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CORPS CALLEUX. 3C

Bristowe ' a retrouvé, dans les cas des tumeurs du corps calleux une symptomatologie assez constante pour en tracer le tableau suivant :

i° Tumeurs à marche continue, progressive, insidieuses d'abord, puis aboutissant petit à petit à des hémiplégies classiques; — 2° bientôt à ces symptômes d'hémiplégie s'ajoutent des signes plus ou moins obscurs de paralysie de l'autre côté du corps; — 3° en même temps, dépression intellectuelle considérable allant jusqu'à la stupidité, avec regard vague, indifférence aux objets qui entourent les malades, difficulté de mastiquer et de conserver la nourriture dans la bouche, salivation involontaire et persistante, disparition de la parole, plutôt par le fait de la stupeur cérébrale que de la difficulté à remuer la langue et articuler les mots; — 4°.enfinî intégrité des nerfs oculo-moteurs et des autres nerfs crâniens, et absence constante d'accès convulsifs épileptoïdes ; mort dans le coma. La céphalée existe mais d'une façon modérée ; la névrite optique peut manquer ; en tout cas, elle se montre à titre de symptôme tardif.

De même, Bruns2 conclut de recherches très complètes sur la question que le diagnostic probable de tumeurs du corps calleux peut être posé quand se trouvent réunies les conditions suivantes :

i° Existence des symptômes d'une affection cérébrale organique évoluant avec lenteur et augmentant constamment d'intensité ; 2° Présence de phénomènes d'hémiparésie ou de paraparésie ; 3° Constance d'un état dément très prononcé, contrastant avec l'insignifiance ou le manque des signes généraux des tumeurs (céphalée, vomissements, convulsions, œdème de la papille) ;

4° Absence de symptômes autorisant l'idée d'une autre localisation. Mais, ajoute-t-il, il ne faut jamais oublier que : i° d'autres affections telles que des tumeursdu lobe frontal, des tumeurs multiples, peuvent déterminer les mêmes phénomènes morbides ; 2° les symptômes d'une tumeur du corps calleux peuvent varier suivant les régions du cerveau qu'elle envahit.

Tout récemment, Déjerine'* a constaté la dégénérescence de diverses régions du corps calleux à la suite d'altérations de l'écorce cérébrale.

Les physiologistes ne sont pas plus unanimes que les cliniciens.

Koranyi * déclare n'avoir obtenu aucun trouble par la section du corps calleux, si l'organe est divisé sans produire de lésion des hémisphères.

D'autre part, Mott et Schœfer5 ont provoqué, par l'électrisation du

1 Beistowe ; Brain, oct. 1884, pag. 3i5.

2 Bruns ; Berl. kl. Woch., 24-3i mai 1886.

3 DÉjKRiNE ; Société de Biologie, 25 juin 1892.

* Koranïi; Arch. f. die Gesammte Phys., XLVII, pag. 35. (Rev. des Se. médie., XXXVI, pag. 435.) 6 Mott et Scblefer ; Brain, juillet 1890, pag. 174.

Grasset, 4* édit- 24

corps calleux avec des électrodes garnis de paraffine pour limiter leur

zone d'application :

Des mouvements de la tête et des yeux, par l'excitation du genou;

Des mouvements de la tête, de l'épaule et du tronc, par des excitations pratiquées en arrière de cette zone ;

Des mouvements des bras et des mains, en opérant plus loin encore;

Des mouvements de la queue et des membres inférieurs, en agissant tout à fait en arrière.

En sectionnant un hémisphère, ces expérimentateurs ont noté, par l'excitation du corps calleux, des mouvements unilatéraux du côté opposé à l'excitation.

Dans les autres cas, l'excitation du corps calleux provoque des mouvements bilatéraux. Les fibres constituant le corps calleux s'entrecroiseraient donc et ne passeraient pas directement dans la capsule interne. Le corps calleux serait, d'après Mott et Schœfer, en relation avec la zone motrice de l'écorce.

En somme, la lumière est loin d'être faite sur les fonctions du corps calleux ; pour cet organe comme pour les noyaux gris centraux, on est encore à se demander s'il a une activité propre ou s'il constitue une zone indifférente, dont les altérations ne provoqueraient des troubles symptomatiques que grâce à un retentissement exercé par les lésions qui l'envahissent sur les territoires environnants.

§ IX. Ventricules cérébraux. — Nous avons déjà dit un mot des ventricules, dans le chapitre précédent, à propos des convulsions et des contractures précoces. Nous pouvons maintenant consacrer à cette région un paragraphe spécial, d'après l'important travail de Sanders * .

Cet auteur a pu réunir 94 cas d'hémorrhagie ayant leur origine, soit dans le ventricule lui-même, soit en un point de ses parois. Nous n'insisterons ici que sur la séméiologie, les autres considérations étant communes aux hémorrhagies cérébrales ordinaires. Cette séméiologie se résume dans les tableaux suivants, qui expriment le diagnostic différentiel entre l'hémorrhagie ventriculaire et l'hémorrhagie cérébrale d'une part, méningée de l'autre.

1 Sanders ; The Amer. Journ. of. the med. Se, juillet 1881 ; — anal, in Arch. de Neurol., 1882, III, pag. 100; et IV, pag. 227.

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