GRAND ACCÈS
prompt : la commissure labiale est entraînée jusqu'à l'oreille, le Iront se plisse, les sourcils s'abaissent, les paupières laissent à découvert le globe oculaire roulant dans l'orbite ; les mdchoires, en se rapprochant et s' éloignant alternativement, produisent un violent grincement de dents et saisissent souvent la langue qu'elles lacèrent profondément; les bras, contractés et roidis, éprouvent sept à huit secousses convulsives, pas au delà (Calmeil); les poings sont fermés, et le pouce fléchi est ramené dans la paurne de la main ; les cuisses et les jambes obéissent à la même impulsion, d'autant plus faible qu'on s'éloigne plus de la tête; le tronc, brusquement soulevé, retombe, se tord en divers setis ou bien reste dans un véritable état tétaniqne ; pas de bonds violents comme chez les hystériques; les convulsions se font sur place ou à' peu près. Les mouvements du cœur, violents, tumultueux, s'entendent à une grande distance ; la respiration, sifflante, entrecoupée, se rétablit péniblement , le corps est baigné de sueur; quelquefois il y a des vomissements, des évacuations involontaires et même des émissions sperraatiques.
Cette seconde période, période clonique ou convulsive, dure plus longtemps que la précédente et peut se prolonger plusieurs minutes.
Survient enfin la troisième période, période de co/-^ /apsus : les bras sortent de leur état de roideur, la tête est vacillante, la face pâlit, tous les muscles se détendent, la respiration reprend largement son cours, et les expirations, qui se succèdent rapidement, laissent entendre un ronflement caractéristique. C'est alors que l'air expiré amène efltre les lèvres une certaine quantité de salive écumeuse, rôtigie par le sang qui s'écoule des morsures de la langue et dê la face interne des joues.
Le calme succède à cette scène violente et le système mtlsctilaire, encore agité par un léger tremblement, revient à peu près à une immobilité parfaite. Mais l'insensibilité per-
DE L'Él'lLEl'SlË.
sisle ijendaiiL un temps plus ou moins long; les odeurs les | plus fortes, les excitants les plus énergiques restent absolu- . j ment sans action ; les sujets n'ont aucune conscience des | plaies, des brûlures ou des contusions très graves qu'ils ont j pu se faire pendant la durée de l'accès ; ils restent un quart d'heure, vingt minutes ou même plus sans connaissance, dans un assoupissement profond , la respiration stertoreuse, les muscles dans une résolution complète. Ce n'est qu'au bout de ce temps que le malade revient lentement à lui : l'air hébété, le regard fixe, entendant ce qu'on lui dit, mais ne répondant pas encore ; ses premières paroles expriment les douleurs qu'il éprouve dans la tête, dans les membres, il se sent brisé, courbaturé, sans conserver aucun souvenir de ce qui vient de se passer : la position où il se trouve, le sentiment de fatigue qui l'accable, l'excrétion involontaire de l'urine et des matières fécales, la vue des personnes qui l'entourent et lui donnent des soins, sont les seuls indices qui lui permettent de reconnaître qu'il vient d'avoir un accès.
La stupeur consécutive à l'accès convulsif ne fait jamais défaut; elle peut ne durer que quelques minutes, mais souvent aussi elle se prolonge pendant plusieurs heures et même plusieurs jours chez les individus gravement frappés : on les voit alors oublier leur nom, le numéro de leur salle et de leur lit ; il faut les faire manger, les habiller et surveiller toutes leurs actions, jusqu'à ce que l'hébétude s'efface progressivement : c'est immédiatement après la période de stupeur que, chez les épileptiques aliénés, se développent les troubles intellectuels dont nous parlerons plus loin.
Le grand accès n'est pas toujours unique ; il est des cas où un accès n'a pas encore accompU toutes ses périodes qu'un autre déjà recommence. Les paroxysmes couvulsifs peuvent ainsi se succéder coup sur coup, si bien qu'on peut compter quarante, soixante accès sans interruption, et que la mort peut s'ensuivre : ce sont alors, selon l'ingénieuse dénomina-