‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 141 sur 172 · DÉFINITION · texte numérisé non relu

DÉFINITION

au delà de cet âge, et surtout au delà de quarante ans, époque de la ménopause, il est très rare de voir naître l'hystérie, et ce n'est qu'exceptionnellement qu'on la voit apparaître de quarante à soixante ans.

h° Climat et conditions hygiéniques. — Aucun climat ne semble prédisposer à la maladie. Parmi les conditions sociales, ce ne sont pas celles qui donnent le plus de bien-être, mais au contraire celles qui imposent le plus de privations et de souffrances qui favorisent son développement. Une éducation molle et oisive, de mauvais traitements, une alimentation insuffisante, des émotions morales pénibles agissent dans le même sens, tantôt à titre de causes prédispo^ santés, tantôt comme causes occasionnelles.

5° Fonctions génitales. — Quant à la continence, que tous les anciens auteurs ont signalée, en attribuant les accidents hystériques à la rétention du prétendu fluide séminal, c'est là une influence étiologique que des observations plus précises ont singuHèrement amoindrie. Il résulte des recherches de M. Briquet que les femmes veuves ne sont pas plus que les autres exposées à Thystérie ; que cette maladie est très commune chez les filles pubhques, puisque la moitié au moins en est atteinte ; qu'elle n'est pas plus fréquente chez les personnes qui par état vivent dans la continence; enfin, que dans certains cas, le coït à lui seul suffit pour déterminer des attaques hystériques.

Les mêmes réflexions doivent s'appliquer à l'opinion si souvent défendue que l'hystérie était due à des troubles fonctionnels ou à des lésions organiques de l'appareil génital. On a signalé comme causes de la maladie les irrégularités de la menstruation et l'aménorrhée, les maladies des ovaires, les inflammations de l'utérus et de ses hgaments, les déplacements utérins. Bien des observations, bien des faits d'analomie pathologique ont été cités à l'appui de celte idée ; cependant il résulte d'une discussion approfondie que les

DE . L IIYSTEnil-:.

étals morbides des organes génitaux n'exercent sur la production de l'hystérie aucune influence spéciale; riu'ils agissent sans doute, dans certains cas, soit par l'airaiblissement et l'état cachectique qu'ils déterminent à la longue, soit par les douleurs vives qui les accompagnent; mais qu'en réalité leur mode d'action ne diffère en aucune façon de l'influence fâcheuse exercée par les maladies d'autres organes. C'est donc à tort que l'on a dit et répété que l'hystérie provenait toujours do l'utérus, et que l'on a conseillé d'une manière banale le mariage comme un remède destiné à la guérir. Il a été prouvé que dans la très grande majorité des cas le mariage aggravait ou ne guérissait pas celte névrose, et que dans un tiers des cas tout au plus, il produisait une amélioralion ou une guérison qu'on pouvait rationnellement attribuer, soit cà d'heureuses modifications dans la vie matérielle etdans les fonctions nutritives, soit au rétabhssement des fonctions menstruelles et à la satisfaction de certains sentiments contrariés ou comprimés.

§ 3, — Début et marche.

Le début de l'hystérie, ainsi que l'a établi M. Briquet, se fait de trois manières différentes. Tantôt la maladie commence dés les premières années par une impressionnabihté excessive qui se développe encore avec l'âge et sur laquelle viennent s'implanter des accidents nerveux plus accusés; tantôt l'hystérie se développe plus tard, et d'une manière graduefle, sous l'influence des chagrins, de l'ennui ou des privations, et alors, avant l'explosion définitive de la maladie, on constate divers symptômes nerveux fugitifs qui constituent de véritables prodromes. Enfin, dans un certain nombre de cas qu'on peut évaluer à un tiers, la maladie débute brusquement à la suite d'une émotion morale, d'une vive frayeur : ou l'accès convulsif a heu immédiatement, ou bien il s'écoule quelques heures entre l'action de la cause et le

SYMPTOMAïOLOGIE. 557

moment de l'altaquc, et pendant tout ce temps les malades éprouvent des spasmes, des tremblements qui ne cessent que par l'arrivée des convulsions.

