‹ Traité pratique des maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 114 sur 147 · CONVULSIONS DES NERFS P.ACHIDIENS · texte numérisé non relu

CONVULSIONS DES NERFS P.ACHIDIENS

mots à dire des spasmes des muscles respiratoires, qui méritent une mention spéciale.

La contracture du diaphragme a été décrite expérimentalement, théoriquement en quelque sorte, par Duchenne, en 1853, et observée ensuite cliniquement chez l'homme par Valette.

Quand le diaphragme se contracture, la hase du thorax s'agrandit surtout transversalement ; l'épigastre et les hypochondres se soulèvent ; la suffocation est extrême. Le malade respire le plus possible par le haut de la poitrine, la tête renversée en arrière, les épaules élevées ; tous les muscles extraordinaires de la respiration entrent en jeu. Puis ces mouvements do respiration s'affaiblissent, se ralentissent, et l'asphyxie se développe. Si la contracture se prolonge, la mort est inévitable. — La contracture de la moitié du diaphragme gêne fortement la respiration, mais n'amène pas l'asphyxie.

Les causes le plus souvent notées sont : le refroidissement, le rhumatisme, la tétanie, etc.

Il faut employer un traitement énergique et immédiat : inhalations de chloroforme, morphine et surtout applications électriques, galvaniques, ou mieux faradiques (?) .

La convulsion clo7iique du diaphragme constitue le hoquet, dont l'étude appartient plutôt à la séméiologie pure. Larcher le définit : une tension subite du diaphragme, immédiatement suivie d'une bruyante éructation, d'une respiration incomplète et d'un mouvement naturel d'expiration. Erh y voit des contractions brusques, énergiques et courtes du diaphragme, accompagnées d'un bruit inspirateur qui est coupé tout à fait subitement par la fermeture de la glotte.

Il y a du reste des variétés symptomatiques très-grandes. Les secousses sont plus ou moins vives et généralisées, plus ou moins rapprochées ; elles durent plus ou moins longtemps et s'accompagnent d'un bruit d'une intensité variable.

Comme étiologie et valeur pronostique, on trouve aussi entre les divers hoquets des différences énormes. D'un côté, c'est un état physiologique trèsfréquent chez les enfants, qui chez l'adulte accompagne quelques digestions difficiles ou peut même se produire sans cause connue ; quelquefois il naît par imitation, et certaines personnes peuvent l'avoir à volonté. D'un autre côté, c'est un signe d'agonie dans beaucoup de maladies. Entre ces deux extrêmes, on trouve le hoquet comme symptôme de bon nombre de maladies diverses du diaphragme et de son voisinage.

Nous croyons inutile d'insister ici sur la valeur clinique et le traitement ^ de ce symptôme.

1 Regoni a fait disparaître un hoquet tenace (survenu à la suite (i"une indigestion) par des pulvérisations d'éther au creux épigastrique et sur chaque côtô du cou. [Londonmed. Record, juin 1879. — Compend, Thérap., Bouchut 1880, 184.)

A côté de ces formes classiques et bien connues des convulsions des muscles de la respiration, Erb en décrit quelques autres.

Le spasme inspirateur est une convulsion spasmodique et plus ou moins fréquente, non-seulement du diaphragme, mais de tous les muscles inspirateurs, même extraordinaires. Il en décrit des observations. L'expiration est ensuite naturelle.

Chez les hystériques, on observe aussi une forme de spasme caractérisée par des respirations courtes et fréquentes, comme celles d'un chien haletant.

\j éternument est une forte inspiration accompagnée d'une sensation particulière dans le nez, suivie d'une violente expiration explosive pendant laquelle l'air s'échappe surtout par la bouche. Il peut se reproduire trèssouvent, des centaines et des milliers de fois de suite, dans quelques cas particuliers, physiologiques ou pathologiques.

Dans le hâillement, il y a une série plus ou moins grande du mouvement suivant : inspiration profonde, lente, bruyante, avec bouche ouverte et contraction particulière des muscles de la cavité buccale et de la gorge, suivie d'une expiration assez sonore et traînante.

La toux est une expiration brusque, convulsive, avec relâchement du diaphragme et fermeture de la glotte.

Les rires, les sanglots, sont aussi des spasmes expirateurs.

Les détails que comporteraient ces questions appartiennent à la physiologie et à la séméiologie, et ne sont nullement du ressort de la pathologie médicale.

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