TYPE INTERMITTENT
roxysmes peuvent être plus ou moins accentuées : on voit des malades, surtout des monomaniaques, chez lesquels le délire se circonscrit singulièrement pendant les périodes de calme; ils peuvent dissimuler leurs préoccupations maladives, se maintenir et en imposer pour une guérison, bien qu'au fond les idées délirantes restent les mêmes, prêtes à rej)rendre leur empire au premier paroxysme. Chez les maniaques, chez les mélancoliques, on observe des rémissions de cette nature, mais l'inaptitude au travail, l'insomnie, un reste d'excitation ou de déjiression indiquent que la rechute est prochaine : la paralysie générale elle-même , bien que liée à un état organique dont la marche est fatale, présente parfois dans ses symptômes les plus graves une rémittence (jui peut se prolonger pendant des années entières et faire croire à une heureuse terminaison, lorsque au bout de ce temps la maladie reprend sa marche habituelle.
La rémittence peut aller jusqu'à l'intervalle lucide complet, signe avant- coureur d'un bon augure, qui, variable dans sa durée, dans son mode d'apparition, dans son degré, se rencontre principalement dans les formes aiguës conlme la manie et est en général l'indice d'une prochaine améhoration.
3° Type intermittent.
Dans le type intermittent, on voit tous les symptômes cesser brusquement pour reparaître au bout d'un intervalle qui peut être d'un ou de plusieurs jours, d'une ou de plusieurs semaines, d'un mois, d'une année : c'est ainsi qu'il existe des manies et même des mélancohes intermittentes à type tierce , quarte , hebdomadaire , mensuel , annuel ; dans d'autres cas, Tintermittence est de durée fort inégale et ne semble soumise à aucune périodicité fixe. Le fait de l'intermittence qui en pathologie iniklicale comporte avec lui un heureux pronostic en ce sens qu'il est facilement accessible aux antipériodiques, est au contraire fort grave en médecine
8â MARcm: de la folie.
mcnlalo lorsqu'il rsl bien iiclloriioiil accusé, et, à moins qu«^ la périudicilé no suit liée à un ctat funclionncl connue la mcnslruation, indiciue presque toujours l'incurahilité.
A côté de rinlermittcnce signalons une altt'rnance très remanjuable que l'on rencontre entre la manie et la mêlant colie, lesquelles s'associent entre elles pour constituer un accès à double Ibrnie se re[troduisant p(''riodi(iuement ou à intervalles inégaux ; tantôt ces accès se succèdent sans interruption, tantôt ils sont séparés par un intervalle lucide : nous étudierons plus tard cette variété de folie, conurie une aflection distincte sous le nom de folie à forme.
Lorsque, arrivée à sa période de déclin, la folie à inarche continue ou rémittente doit se terminer parla guérison, l'amélioration s'opère en général avec lenteur : le délire perd peu à peu de son intensité; le malade est moins agité ou moins absorbé. Son attention peut se fixer sur les objets extérieurs, il se rapproche de ceux qui l'entourent, les interroge, cherche à se rendre compte de l'endroit où il se trouve, des faits qui se sont passés pendant sa maladie : il raisonne ces liuts, les apprécie, coordonne ses souvenirs, et loin de chercher à justifier ses anciennes idées délirantes comme on le voit dans les fausses convalescences, a la conscience du trouble qui a égaré son esprit. La sensibilité morale revient, il demande ses parents, ses amis, et s'informe des événements qui les concernent ; il le fait avec calme, avec un sentiment d'aflection profonde, mais mesurée, bien différent de cet empressement immodéré et toujours dangereux que présentent certains malades pour être rendus immédiatement à la liberté, pour revoir leurs parents et reprendre leurs occupations. En même temps la physionomie prend un aspect plus normal; les traits sont reposés, souvent un peu amaigris, comme il arrive après des (lèvres graves, alors que la période de turgescence est passée; le sommeil devient chaque jour plus pro-