‹ Traité pratique des maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 136 sur 147 · DES TEMPÉRATURES PÉRICRAMENNES OU CÉPHALIQUES · texte numérisé non relu

DES TEMPÉRATURES PÉRICRAMENNES OU CÉPHALIQUES

Dans une première série d'expériences, il montre : 1. que les couches superficielles du cerveau sont moins chaudes que les profondes, et que la différence de température va en diminuant à mesure qu'on s'éloigne de la périphérie ; 2. que la différence de température observée entre les régions superficielles et les régions profondes du cerveau résulte de la déperdition de chaleur qui s'opère par les enveloppes de cet organe (téguments, crâne, etc.); 3. que la température profonde du cerveau est inférieure de 0°,! à 00,2 à celle du sang de l'aorte thoracique, ce qui tient à ce que le sang artériel subit une légère perte de chaleur en traversant le cou; 4, que la section du sympathique cervical produit bien une certaine élévation thermique dans les couches corticales du cerveau, mais que ce phénomène est sous la dépendance de l'élévation de température des téguments delà tête.

Dans une deuxième série de recherches, il a voulu déterminer l'influence que les variations de température intracrànienne exercent sur les variations de température péricrânienne. Mais il ne s'occupe que de la conductibilité physique des parois du crâne, et nous avons déjà dit, à propos des travaux d'Ed. Maragliano, que ce genre de recherches ne nous paraît pas dénature à éclairer la question ; l'hyper thermie crânienne, si elle existe, est un phénomène vaso-moteur ; la question est toujours de savoir si elle a une relation avec l'état de la circulation encéphalique, comme la rougeur de la pommette avec l'inflammation du poumon.

Comme conclusion à ce chapitre, nous devrions indiquer la température physiologique moyenne du crâne, mais ici l'embarras est grand et nous ne pouvons que donner le tableau ci-contre (pag. 1070).

Ce qui ressort le plus nettement de ces chiffres, c'est leur variabilité, qui prouve les nombreuses causes d'erreur accumulées dans cette question.

Nous terminerons en reproduisant simplement et sous réserves les conclusions par lesquelles Biaise clôture ce chapitre dans sa Thèse.

«1° Il est fort douteux que des thermomètres appliqués sur les téguments du crâne traduisent fidèlement les oscillations de la température du cerveau.

»2° En conséquence, il aurait mieux valu remplacer l'expression : thermométrie cérébrale, par celle de thermométrie péricrânienne: mais comme l'usage l'a consacrée, il nous semble préférable de ne pas la modifier, afin d'éviter des confusions regrettables.

))3° La thermométrie dite cérébrale paraît peu susceptible d'application utile à l'étude des localisations cérébrales.

»4° Dans l'état normal, les températures dites cérébrales oscillent dans des limites assez étendues, auxquelles nous croyons pouvoir assigner comme termes extrêmes 37" et 34" C. Ces oscillations sont la conséquence d'influences multiples, variables comme intensité, dont les unes dépendent de l'individu, les autres du milieu ambiant.

»5° La température des régions frontales est ordinairement un peu supé-

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