CHAPITRE IL
PARALYSIE BULBAIRE AIGUË ^
Nous serons très-bref sur la description de cette forme morbide, qui ne repose encore que sur trois observations de Leyden.
Nous reproduirons simplement ce qu'en a dit ce dernier auteur dans son Traité.
« Les symptômes de cette affection sont nets et caractéristiques ; dans les cas types, l'ensemble des manifestations paralytiques répond exactement à ce queDuchenne et Wachsmuth ont décrit sous le nom de paralysie glossolaryngée ou de paralysie bulbaire ; la paralysie de la langue, les troubles de la parole et surtout la paralysie des lèvres et du voile du palais rappellent cette dernière forme morbide, A ces symptômes se joint de la faiblesse ou de la paralysie des membres. Mais ce qui caractérise encore plus nettement la paralysie bulbaire aiguë, c'est la participation du nerf vague
1 Leyden ; Traité clin, des mal. delà moelle qnnitTe, trad. franc, pag. 467. et Arch. f. Fsijch. u. New., Vil, 4, 187G. — Lichtheim ; D. Arcli. f.klin.Med., XVIII. 187G. — Erb; Handb. von Ziemssen, VI, 477.
et du centre respiratoire, d'où résultent de la dyspnée, de l'orthopnée, des râles, et, comme conséquence dernière, une mort rapide. L'observation que nous avons relatée est remarquable par l'apparition précoce des symptômes graves et par sa brusque terminaison. Il est permis de croire que tous les cas n'ont pas la même gravité et que, lorsque les lésions sont plus restreintes, elles sont compatibles avec la vie. Beaucoup de paralysies bulbaires à forme apoplectique ne sont probablement autre chose que de la myélite bulbaire aiguë ».
Au point de vue anatomique, cette maladie est caractérisée par de petits foyers de ramollissement, mal circonscrits, dans la moelle allongée. Dans deux cas, le bulbe paraissait sain à l'œil nu et à l'état frais ; consistance, couleur, forme, tout paraissait normal. Dans le troisième, au contraire, on voyait macroscopiquement un foyer de ramollissement avec de nombreux petits extravasats.
Après durcissement, on put, dans les trois cas, déterminer l'existence, le siège et les dimensions des foyers de myélite.
On voit que ces observations se rapportent à des formes aiguës, rapides, de paralysie labio-glosso-laryngée, qui, par la nature de leur processus et surtout par le siège de leur lésion (au niveau du noyau du pneumogastrique) , affectent une marche toute différente de la marche ordinaire de la maladie de Duchenne.