L'attaque convulsive est incontestablement le phénomène le plus saillant de l'affection hystérique, mais autour d'elle viennent se grouper de nombreux symptômes consistant en des troubles divers de la sensibilité, anesthésies, analgésies, hyperesthésies, et des troubles de la mobilité, spasmes, paralysies, enfin en des formes symptomaliques complexes dans lesquelles l'inlelligence se trouve plus ou moins gravement compromise, délire, somnambulisme, extase, coma, léthar-. gie ; ces divers phénomènes s'enchaînent entre eux d'une manière très diverse et peuvent difficilement être soumis, quant à leurs connexions, à une loi invariable; disons cependant qu'il faut distinguer deux variétés dans la marche de l'hvstérie.

Quand la maladie éclate subitement à la suite d'une vive émotion morale, les convulsions s'observent d'emblée, et l'on voit naître autour d'elles, d'une manière plus ou moins rapide, les divers accidents delà maladie, anesthésies étendues, paralysies, déhre, et même accidents fébriles. Lorsqu'auconlraire l'hystérie se développe d'une manière graduelle, on voit sur-, venir d'abord de la pâleur, de l'amaigrissement, de la céphalalgie, des névralgies intercostales, de la tristesse, des étouffements et une grande susceptibilité morale ; ce n'est qu'à la fin, et comme expression complète et définitive de l'affection hystérique, que se développent les attaques convulsives.

§ 4. — ^ymptomatologie.

1° Attaques convulsives.

L'attaque convulsive hystérique débute quelquefois brus- (jucment, plus souvent elle est précédée d'un certain nombra symptômes précurseurs ; les malades éprouvent des fris-:

DÉ l'hystérie.

sons, des pandiculations, de la tristesse ; elles pleurent et elles rient sans motif, sentent un besoin instinctif de se mouvoir et de changer de place ; elles accusent de la dyspnée, des palpitations, de la constriclion à la gorge, et l'anxiété | qu'elles éprouvent alors est tellement prononcée qu'elless désirent ardemment l'arrivée de l'attaque qui met un terme; à leurs souffrances : de la céphalalgie occipitale ou des s points douloureux partant de l'abdomen sont suivis immédiatement de la sensation d'une boule plus ou moins volu-mineuse qui, de l'épigastre, monte au niveau du bordl supérieur du sternum et plus souvent au niveau du larynx, . où elle détermine un sentiment très pénible d'étranglement! et de suffocation, qui rend la déglutition impossible et s'accompagne parfois d'une véritable hydrophobie. Les spasmes* suivent immédiatement cette sensation caractéristique, lai malade pousse un cri et tombe à terre : « elle s'agite avec: violence, tantôt comme si elle se débattait contre une' étreinte, d'autres fois, comme le ferait un opéré auquel on i laisserait la liberté de ses mouvements, ou enfin comme ^ une personne qui se livrerait à l'impatience, au méconten-ntement et au désespoir; d'autres fois encore les membres? supérieurs et inférieurs se meuvent dans tous les sens;; la flexion, l'extension, la rotation, l'adduction, l'abductioni se succèdent avec la plus grande rapidité. Le corps se meutt tantôt comme un ver, tantôt il se contracte dans tous les? sens, bondit et s'échappe souvent des mains qui le retien-nent. La tête s'agite sur le tronc en avant, en arrière, de' côté, mais très rarement les muscles de la face éprouvent i de ces convulsions qui tordent la bouche, qui font rouler les ■ yeux dans leur orbite et les portent en dedans ou en dehors. » • (Briquet). Les mâchoires se serrent l'une contre l'autre, de ' manière à produire du claquement et du grincement des ■ dents ; les parois thoraciques se meuvent convulsivement, et sous l'influence de ces efforts les veines jugulaires se dessi-

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