‹ Traité pratique des maladies du système nerveuxChapitre 60 sur 115 · III. PORENCÉPHALIE · texte numérisé non relu

III. PORENCÉPHALIE

On désigne sous le nom de porencéphalie des pertes de substance du cerveau, se présentant sous forme de cavités (porus), intéressant les circonvolutions sur une étendue variable, et pénétrant plus ou moins profondément dans l'intérieur des hémisphères, quelquefois jusqu'aux ventricules (fig. 21, PI. XIV et XV).

Cette affection ne doit pas être confondue avec l'atrophie cérébrale, qui se traduit par une simple diminution de volume, et non la disparition complète, de certaines circonvolutions, — ni avec l'anencéphalie ou la pseudencéphalie, que l'on observe chez certains monstres, dont la voûte crânienne présente souvent une solution de continuité et dont le cerveau n'est représenté que par un simple moignon.

La porencéphalie a reçu son nom de Heschl (de Cracovie), qui lui a

' Giacomini ; Acacl. de Méd. de Turin, 1889-90. — Arch. ital. de Biol., XV, pag. 63.

PORENGÉPHALIE.

consacré plusieurs travaux, de 1859 à 1868. Elle a été très complètement étudiée par Kundrat (1882) *, qui a parachevé sa description. Enfin

Fig. 21.— Porencéphalie (d'après Hirt).

elle a fait l'objet, en 1888, d'une monographie très complète d'Audry2, où l'on trouve le relevé de tous les cas connus, au nombre de io3.

La perte de substance peut siéger sur les deux hémisphères ou d'un seul côté. Dans le cas de porencéphalie unilatérale, il n'est pas rare que l'hémisphère resté indemne subisse une hypertrophie compensatrice. On a vu, d'autre part, dans quelques cas, la porencéphalie double se traduire par la destruction de l'étage supérieur des deux hémisphères.

Les méninges sont habituellement intactes et ne présentent ni épaississement ni adhérences ; on note souvent l'absence de la pie-mère au niveau de la perte de substance. Quand la solution de continuité s'étend jusqu'aux ventricules, on voit ordinairement les méninges accolées à la membrane ventriculaire et la cavité ventriculaire communiquer librement avec l'espace sous-arachnoïdien. Il existe fréquemment un certain degré d'hydrocéphalie concomitante 3.

1 Kundrat ; Die Porencéphalie, 1882.

2 Audry ; Revue de Médecine, 1888.

3 Du manque de certaines circonvolutions on peut rapprocher l'absence ou l'état rudimcntairc de diverses parties du cerveau : corps calleux, trigone, tubercules mamillaires, commissure grise. Ce sont là des anomalies congénitales, rapportées en général à un arrêt de développement, à une hydrocéphalie survenue pendantla période de formation fœtale, ou consécutives, d'après quelques auteurs, à un traumatisme survenu pendant l'accouchement.

Voyez sur V absence ou le développement insuffisant du corps calleux :

RiChter ; Virchoiv's Archiv. 1886, pag. 106;

Kaufmann ; Arch. f. Psych. und Nerven., 1887, XIX, pag. 769 ;

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