CHAPITRE PREMIER
Définition. — Fréquence. — Causes. — Début. — Description. — Marche et durée. — Terminaisons : par la guérison, par le passage à l'état chronique, par la transformation, par la mort. — Anatomie pathologique.
Formes de la manie, d'après le degré de l'agitation : manie suraiguë, délire aigu, excitation maniaque. — D'après la nature des idées délirantes : manie religieuse, erotique, ambitieuse. — D'après les causes : manie épileplique, hystérique, alcoolique, puerpérale.
Pronostic, diagnostic et traitement.
§ f <"' — Définition.
La manie a été définie par Esquirol : « une affeclion cérébrale, chronique, ordinairement sans fièvre, caractérisée par la perturbation et l'exaltation de la sensibilité, de l'intelligence et de la volonté fl). »
On peut dire encore, et plus brièvement, que la manie est un délire général qui s'accompagne d'excitation, de conceptions délirantes et d'hallucinations.
La manie est un type bien net, bien accentué et dont l'existence a été reconnue par tous les nosologistes; à part quelques points de détail modifiés par les progrès ultérieurs de la science, le mémoire publié par Esquirol dès 1818 peut
(1) Esquirol, Des maladies mentales, t. II, p. 142.
278 l»i: lA MANIE.
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Surl7'22 malades admis à nîeêlre elà la Salpêlriére pendant l'année .1858, non? trouvons "279 cas de manie : lOà chez les hommes, 175 chez les femmes.
En 1859, sur I8()l malades, "238 cas de manie: 97 pour les hommes, IM pour les femmes.
En 1800, sur 1808 malades, "2(52 cas de manie : 99 foiunis par les hommes, 103 par les femmes.
Enfin, dans un asile privé, sur 228 enlrées, j'ai compté 28 a('( es ilc manie répartis en proportions égales chez les hommes et chez les femmes.
En prenani la moyenne de ces divers chiffres, qui tous d'ailleurs concordent assez exactement, nous arrivons à conclure que les maniaques forment à peu près le septième des malades admis dans les asiles.
§ 3. — C'au^e.*(.
Toutes les causes dont nous avons fait l'histoire en traitant de la folie en général, agissent dans le développement de la manie, et nous ne saurions, sans entrer dans des répétitions inutiles, revenir sur leur étude. (Ju'il nous suffise de rappeler l'hérédité, les excès vénériens et alcooli(|ues, les peines morales, les travaux intellectuels excessifs, et d'insister en peu de mots sur certaines influences dont l'action est plus spéciale.
Af/r. — La manie se déclare surtout de vingt à vingt-cinq ans et de Yingt-cin({ à trente ; c'est la forme qui se développe le plus volontiers chez les sujets au-dessous de vingt ans. Le nomhre des maniaques décroit avec l'acte, et l'on en rencontre très peu an delà de cinquante ans.