CHAPITRE III
DE l'hystérie.
Définition. — Étiologie : hérédité, sexe, âge, climats et conditions hygiéniques, fonctions génitales. — Début et marche. — Symptomatologie : attaques convulsives, spasmes, syncopes, coma, catalepsie. — Des troubles intellectuels dans rhystérie : modifications du caractère et de l'intelligence ; délire survenant au moment de l'accès convulsif ; folie hystérique et ses variétés : manie, mélancolie, délire partiel avec ou sans hallucinations, liypochondrie, hallucinations isolées, impulsions irrésistibles, démence ; folie hystérique épidémique. ' — Traitement.
§ l*'. — Dénnition.
Vhystérie est une névrose caractérisée principalement par des accès convulsifs qui s'accompagnent de la sensation d'une boule qui remonte de l'épigastre vers la gorge, et par des troubles variés de la motilité, de la sensibilité et de l'intelligence, persistant à un degré plus ou moins marqué dans l'intervalle des accès.
L'histoire détaillée de l'hystérie est faite dans tous les traités spéciaux; nous nous contenterons ici d'en indiquer brièvement les traits principaux , notre but spécial étant de faire ressortir les troubles intellectuels qui accompagnent cette névrose et d'établir leur connexité avec la folie.
Cette connexité se démontre non-seulement par ce que^ l'observation nous apprend sur la coexistence peu rare des deux névroses, mais encore par l'analogie que présentent quelques-unes de leurs causes.
§2. — Ktiologic.
1° Hérédité. — M. Briquet (i) a prouvé par des chiffres imposants que parmi les parents des hystériques, on en trouve au moins un quart, c'est-à-dire 25 pour 100, ayant pré-
(1) Trailc clinique et thérapeutique de Vhyslérie^ Paris, 1859.
55A DE L HYSTÉniE.
sente dos all'eclions cérébrales, hysléiie, épilepsic, aliénation jnenlalc, (anilis qu'en faisant des reclierclies sur les antécédents héréditaires de lemnies n'ayant jamais oft'ert de symptômes d'hystérie, il n'a Irouvé qu'un nombre d'adections nerveuses représenté par 2 pour iOO. D'où il résulte que les enfants nés de ])arenls hystériques sont, par le fait de l'hérédité, douze fois j)lus prédisposés à l'hystérie que les sujets nés de parents non hystériques. La transmission par la mère seujble plus fréquente que la transmission par la ligne paternelle.
2" Le sexe est une des causes les plus essentielles de l'hystérie, puisque celte maladie se rencontre à peu près exclusivement chez la femme. Il existe sans aucun doute des cas réels d'hystérie chez l'homme, mais ils sont relativement rares, et la science pourrait sans peine les compter. Ajoutons que nous n'avons aucune notion précise .sur l'état intellectuel de ces malades, et que, dans un cas que j'ai observé, j'ai seulement constaté des dispositions mélancoliques qui existaient dans l'intervalle des accès et constituaient une simple nuance de l'état mental.
3" On a dit que Xàge exerçait une influence notable sur la production de l'hystérie, que la femme n'était sujette à cette aflection qu'autant que le système génital avait pris tout son développement et jouissait de la plénitude de ses fonctions, c'est-à-dire depuis la puberté jusqu'à la ménopause. M. Briquet, à l'aide de statistiques nombreuses, a victorieusement combattu celte assertion, fondée sur une opinion préconçue des relations de l'hyslérie avec les fonctions utérines. 11 a fiiit voir qu'un cinquième des cas d'hystérie se développait avant la puberté ; qu'un peu plus du tiers se développait de quinze à vingt ans, époque où l'hystérie est à son maximum de fréquence. De vingt à vingt-cinq ans, la prédisposition s'afl'aiblit de moitié, bien que les fonctions utérines n'aient rien perdu de leur énergie;