‹ Traité pratique des maladies mentales (volume 2)Chapitre 15 sur 141 · PINEL, ESQIJIROL KT LEURS CONTEMPORAINS · texte numérisé non relu

PINEL, ESQIJIROL KT LEURS CONTEMPORAINS

d'un esprit distingué, dans lequel se trouve résumée la pratique du maître, et qui offre une grande tendance aux recherches anatomo-pathologiques et à l'observation positive : Georget a fait à la folie l'application constante des lois de la pathologie et de la thérapeutique générales, et le premier il a isolé la stupidité. Leuret, au contraire, partant de la psychologie pure, regardait l'aliéné comme un homme qui se trompe et appliquait dans toute sa rigueur le traitement moral que nous aurons à étudier.

A côté d'Esquirol et.de son école apparurent, surtout à l'étranger, d'autres travaux empreints d'un caractère systématique infiniment plus tranché et qui apphquèrent à l'élude de la folie les idées théoriques opposées qui divisent le monde médical depuis que la science existe. Tandis que Broussais dans son Traité de r irritation et de la folie [1828] cherchait à localiser cette maladie et expliquait par un excès d'irritation tous les troubles de l'intelligence, en Allemagne, les médeciiîs se refusaient à admettre que la folie eût sa source dans une altération organique. Pour Heinroth [1773- 18/i3] la folie est une maladie de l'ànie et se confond avec le péché ; les déviations pathologiques, pour ce qui regarde les lésions des organes, sont secondaires. C'était l'idée de Stahl poussée jusqu'à son extrême logique. Stahl admettait l'âme comme présidant par sa force autocratique à l'activité générale, comme réagissant en vertu de sa puissance curative et conservatrice contre la consomption inhérente à la matière : si le régime de l'économie est troublé, c'est que l'idée elle-même est troublée, et l'origine de ce trouble c'est la désobéissance à la mission que l'homme a reçue, c'est-à-dire toute tendance contraire aux lois morales (1). Celte théorie à laquelle Ideler donna tout son développement, devait naturellement trouver la cause des affections

(1) V. Lasègue cl Morel, loc. cit.

MARCÉ. — MAL MF.NT,

Page 1