‹ Traité pratique des maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 30 sur 147 · COUCHES OPTIQUES · texte numérisé non relu

COUCHES OPTIQUES

acquises sur des régions moins bien connues, comme les couches optiques, les corps striés, etc.

Nous ne trouverons pas ici des conclusions bien précises ni bien utiles. Mais il ne faut rien négliger ; c'est un commencement que l'avenir développera certainement. — C'est là une revue de physiologie pathologique dans laquelle nous aurons plus à citer qu'à conclure.

§ I. Couches optiques. — Les couches optiques, leur nom l'indique, ont paru d'abord avoir des rapports très-intimes avec la vision. On les considérait comme étant l'aboutissant des bandelettes optiques. Plus tard, on les dépossède de ce rôle, au bénéfice des tubercules quadrijumeaux. Vulpian admit que les lésions de cet organe n'ont pas d'influence directe et constante sur la vision ; et Galezowski, analysant 62 cas de lésion delà couche optique, ne trouva que 17 fois l'amaurose, d'où il conclut à l'absence de relation.

Cette opinion est peut-être trop absolue. Dans un travail récent', Lussana et Lemoigne admettent que l'écorce blanche superficielle de la couche optique aune influence positive sur la vue, tandis que la substance grise nucléaire n'en a aucune.

Après avoir étudié et critiqué tous les faits de lésion de la couche optique, Nothnagel dit, dans son dernier ouvrage, que les troubles de la vue peuvent survenir dans la lésion du tiers postérieur de la couche optique; il est encore impossible de dire avec certitude si c'est une ambl y opie croisée ou une hémiopie latérale homonyme. Mais on ne doit pas, par ces seuls troubles visuels, diagnostiquer sûrement une lésion de la couche optique, puisqu'ils se rencontrent avec d'autres localisations (lobes occipitaux, tubercules quadrijuneaux, bandelettes optiques).

D'autres auteurs ont attribué aux couches optiques un rôle important dans la sensibilité.

Pour Toùd et Carpenter, ce serait là l'aboutissant des faisceaux postérieurs de la moelle, et par suite le siège du sensorium commune. Le fait anatomique est en lui-même inexact, et Vulpian a démontré que les lésions expérimentales ou cliniques des couches optiques n'affaiblissent pas la sensibilité.

Luys et Fournie ont cependant encore admis que ces ganglions seraient les centres de perception simple des sensations ; leur lésion abolirait la sensibihté, tout en conservant les mouvements. Mais Carville et Duret ont discuté la valeur des expériences de Fournie, faites avec des liquides qui diffusent, et entraînant chez l'animal des convulsions qui rendent l'examen fort difficile.

Nothnagel, Ferrier, admettent comme Vulpian que les couches optiques

* Arch. de Physiol, n" 1, 1877.

n'ont pas d'action sur la sensibilité générale. C'est aussi la conclusion de Lussana et Lemoigne.

Pour la motilité, les anciens admettaient que les lésions d'une couche optique entraînent l'hémiplégie du coté opposé, plus accusée au membre antérieur qu'au membre postérieur. Vulpian, en 1866, conteste cette prédominance de la paralysie au membre antérieur, du moins comme caractère spécial aux lésions delà couche optique; mais il admet l'hémiplégie.

Les expériences récentes sont venues modifier ces conclusions. Nothnagel enlève les deux couches optiques chez un lapin : pas de trouble de motilité, et l'animal vit encore assez longtemps. Ferrier électrise les couches optiques et ne produit aucune contraction musculaire.

Ces ganglions ne seraient cependant pas sans influence sur la motilité, d'après Meynert et Nothnagel. Quand on enlève une couche optique, l'animal reste droit sur ses pattes, sans paralysie de la sensibilité ni de la motilité; toutefois, si l'on écarte avec précaution la patte antérieure opposée sans lui faire perdre l'équilibre, l'animal ne la ramène pas.

Pour Nothnagel, ni les fibres sensitives ni les fibres motrices directes ne passeraient par la couche optique ; seulement c'est là qu'arriveraient les impressions extérieures pour produire les mouvements inconscients. D'après Meynert, la couche optique recevrait des fibres centripètes , enverrait aux muscles des fibres centrifuges, et serait en même temps mise en relation avec l'écorce grise par d'autres fibres centripètes.

Une excitation partie de la périphérie va à la couche optique, s'y réfléchit et produit un mouvement inconscient ; en même temps l'écorce grise est prévenue et garde des images de ces mouvements; ces images rendent ensuite possible la reproduction consciente de ces mêmes mouvements ♦.

A l'appui de sa manière de voir, Meynert rapporte deux faits cliniques qui nous paraissent trop peu concluants pour être cités ici. Nous remarquerons seulement, dans un cas , une action croisée sur les fléchisseurs et directe sur les extenseurs, ce qui nous conduit aux conclusions de Lussana et Lemoigne.

D'après ces derniers expérimentateurs, l'innervation des mouvements de latéralité des membres antérieurs chez les mammifères a son siège dans les couches optiques. La lésion d'un de ces organes paralyse l'adduction du

1 Ces mouvements inconscients sont ce que les Allemands appellent psychisclireflectorisch. Nothnagel cite l'exemple suivant pour en faire comprendre la nature. Dans certaines hémiplégies faciales, la moitié atteinte de la face ne se contracte pas volontairement, mais se contracte, comme le côté sain, sous l'influence d'affections psychiques, par exemple dans le rire, les pleurs, la douleur. Cette double manière de se comporter peut faire supposer une double source d'innervation. — Nothnagel est tenté de faire passer par la couche optique ces incitations inconscientes ou involontaires.

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