DES ILLUSIONS. — DÉFINITION
ques cas exceptionnels, disparaissent avec la cause qui leur a donné naissance. Dans la manie, dans la mélancolie, leur pronostic n'est pas autre que celui de la maladie première, mais dans la monomanie elles sont l'indice d'un délire infiniment plus grave et plus tenace; dans la paralysie générale, elles n'ont qu'une importance secondaire et disparaissent presque constamment après la première période de la maladie.
Les hallucinations survenant d'emblée, et non consécutivement à un délire déjà organisé, guérissent plus facilement (|ue les autres; limitées à un seul sens, elles sont moins graves que lorsqu'elles sont multiples ; celles de la vue sont moins tenaces que celles de l'ouïe. Toutes empruntent à leur durée un pronostic variable; des hallucinations n'existant que depuis un petit nombre de mois, de semaines, sont plus facilement accessibles aux moyens de traitement, tandis que la chronicité diminue singulièrement les chances de guérison.
Il faut enfin ne jamais oublier qu'au point de vue des actes qui peuvent en résulter, les hallucinations sont une des formes les plus graves de folie, et nécessitent par elles-mêmes une rigoureuse surveillance, et que le suicide, l'homicide, l*incendie, les mouvements de violence instantanés, font des hallucinés la catégorie d'aliénés la plus dangereuse à tous égards.
§1". — UéflniUon.
L'illusion diffère de l'hallucination en ce qu'elle nécessite toujours une impression réelle, modifiée ensuite parla réaction d'un cerveau en délire ; ce n'est pas autre chose qu'une sensation transformée, une impression sensible vraie perçue d'une manière vicieuse ; riiallucination au contraire est créée
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(le toutes pièces cl n'a jtas liesuiii de l'interventiuii active des sens.
Les illusions et les lialliiciriations, malgré cette diiïérence psychulogique, ollVent les cuiinexions l(;s plus intimes; elles se compliquent, s'associent et se transforment incessaumient; elles ont le même pi'onoslic, car dans les deux cas, ;iinsi (|uc l'a dit M. Aubanel, c'est un délire dont le résultat est une fausse perception; elles ont le même traitement, et sauf (|uel(|ues nuances, ont une liistoiie j)atliulugique identique.
§ 2. — Division.
1° Illusions naturelles. — Il est certaines illusions naturelles qui s'expliquent parfaitement par les lois de la physique : une tour carrée vue de loin paraît ronde ; pour celui qui est dans un bateau, le rivage paraît fuir; le marbre semble plus froid que le bois et que la plupart des autres corps, ce qui tient non à une dilTérence lécUe de chaleur, mais à une simple difléreuce de conductibilité. Tous ces phénomènes, et tant d'autres encore, dont il est facile de se rendre compte, ne doivent pas être rangés, au point de vue delà médecine mentale, parmi les illusions proprement dites.
2" Illusions par lésion des orgu/tes des sens. — On observe des illusions d'un autre ordre dues à des altérations très diverses des organes des sens. Les mouches volantes, la berlue, ont été expliquées par des opacités partielles du cristallin, par des dilatations anévrysniatiques ou d'autres lésions partielles de la rétine. Le tintouin, les bourdonnements d'oreilles, un bruit incessant de cloches, peuvent tenir, soit à une oblitération de la trompe d'Eustache, soit à des lésions des canaux demi-circulaires. On a trouvé dans le passage du sang anémié à travers la carolide interne, près de l'appareil auditif, la cause des bruits confus que perçoivent les chlorotiques, soit pendant l'état de veille, soit même pendant le sommeil, alors qu'en rêvant ils croient être auprès