTE
faille sujet de leurs thèses; — Blocq ' y a insisté à nouveau dans un travail d’ensemble sur les poliomyélites. — Enfin, cette année même, Bernheim1 2 y est revenu dans un important mémoire, où il tire de l’analyse soigneuse de 19 observations {empruntées pour la plupart au travail de Ballet et Dulil et à la thèse de Sterne) les conclusions suivantes : «Sur une ancienne paralysie spinale infantile peut venir se greffer, longtemps après la première affection, soit une paralysie spinale de l’adulte, soit une atrophie musculaire progressive spinale. Entre ces diverses maladies existe une relation qui s’explique par une diathèse locale prédisposant aux poliomyélites antérieures, diathèse soit consécutive à la paralysie infantile, soit congénitale et préexistant à cette dernière.»
1 Blocq; Des Poliomyélites, in Gazette hehlomadairc, 1891, pag. 10C.
■ Bernheim ; Des Poliomyélites antérieures aiguë, suhaiguë et chronique, greffées sur la paralysie in/antile, in Revue de Médecine, janvier iS<j3.