CHAPITRE ni
DEMENCES ORGANIQDBS
Les lésions organiques circonscrites du cerveau, quelle qu'en soit la nature (foyers de ramollissement, foyers d'iiémorragies, tumeurs, etc..) peuvent s'accompagner d'un affaiblissement intellectuel progressif, compliqué ou non de conceptions délirantes. Cette sorle de démence présente des caractères généraux absolument semblables à ceux de la démence sénile. Les conceptions délirantes concomitantes sont aussi de môme nature : tantôt ce sont des idées hypocondriaques puériles, tantôt des idées vagues de persécution ; plus rarement ce sont des idées de grandeur passagère sous l'influence d'une poussée congestive ou inflammatoire vers les centres nerveux.
Nous n'entreprendrons pas une description spéciale de tous les cas qui peuvent se présenter, chose d'ailleurs impossible; nous nous contenterons, en renvoyant à la description de la démence sénile, d'insister sur quelques particularités résultant du siège de la lésion, cause première des troubles psychiques observés.
{a) Les foyers formés sur le territoire des artères cérébrale antérieure et sylvienne sont les plus graves au point de vue intellectuel ; la gravité est encore plus grande si le foyer occupe l'hémisphère gauche du cerveau.
(h) En eff'et, les individus atteints d'iiémiplégie droite présentent une obtusion, une apathie, une insensil)ilité complètes ; leur démence est le plus souvent tranquille ; ils sont inertes, indifférents à ce qui les entoure ; bavardent d'une façon incohérente (({uand ils ne sont pas apliasiques) et ne peuvent que d'une façon très passagère arrêter leur attention sur une idée quelconque. Quand ils s'agitent, leur agitation est tout automatique; ils vont, viennent, se perdent, se trompenl de lit ou d'apparte-