CONVULSIONS DU FACIAL
sible dans la réaction électrique du facial et des muscles qu'il innerve ; ni troubles vaso-moteurs ni troubles sécrétoires/
Dans un cas, Bouvin a noté un goût salé tout particulier dans la bouche, et dans un autre Erb a constaté un bruit dans l'oreille pendant l'accès.
Grœfe, Remak, Hitzig, ont attiré l'attention sur ce que l'on appelle les points d'arrêt. Dans beaucoup de cas de convulsion, il y aurait certains points particuliers sur lesquels il suffit de presser pour arrêter les spasmes. Ces points d'arrêt se rencontrent quelquefois dans le tic non douloureux : ce sont les points mêmes de la névralgie trifaciale. Grsefe a décrit en outre d'autres points secondaires qui se développent dans le cours de la maladie, sont plus ou moins éloignés des premiers et ne déterminent qu'un arrêt incomplet.
Les accès peuvent durer même la nuit pendant le sommeil ; d'autres fois ils disparaissent. D'après Jaccoud, cette dernière circonstance prouverait que la maladie est d'origine réflexe.
J'arrive aux couYuhions partielles. Le tic général que nous venons de décrire débute souvent par quelques muscles auxquels il semble limité, et puis il se généralise ultérieurement. En dehors de ces faits, il y a aussi des cas où le sujet a un tic circonscrit dans certains muscles de la face et restant toujours circonscrit à ces muscles. Ainsi, il aura par moments une crampe des zygomatiques et le rire sardonique ; ou bien un spasme dans l'élévateur du nez et de la lèvre supérieure, ou même dans les muscles de l'oreille.
Un mot spécial doit être consacré aux convulsions limitées à l'orbiculaire des paupières : elles constituent le blépharospasme ou le clignotement, suivant qu'elles sont toniques oucloniques.
Le blépharospasme a été bien étudié par de Grsefe. L'œil se ferme par accès intermittents de plus ou moins de durée, de quelques minutes à quelques heures ; la durée peut même s'étendre à des semaines et à des mois, et la cécité peut terminer la scène. Il est difficile de décrire les bizarres contractions, les grimaces, que font les sujets pour luttera l'aide des antagonistes contre ce blépharospasme. L'action de la lumière, les efforts d'accommodation, l'occlusion des yeux ou leur ouverture pour un examen, les émotions, etc., provoquent des crises, qui surviennent tout d'un coup ; les yeux se ferment subitement.
Quelquefois, en pressant sur certains points, on peut déterminer la réouverture également brusque de l'œil. On trouve habituellement ces points suspensifs quand on les cherche; souvent les malades les découvrent euxmêmes. L'effet de la pression surc.es points d'arrêt se maintient en général quelque temps; d'autres fois cependant il ne dure que pendant la pression.
Ces points sont ceux de la nôvalgic trifaciale, et spécialement le susorbitaire. On peut aussi en trouver au niveau de la colonne cervicale ou
même au plexus brachial. Le repos peut encore être obtenu par la galvanisation de ces points (Remaki .
Le blépbarospasme est le plus souvent d'origine réflexe, par excitation du trijumeau et de ses branches oculaires. C'est ainsi qu'agissent toutes les inflammations de l'œil, scrofuleuses ou herpétiques; les ulcérations de la conjonctive et de la cornée ; les traumatismes et les corps étrangers du àlobe oculaire ; la névralgie sus-orbitaire, etc. — Ainsi encore agissent les ulcérations buccales, les dents cariées et les diverses névralgies du trijumeau. — Quoique la cause soit unilatérale, le spasme se produit en général des deux côtés.
Le clignotement est présenté par bien des gens, même physiologiquement, sous l'influence d'une lumière vive. En général, il précède le blépharospasme et v conduit. L'étiologie est la môme que celle des convulsions toniques. Son histoire ne présente rien despéciaU.
