‹ Traité pratique des maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 135 sur 147 · DES TEMPÉRATURES PÉRICRANIENNES OU CÉPHALIQUES · texte numérisé non relu

DES TEMPÉRATURES PÉRICRANIENNES OU CÉPHALIQUES

thermomètres : 1. A la région fronto-pariétale , immédiatement à côté de l'apophyse orbitaire externe; 2. A la région pariétale ou temporale, audessus de l'oreille (c'est à peu près le pied du sillon rolandique) ; 3. A la région occipitale, à 5 centim. environ de la ligne médiane et au même niveau que les précédents.

Il constate une élévation plus considérable de la température du côté gauche pour les trois régions, la décroissance des températures en allant d'avant en arrière de chaque côté, et enfin ce fait que les différences de température entre deux régions successives sont en général moins marquées à gauche qu'à droite.

Carter Gray* continue cette étude, maintenant scientifique. Il donne des moyennes physiologiques, les température? maxima et l'influence de la lecture.

Paul Bert * reprend la question avec les appareils thermo-électriques. Il trouve la température locale toujours plus élevée au front qu'à la tempe et à la tempe qu'à l'occiput. Quelquefois supérieure, d'autres fois égale , la température gauche n'est jamais inférieure à celle de droite. La lecture à haute voix et avec eff'ort intellectuel n'entraînait aucune modification thermique ou la produisait à gauche, mais jamais à droite.

La même année , Voisin ^ donnait aussi le résultat de quelques mensurations thermométriques chez des sujets sains,

La même année encore. Ed. Maraghano" a essayé d'abord de montrer la conductibilité des parois crâniennes pour prouver que les thermomètres péricrâniens reflètent bien l'état de la température cérébrale. Pour cela, sur des cadavres il remplit le crâne avec de l'eau chaude à diverses températures et prouve l'influence sur des thermomètres placés de l'autre côté du crâne. — Ces expériences ne prouvent rien pourl'être vivant. Ici, en effet, la conductibilité physique disparait à cause des réactions nerveuses et vasculaires 'qui modifient incessamment la température propre de chaque tissu. Schiff a bien montré que le grand sympathique intervient dans la production des températures péricrâniennes; c'est donc un acte vital, et l'on ne peut rien conclure de l'expérience de physique pure faite par Maragliano sur le cadavre.

Le même auteur fait ensuite un grand nombre de mensurations à l'état physiologique, chez l'homme et la femme, à différents âges, dans divers états d'activité cérébrale, pendant le sommeil ou la veille.

A ce dernier point de vue, il constate que la température s'élève pendant le sommeil normal et s'abaisse au contraire dans le sommeil produit par le laudanum ou le chloral.

* New-York med. Journ., août 1878. — Anal. mRev. des Se. méd. 2 Soc. de Dlol., 19 janvier 1879.

^ France médicale, 1879, 89-90.

* Lo Sainte, 1879, 23-24 el Riv. clin, di Dologna. 1880.

PaulBert * a trouvé au contraire, au moment du réveil, une élévationde température.

D. Maragliano et Seppilli ^ ont, comme Ed. Maragliano , communiqué au Congrès de Pise des mensurations de thermométrie céphalique à l'état physiologique.

Lombard, que nous avons trouvé dès 1868 dans ces études, a plus récemment publié sur la question un grand travail que Hénocque a fait connaître'. Il divise la surface de la tête en un très-grand nombre de régions distinctes qu'il étudie soigneusement avec un appareil thermo-électrique ; puis il recherche l'effet absolu de l'activité mentale sur les différentes régions de la tête, compare ensuite les résultats obtenus et analyse enfin l'effet des émotions.

Il constate ainsi des élévations qui lui font conclure que l'activité cérébrale se propage de la partie antérieure aux parties moyenne et postérieure, d'un hémisphère à l'autre du cerveau, sans avoir de siège de prédilection; l'élévation moyenne variant de 5 à 40 millièmes de degré pour le travail, allant jusqu'au dixième pour les émotions ; étant plus fréquente à gauche pour le travail intellectuel et à droite pour les émotions.

Amidon, de New- York "*, a voulu faire une application nouvelle de la thermométrie cérébrale. Il détermine soigneusement la topographie crâniocérébrale par la méthode de Broca, Féré et Turner ; puis il cherche à contrôler le siège des centres corticaux de Ferrier, en se basant sur le principe suivant.

Il admet que le fonctionnement de certains groupes musculaires produit dans les centres corticaux de ces muscles et dans la région péricrânienne correspondante une élévation locale de température. Il met donc sur la tête une série de thermomètres, fait remuer l'avant-bras pendant dix minutes, et note le centre de ces mouvements par le siège de l'hyperthermie. Il trouve ainsi vingt-cinq centres psycho-moteurs, dont quinze seulement sont placés dans la zone motrice de Ferrier.

Nous n'insisterons pas sur cette expérimentation ingénieuse, mais discutable, qui n'a pas encore dit son dernier mot et contre laquelle on peut accumuler les objections. Disons seulement que Paul Bert et Biaise n'ont pas pu constater d'élévation thermique péricrânienne sous l'influence des contractions musculaires.

Fr. Franck^ a énoncé plusieurs de ces objections et a soumis la question de la thermométrie cérébrale à un nouveau travail de critique expérimentale.

1 Soc. deBioL, 24 avril 1880,

* Riv. speriment. difr.et di med. kg., 1879, 1 et 2.

3 Gaz. hebd., 1880, 19.

'^ Arch. of Med., april 1880.

5 Soc. de BioL, 19 mai 1880.

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