ATTAQUES CONVULSIVES
nent sous la peau qui prend une teinte violette; de violents craquements articulaires, des soubresauts tendineux, accompagnent ces mouvements désordonnés, pendant lesquels on voit les malades porter instinctivement la main à la gorge, comme pour en arracher le corps qui les suffoque, se mordre, se frapper et se livrer parfois à de semblables violences sur ceux qui les entourent; dans quelques cas, et surtout dans les affections hystériques épidémiques, les convulsions sont remplacées par des mouvements musculaires d'une vélocité et d'une agilité prodigieuses; les malades bondissent à des distances incroyables, franchissent des murs, grimpent aux arbres et donnent lieu, par ce spectacle étrange qui frappe l'imagination, aux récits les plus extravagants. Les convulsions occupent non-seulement les muscles de la vie de relation, mais encore les muscles de la vie organique; le cœur bat violemment, l'intestin, contracté partiellement et distendu par des gaz, se meut sous la pression de la main, et donne la sensation d'une tumeur dure et mobile, que les anciens croyaient être l'utérus exécutant des mouvements d'ascension dans l'abdomen; les sphincters eux-mêmes sont fortement contractés.
Tantôt ces mouvements convulsifs occupent tous les muscles du corps à la fois, tantôt ils alternent pour ainsi dire et envahissent successivement chaque appareil. Au bout de quelques minutes, on les voit peu à peu diminuer d'intensité, le calme succède à l'agitation, la respiration devient plus régulière ; la crise se termine habituellement par des sanglots, un écoulement abondant de larmes, l'émission abondante d'une urine claire et limpide comme de l'eau de roche, et souvent aussi par des éructations gazeuses qui amènent la disparition de la tympanite et du ballonnement de la région épigastrique.
^ La perte de connaissance est loin d'être constante dans
ique que nous venons de décrire.
«^^^ DE l'hY.STÉRIE,
Sui' 300 femmes atteintes de convulsions, M. Briquet en V trouvé 30, c'est-iï-dire 1 sur 10, chez qui la connaissance s'était conservée pendant l'attaque. Ces malades voient, entendent et comprennent tout ce qui se passe autour d'elles pendant l'attaque. Une fois revenues à elles, elles peuvent rendre compte non-seulement de toutes les paroles qui ont été dites, de tous les soins qui leur ont été donnés, mais encore de leurs propres impressions, impressions toujours fort pénibles et qui consistent en de violentes douleurs siégeant à la tête, à l'cpigastre et dans les membres convulsés; chez les autres, la perte de connaissance succède très prompteraent au sentiment de strangulation, elle s'accompagne d'une abolition complète de la sensibilité, et une fois l'accès terminé, les malades n'ont plus aucun souvenir de ce qui s'est passé. Il faut savoir tenir compte de toutes ces variétés lorsqu'il s'agit de faire le diagnostic différentiel de l'accès d'hys-' térie et de l'accès d'épilepsie.
2° Attaques de formes variables : spasmes, syncope, coma, catalepsie.
Les attaques convulsives constituent la manifestation la plus saillante et la plus élevée de l'affection hystérique ; mais à côté de cette forme il en est d'autres assez importantes pour mériter d'être signalées.
Ainsi les attaques de spasmes sont pour ainsi dire une attaque convulsive avortée : après quelques prodromes, la malade éprouve de la douleur et de l'anxiété à la région épigastrique ; surviennent bientôt des palpitations, des mouvements convulsifs et précipités des muscles respiratoires, la sensation douloureuse d'un globe qui monte vers la gorge, de la strangulation et quelques mouvements involontairesdes membres. Cet état peut durer quelques minutes ou quelques heures ; il se termine par des sanglots, des pleurs, une évacuation abondante d'urine claire et limpide, de la céphalalgie et de la courbature.