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PARALYSIE DE LA LANGUE

jusqu'à la protubérance, la langue est déviée et se porte du côté des muscles paralysés, par suite de la prédominance du génio-glosse sain dont on connaît la disposition oblique. La déviation du voile du palais est inconstante ; il est quelquefois abaissé du côté paralysé. De même, la luette peut être déviée en divers sens.

1. Lésions corticales. — Chez le singe, Ferrier a placé à l'extrémité inférieure de la frontale ascendante, au niveau du pied de la troisième frontale, le centre de l'ouverture de la bouche avec extension au dehors et rétraction de la langue. L'action de ces centres serait plus ou moins bilatérale, ce qui fait que leur destruction unilatérale ne provoque pas de paralysie complète, mais seulement une légère faiblesse unilatérale, ou hémiparésie des mouvements oro-linguaux.

Raymond et Artaud ont réuni dix observations (Hitzig, Charcot et Bail, Verneuil, Dugout-Bailly, Rosenthal, Barlow-Ferrier) de glossoplégie ou tout au moins de troubles divers de motilité de la langue d'origine corticale. Ils en concluent que le centre des mouvements des muscles de la langue, et par suite l'origine corticale de l'hypoglosse, est dans le pied de la frontale ascendante.

Ce centre est distinct du centre de l'aphasie (pied de la troisième frontale gauche) ; il est du reste bilatéral et croisé. Dans la même région (pied de la frontale ascendante) se trouvent encore le centre du facial inférieur et celui de la branche motrice du trijumeau. Cette zone est représentée en sépia (fig. 1 delà PI. XI), tandis que le centre du langage est marqué en jaune sur la même figure.

2. Centre ovale. — Lépine ( a attiré l'attention sur le syndrome «paralysie labio-glosso-laryngée », d'origine non plus bulbaire mais cérébrale. Il ajoute à son observation un cas de Magnus (1887), et deux d'Oulmont. Raymond et Artaud ont rapproché de ces observations un fait personnel et huit autres cas (Kirchoff et Quincke, Féré, Barlow, Jolly, Eisenlohr, Ross). — Nous retrouverons ailleurs2 l'étude du diagnostic différentiel entre cette paralysie labio-glosso-laryngée d'origine cérébrale et la maladie de Duchenne (d'origine bulbaire) ; c'est là une question très actuelle et qui a, dans ces derniers temps, donné naissance à un grand nombre de travaux. Nous ne nous occupons actuellement que de la localisation de la lésion.

Or, tous ces faits montrent que les fibres de l'hypoglosse, du facial inférieur et de la branche motrice du trijumeau se trouvent dans le faisceau frontal inférieur de Pitres (fig. 5 de la PI. XI, teinte sépia), de même que les conducteurs de la parole se trouvent dans le faisceau pédiculo-frontal inférieur (fig. 4 de la PI. XI, teinte jaune). — Le plus souvent, la lésion cérébrale (dans ces cas de paralysie labio-glosso-

Lépine ; Revue mensuelle, 1877, 909.

3° partie, art. II, chap. I.

310 MALADIES DE L'ENCEPHALE.

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