A. Robin^ a cité des faits qui prouvent le rôle étiologique que peuvent jouer la méningite, la cborée, l'hystérie et même l'épilepsie, dans la production dublépharospasme. Les lésions corticales (pli courbe, Féré) peuvent aussi développer ce symptôme.
La Marche de ces convulsions est irrrégulière et variable suivant les cas, le plus souvent progressive et chronique. La Durée est quelquefois indéfinie et peut s'étendre à toute la vie ; la maladie peut cependant aussi guérir. La o-uérison radicale et rapide est la Terminaison ia plus rare ; la guérison partielle avec récidives est ce que l'on observe îe plus souvent. Le Pronostic varie, d'après ce que nous venons de dire. Le Diagnostic est en Général aisé ; la maladie est facile à voir et à reconnaître ; le seul point important est d'en déterminer la cause et de savoir notamment si elle est d'origine centrale ou périphérique.
Le rraiîeme/i^ s'adressera d'abord à la cause : au refroidissement ou au rhumatisme, par les sudorifiques, les bains de vapeur, etc.; aux causes périphériques connues, par une action directe : avulsion d'une dent cariée, traitement d'une ulcération, ophthalmie. On a même tenté la névrotomie du nerf sensible en cause.
Comme traitement direct, on préconise beaucoup l'électricité. Benedikt déclare que tous les cas récents sont guéris par ce moyen, mais que les cas anciens résistent. Erb a vu.au contraire, beaucoup de cas récents résister à tous les genres d'applications électriques, et il considère une certaine ancienneté de la maladie comme un élément de succès. On emploie de préférence le courant galvanique descendant, allant du nerf au muscle. — Dans les cas qui s'y prêtent, on peut pratiquer l'électrisation des points d'arrêt.
' Nous avons placé parmi les spasmes fouctionaels un fait intéressant, observé par Richey, de convulsions cloniques des paupières supérieures. 2 Th. d'agrég. citée, pag. 172.
CONVULSIONS DE l'hypoglosse. 839
La considération et le traitement du point d'arrêt auraient, d'après de Grœfe, une importance toute spéciale dans le blépharospasme.
Les narcotiques, injections sous-cutanées de morphine, chloroforme, atropine ; le curare, les antispasmodiques divers, ont été essayés.
De violents efforts de volonté suffisent quelquefois pour faire disparaître un tic ; de Greefe en a cité un exemple pour le blépharospasme. Duchenne recommande beaucoup l'intimidation pour arrêter un tic au début, chez les enfants. Si les punitions ne suffisent pas, on pratique une électrisation douloureuse, les yeux bandés, et on menace de recommencer si le tic continue.
On a encore préconisé la section du facial, malgré la paralysie qui en résulte, ou la simple pression prolongée de ce nerf. Dieffenbach a même pratiqué la section sous-cutanée d'un muscle atteint^.
§ IIL Convulsions de l'hypoglosse. — Les convulsions de ce nerf sont très-rarement isolées ; elles ne sont assez fréquentes que dans les névroses plus complexes. — On peut observer dans la langue des mouvements variés, dans les divers muscles des contractions fibrillaires, ou des convulsions toniques déformant la langue d'une manière bizarre.
Eulenburg cite quelques observations rapportées par divers auteurs. Ainsi, Fleury a vu chez un sujet des convulsions cloniques ou toniques dans les muscles innervés par la douzième paire toutes les fois qu'il essayait de parler ou que seulement il en avait l'intention : c'était une espèce de spasme fonctionnel. Dans le cas de Valleix, c'était une crampe tonique qui fixait la langue immobile contre la voûte palatine. Dans un fait de Pauthel, c'étaient au contraire des convulsions cloniques.
Comme étiologie, on a noté des lésions de l'écorce cérébrale (centres corticaux) ou du bulbe, des névroses, comme la chorée, l'épilepsie ou l'hystérie ; des réflexes, spécialement de la cinquième paire ; l'atrophie musculaire progressive et la paralysie labio-glosso-laryngée.
