‹ Traité pratique des maladies mentales (volume 2)Chapitre 27 sur 141 · SÉCRÉTIONS · texte numérisé non relu

SÉCRÉTIONS

Clioz les mélancoliques, dont, toutes les sécrétions diminiKMil d';il)()M(lance, rurine est rare, de couleur foncée, épaisse et bourbeuse; c'est un point f|u'Esquirol avait déjà signalé. Les sédiments sont plus abondants, ils sont formés d'acide urique et d'uralc, cl l'on rencontre dans le li(|uidc un excès d'urée et une grande (|uanlité de cellules épitliéliales; en même temps sa pesanteur spécifi(|ue est plus considérable (1).

Dans la manie, l'urine jjeul offiir des variations d'aspect, de densité, de composition chimique, mais ces variations me semblent tenir à des conditions individuelles et non à l'état maniaque proprement dit.

Dans la démence, dans la paralysie générale, la rétention d'urine, la nécessité de recourir au cathétérisme rendent souvent ce liquide alcalin, en même temps que le catarrhe concomitant de la vessie favorise le développement du muco-pus et rend l'urine trouble et fétide, mais cette altération ne dépend nullement de l'état de l'encéphale et s'observe dans tous les cas où l'excrétion urinaire se faisant avec difficulté, la vessie ne se vide pas d'une manière complète.

En somme, l'examen de l'urine chez les aUénés n'a conduit jusqu'ici à aucune conclusion positive. Chez un grand nombre de malades j'ai recherché la présence de l'albumine; je ne l'ai constatée que deux ou trois fois et dans des proportions très minimes. Burnett (2), Simpson (3) ont rapporté quelques faits de manie puerpérale coexistant avec de l'albuminurie; bien plus, dans deux cas l'excitation maniaque apparaissait et disparaissait avec l'albumine des urines, mais ces faits devraient, pour avoir quelque valeur, être dégagés

;i; V. Sutherland et Rigtiy, Analyses oflhe urine of insane patients in Saint- Luke's hospilal, if<Uli (Ann. méd.-iJsycU., t. IX, 1847, p. Mib).

(2) Ttie Asylum, journal of 7nental science, Pathology oflhe wine in insa~ nity, oc'iibrc 185.5.

(3) Edinburgk mcdicalJournai, fév. 1857.

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<lc loiilc complication ; il iiiiporlc siirloiit que chezlafcmmo réccmmcnlacconcliéel'accès maniaque ne soit pas conscculif à (les convulsions éclamptiques. On sait en cffcl que l'albuminurie et rcclauipsie sont deux phénomènes ayant entre eux (les connexions inlinies; d'un autre côté, personne n'ignore que les affections convulsives se terminent (juclquefois par des troubles intellectuels, sans (ju'on ait besoin d'invoquer comme état palliologiijue intermédiaire l'albuminurie, en sorte que cette dernière, alors même qu'elle existerait, ne pourrait pas légitimement être regardée comme la cause des désordres de l'esprit. Cett<3 question mérite des investigalions ultérieures, mais dans l'état actuel de la science on peut dire, sans hésiter, que l'albuminurie est rare chez les aliénés, et qu'elle ne joue qu'un rôle très douteux dans la pathologie mentale.

La présence du sucre dans l'urine me paraît également très peu fréquente. Je l'ai recherchée souvent non-seulement dans la manie et la mélancolie, mais encore dans la paralysie générale, après les accès convulsifs épileptiformes, dans l'hystérie, dans l'épilepsie; or, jamais je n'en ai trouvé de traces, et sur ce point j'adopte complètement les conclusions du travail de M. Michéa, rectifiant les affirmations de M. Alvaro lleynoso (1), relatives à la présence du sucre dans les urines toutes les fois qu'il y avait eu un accès convulsif avec tendance à l'asphyxie et gêne passagère de l'hématose.

§ G — l<:tat du sang.

L'étude de la composition chimique du sang chez les aliénés n'a donne jusqu'ici que des résultats peu accentués : il faut les accueillir avec d'autant plus de réserve que les difficultés très considérables que présente l'analyse chimique

(1) Acad. desscicnccs, séance du 15 décembre 1851.

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