DES CUISES DANS LA FOLIE
Lorsqu'un accès de folie a parcouru ses périodes ei marche verslaguérison, on a dit que cette heureuse terminaison ne s'opérait jamais sans l'apparition de phénomènes critiques; en un mot on a ap[)liqué à la folie la doctrine des crises prise dans son acception la plus étendue.
Escpiirol, suivant en cela la pensée d'IIippocrate et de Galien, ne regarde la guérison comme constante que lorsqu'elle a été signalée par quelque crise sensible. Si la folie passe si souvent à l'état chroniciuc, c'est, dit-il, que les eflorts critiques sont rarement parfaits et souvent avortés.
On sait que pour les anciens la crise est un effort salutaire de la nature qui se soulève contre la matière morbififjue et cherche à l'expulser. Cette matière morbifique peut être évacuée au dehors ou bien expulsée seulement de la masse du sang et déposée en quelque point de l'économie. Les phénomènes critiques sont ceux qui résultent de ce mouvement des humeurs peccantes en voie d'élimination ; le plus souvent réputés favorables, ils se produisent à certains jours appelés yo^^'s critiques.
Il est incontestable que dans la folie certaines évacuations, certains phénomènes morbides coïncident parfois avec une amélioration très notable des symptômes ou une guérison qu'on est en droit de leur attribuer en tout ou en partie; mais si l'existence des phénomènes dits critiques est démontrée par l'expérience, il y a loin de ce fait d'observation à l'idée théorique telle que l'avaient énoncée les anciens. La doctrine des jours critiques a été contestée de tout temps comme contraire même aux observations hippocratiques, et les symptômes critiques eux-mêmes font très souvent défaut, sans que la guérison venue graduellement et sans secousses, soit moins complète et durable. Bien plus