L'étude spéciale de ces convulsions n'est en somme pas faite, et même ne parait pas possible dans l'état actuel des documents réunis.
1 Eulenburg a récemment fait connaître un cas de prosopospasrae grave, qui est résumé par le titre suivant de l'observation : « Blépharospasme et tic convulsif de la moitié gauche de la face, durant depuis plusieurs années, avec hyper* algésie, points douloureux et par moment irradiations étendues ; galvanisation, injections de morphine, atropine, curare, etc, sans résultats, ainsi que la névrotomio du sus-orbitaire ; extension du nerf facial (Hiiter) ; disparition de la convulsion, mais en même temps paralysie totale consécutive de tous les rameaux faciaux ; suppression du goût dans la moitié antérieure de la partie gauche de la langue ; forme moyenne de la réaction de dégénérescence ; retour des convulsions clouiques-toniques dans les muscles des lèvres à gauche, disparition de la paralysie.» [Sentralbl. f. Nerv., 111, 113.)
840 MALADIES DïS NERFS ET NÉVROSES.
§ IV. Convulsions du spinal. — h'Étiologie est très-obscure dans la plupart des cas. Tout ce que l'on sait de net, c'est que la cause peut siéger en des points très-variés du trajet du nerf. Du côté des centres, ce sont les tumeurs, les ramollissements, les hémorrhagies dans le cerveau, dans l'écorce corticale notamment ; d'autre part, les lésions de la moelle et de la colonne vertébrale^ ; puis enfin des lésions périphériques des nerfs euxmêmes.
Le refroidissement, l'humidité, agissant sur le corps en sueur, ont produit ces convulsions ; il y a aussi les causes réflexes, comme la dentition, les vers intestinaux, les maladies utérines, les troubles digestifs ; quelquefois même les émotions morales.
Enfin on a noté l'état puerpéral et le typhus.
Les Symptômes varient suivant que les convulsions sont cloniques ou toniques.
1. Les convulsions c/o/iigî<es peuvent frapper le sterno-cléido-mastoïdien et le trapèze d'un côté ou des deux côtés, ou un seul de ces deux muscles.
Si le sterno-cléido-mastoïdien est pris, on observe un mouvement caractéristique de la tête ; le menton est tourné du côté opposé au muscle malade et porté en haut ; la nuque est abaissée, l'oreille et l'apophyse mastoïde sont rapprochées de l'épaule du côté atteint. C'est une forme de tic rotatoire qui fait exécuter au malade une sorte de mouvement de dédain. Chez un sujet que j'ai observé il y a quelque temps, la tête exécutait un mouvement analogue à celui que l'on fait quand on est gêné par son fauxcol. Quand le trapèze est atteint, la tête est tirée en bas du côté malade, avec une légère rotation du menton vers le côté opposé et élévation de l'épaule, le scapulum se rapprochant de la colonne vertébrale. Le type varie du reste suivant la partie du muscle frappée.
La tête peut même être fortement tirée en arrière, l'occiput et l'épaule se touchant presque et le menton montant au contraire en l'air. C'est ce qui arrive chez une femme qui était à l'hôpital Saint-Eloi en 1878 et qui est prise, dès qu'elle marche, d'une convulsion complexe des muscles du dos et de la nuque d'un côté, et tout spécialement du trapèze. La convulsion, clonique d'abord, devient bientôt tonique si la malade ne se couche pas^.
Si les deux muscles sont frappés simultanément, on observe les mouvements combinés des deux derniers types, avec prédominance variable de l'un ou de l'autre muscle.
Si la crampe est bilatérale, le plus souvent la tête oscille, branle d'un
1 Euleoburg a vu se développer une crampe tonique persistante du spinal droit après une chute de cheval sur la colonne vertébrale.
- Desnos a récemment (8 janvier 1880) présenté à la Soc. méd. des Hop. une curieuse malade atteinte de spasme du sterno-cléido-mastoïdien gauche .