CONVULSIONS DU FACIAL
§ II. Convulsions du facial ^ — Nous dirons d'abord un mot des convulsions toniques, qui dans le domaine de la septième paire sont plus rares que les convulsions cloniques.
La contracture unilatérale du facial est assez fréquente après la paralysie rhumatismale de ce nerf ; elle a été bien décrite par Duchenne dans ce cas, mais elle se présente bien rarement dans d'autres circonstances *. — Cette contracture apparaît graduellement et envahit successivement les divers muscles de la face, et peu à peu elle dévie ainsi la figure du côté opposé à celui de la déviation primitive produite par la paralysie.
Quand cette contracture est complète, on observe la raideur ou la déviation d'une moitié de la face, qui reste immobile dans la mimique, dans le jeu de la physionomie ; l'œil est plus fermé que l'autre, etc.
Dans les convulsions cloniques, Erb étudie à part la convulsion diffuse et la convulsion partielle. C'est une division utile à garder, au moins pour la description symptomatique.
La convulsion diffuse de la face constitue le tic convulsif non douloureux des auteurs. Signalé déjà par Arétée et observé partons les anciens, il a été étudié à part à notre époque. Nous citerons le travail de François de Louvaia^en 1843, quia été le point de départ d'une série de Mémoires parus depuis.
Les Causes en sont souvent inconnues et la maladie paraît spontanée. D'autres fois on retrouve l'influence des éléments pathogéniques généraux des affections nerveuses ; ce qui le prouve notamment, ce sont les cas où l'on constate une hérédité manifeste. Ainsi, Blachea observé trois enfants dans la même famille ; Piédagnel a vu la mère et la fille; Delasiauve, le frère et la sœur ; Gintrac, deux frères; Rosenthal, la mère, un fils, une fille et deux autres parents du côté maternel, frappés de la même maladie.
— Les émotions et l'imitation ont aussi une influence pathogénique reconnue par tout le monde.
Les causes peuvent encore agir directement ou par voie réflexe sur le facial. — Directement, ce sont les mêmes genres d'agents que pour la paralysie du facial, tels que plaies, contusion delà face, surtout à la région orbitaire (peut-être y a-t-il alors action réflexe) ; les traumatismes chirurgicaux, compression par une tumeur, etc. — Ainsi, Schuh a vu ces convulsions produites par un cholestéatome à la base du cerveau ; Romberg, par une inflammation des ganglions lymphatiques au-devant du tronc du facial ; Oppolzer, par une carie du rocher ; Rosenthal et Remak, par une
1 Duchenne; Électr. local. — Erb ; Hdb. Ziemssen. — Troisier; Dict. encycl.
— Gintrac; Nouv. Diciionn. Méd. etChir.pral. —Rosenthal; Mal. Syst. nerv.
— Eulenburg ; Leiirb. d. Nervcnkrank . , tom. II.
2 Nous avons déjà cité un fait de Duploy et un fait de Terrier de contracture traumatiquc du facial.
Otite ; Debrou, par l'ouverture d'un abcès à la région parotidienne, par l'ablation de diverses tumeurs à la face. — Du reste, nous pourrions reproduire ici toutes les causes de paral^^sie du facial, puisque l'un de ces états peut se transformer en l'autre.
L'action réflexe a surtout son point de départ dans le trijumeau. Ainsi, le tic douloureux peut se transformer en tic non douloureux ; par suite, toutes les causes de névralgie trifaciale peuvent être inscrites ici : dents cariées, corps étrangers, etc. — Le froid a une double action possible, par l'intermédiaire de la cinquième et de la septième paire.
Quelquefois l'action réflexe a son point de départ plus éloigné : vers intestinaux, maladies utérines, etc.
L'action centrale sur le facial peut encore produire des effets analogues, que l'on doit exclure du tic douloureux vrai, mais qu'il faut connaître pour les distinguer de celui-ci. C'est surtout quand la lésion siégera à la partie inférieure de la zone motrice corticale que ces phénomènes se produiront.
Enfin les causes générales, comme le rhumatisme, peuvent aussi être invoquées, ainsi que les névroses plus complexes, comme la chorée.
Symptômes. — Le phénomène caractéristique est une contraction rapide des muscles innervés par le facial, d'où une grimace difficile à décrire, analogue à l'effet d'un courant électrique ; les lèvres, l'aile du nez, sont soulevées et produisent une expression de rire sardonique ; les yeux clignotent, le front se phsse.... Romberg a même vu des mouvements dans le pavillon de l'oreille. — Ces phénomènes sont d'autant plus remarquables en général qu'ils ne se produisent que d'un côté, et le contraste est extrême avec l'autre moitié de la figure, qui garde son expression ordinaire.
Chacune des secousses dure très-peu de temps, mais elles se succèdent, et par leur réunion forment un accès. La maladie est ainsi formée d'une série de paroxysmes séparés par des repos. Ces paroxysmes, de durée variable, sont d'abord provoqués par des causes internes, telles que les émotions, une fatigue, un mouvement des muscles atteints, ou seulement l'attention portée par le malade à son infirmité ; mais plus tard ces crises surviennent spontanément ou sous l'influence de causes futiles.
Certains muscles, comme le stylo-hyoïdien, le digastrique et le voile du palais, restent le plus souvent indemnes.
Ces convulsions s'irradient quelquefois aux muscles voisins appartenant à un autre domaine nerveux, par exemple à l'hypoglosse (langue), au masticateur, au spinal (trapèze, sterno-cléido-mastoïdien).
Les crises ne s'accompagnent d'aucun phénomène douloureux : de là son nom même de tic non douloureux.
Malgré tous ces troubles de motilité, il n'y a pas de paralysie ; l'action volontaire s'exerce dans des conditions parfaitement normales sur ces muscles, dans l'intervalle des paroxysmes ; rarement on observe une légère diminution de motilité. — On ne constate aussi aucune modification sen-