CHAPITRE PREMIER
CIRCULATION DU CERVEAU ET LIQUIDE CEPHALO-RACHIDIEN THERMOMÉTRIE CÉRÉBRALE OU PÉRICRANIENNE.
I. C'est Haller qui a donné la première description précise des artères du cerveau. Avant lui, Casserius avait bien décrit le cercle auquel Willis donna plus tard son nom' . Mais enfin c'est la description de Haller qui est restée exacte jusque dans ces derniers temps.
En 1874, Duret a publié sur la circulation de l'encéphale une série d'articles importants, dont il est indispensable de connaître la substance pour comprendre la pathologie cérébrale2.
A la base du cerveau, la saillie des lobes forme une sorte d'infundibulum très évasé, surtout en avant. C'est au centre de cet infundibulum que se trouvent les troncs artériels; les veines, au contraire, occupent de préférence la convexité des hémisphères.
Les artères forment là ■ ce qu'on appelle l'hexagone de Willis ; mot impropre qui devrait être remplacé par celui de polygone ou de cercle de Willis*.
Ce cercle est alimenté par quatre gros troncs artériels: les deux carotides en avant, les deux vertébrales en arrière. Les premières abordent perpendiculairement la base du cerveau. Les secondes, au contraire, dirigées obliquement d'arrière en avant, s'unissent sur la ligne médiane et forment le tronc basilaire. Vers le bord supérieur de la protubérance, le tronc basilaire se bifurque et donne naissance aux cérébrales postérieures, qui sont, à leur origine, presque perpendiculaires à la direction du tronc basilaire.
1 On trouvera un historique complet de la question dans la Thèse de Lucas ; Paris, 1879; 25.
2 Heubner est arrivé, à Leipzig, à des résultats très analogues à ceux que Duret obtenait au même moment à Paris. C'est le même jour (7 décembre 1872) que Duret présentait son travail à la Société de Biologie et que Heubner publiait lésion dans le Centralblatt. — On trouvera le travail complet de Duret dans les Archives de Physiologie, i8?4, pag. 60.
3 Testut (Traité d'Anatomie, 1891) insiste sur l'existence, à la base de l'encéphale, d'un polygone veineux qui, en dépit des assertions contraires, répondrait exactement au polygone artériel 'de Willis (Voy. PI. I, flg. 3).