‹ Traité pratique des maladies mentales (volume 2)Chapitre 32 sur 141 · CHAPITRE lU · texte numérisé non relu

CHAPITRE lU

Marclie de la folie. — Type continu, réniillent, intermittent.

Des crises dans la folie; crises par rétablissement des fonctions physiologiques; par révulsion ou substitution ; par cessation de la cause d'une folie sympathique.

La folie peut, dans sa marche, revêtir le type continu, rémittent ou intermittent.

1" Type continu.

Le type continu est rare et, en général, est rie mauvais augure. Ce n'est guère que dans les formes incurables que l'on observe cette uniformité parfaite, cette invariabilité absolue dans les symptômes dont quelques cas de démence, de stupeur chronique , fournissent des exemples.

2° Type rémittent.

Le type rémittent est sans contredit le plus favorable au point de vue de la guérison; il est aussi le plus commun. Et en effet, la plupart des cas d'aliénation mentale, tout en offrant dans l'ensemble de leur marche, mais d'une manière mal limitée, une période d'augment, d'état et de déclin, présentent d'un jour à l'autre des alternatives incessantes d'aggravation et d'améhoration au milieu desquelles la maladie suit son cours en conservant ses caractères spéciaux. Ne pouvant soumettre ces oscillations à des lois précises, ind iquonsdu moins les circonstances qui influent sur leur retour.

Aune vive exaltation, quelle que soit sa durée, succède en général un calme relatif ; après une journée très mauvaise, un malade agité passe souvent une nuit tranquille, et réciproquement, après une journée calme, les chances sont grandes pour que l;i nuit s:e passe sans sommeil.

MAnCli. — MAL. Mr"!T. 6

Les grandes chaleurs accuiiipayiiées (!'( traites, les Iruiils vifs et secs au<;inenlent rexcilalion et le délire des aliénés : ce l'ail csl siirloul sensible dans les grandes réunions de malades oii raj^i;r.ivali(}ii des symptômes se traduit jiar un redoublement manil'esle dans le bruit, le désordre et toutes les manilestalioiis délirantes.

Les alVeclions mentales s'exaspèrent souvent au printenips ; l'automne est la saison des rémissions et parlant celle qui Iburnil le plus ,t;rand nombre de guérisons.

C'est une opinion depuis longtemps populaire que les diverses phases de la lune agissent sur l'état des aliénés et amènent une exacerbation périodique dans tous les symptômes : d'après Daquin (l),les nouvelles lunes et les derniers quartiers sont de tous les points lunaires ceux qui exercent une intlucnce rédle et puissante : cette observation est loin d'avoir été confirmée par les recherches des observateurs modernes qui, tout en reconnaissant dans la folie des exacerbations mensuelles, n'ont pu saisir de corrélations constantes entre ces exacerbations et les révolutions lunaires.

Il n'en est pas de même de la menstruation, fonction qui, jouant un rôle si important dans l'étiologie de la fohe, devient en outre, chez les aliénés, pendant la période d'état de la maladie, le point de départ presque constant d'une aggravation périodique dans tous les symptômes : tantôt ce paroxvsme a lieu au moment même des époques, tantôt il les précède, tantôt enhn il les suit. Dans tous les cas, ce l'ait, par sa constance, devient utile au point de vue des indications thérapeutiques.

Les émotions morales, les excitants extérieurs, les écarts de régime, deviennent tout autant de motifs accidentels d'une afïgravalion passagère qui. disparaît avec la cause qui lui a donné naissance.

Les rémissions qui oui; heu dans l'intervalle des pa-

[i) La pliilosopitie de la folie, Pari», 179'i, p. bô.

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