CHAPITRE II
DES PRINCIPES ET DE LA MÉTHODE A SUIVRE DANS L'ÉTUDE DES MALADIES MENTALES.
Au milieu de ces écoles si diverges par leurs tendances, quels principes devons-nous adopter?
Je n'hésite pas à dire que toute méthode fondée principalement sur la psychologie pure doit être rejetée d'une manière absolue. La psychologie peut tirer de certains faits apparie^ nant à l'aliénation mentale des inductions philosophiques utiles; mais si l'on renverse les rôles, si l'on veut lafaire servir de point de départ à une étude de la folie, on s'égarera certainement dans des divagations npageuses et dépourvues de tout côté pratique.
Le seul moyen d'arriver à un résultat vraiment utile, c'est d'envisager la folie comme une maladie et d'appliquer à son étude les méthodes purement médicales, c'est-à-dire l'obser-
vation complète et rigoureuse, combinée avec une généra^ lisation prudente, et permettant de remonter par une induction logique des faits particuliers à la classification des maladies, à leur siège, à leur nature. Rien de plus simple et en même temps de plus satisfaisant pour l'esprit que cetle méthode. En effet, dans quelle classe d'affections retrouve t-on d'une manière plus frappante la réalisation des lois fournies par la pathologie générale, relativement aux grandes influences étiologiques, comme l'hérédité, le genre de vie, les milieux ambiants? les troubles intellectuels, comme les idées délirantes ou les hallucinations, ne sont pas autre chose que des éléments symptomatiques, qui, tout en ayant leur valeur spéciale, se groupent et s'enchaînent d'une manière déterminée pour constituer certaines formes de maladies de même que la fièvre, la douleur de côté, l'expectora'tion sangumolente se retrouvent, mais agencés d'une façon différente, dans plusieurs états morbides. Sans doute dans le sujet qui nous occupe, les éléments symptomatiques sont moms matériels, moins tangibles, et exigent peut-être unpeu moms l'mtervention incessante de' tous les sens mais en somme une idée fausse est aussi facile à constater que la fièvre et le météorisme, et l'esprit s'habitue bien vite \ ce genre particulier d'observations
malade, et m doit pas être mêlée à toutes les défaillances de I rgan,sme; ne nous préoccupons nuefoftpeu despropriété vuale qM, servent sans doute à masquer notre gnorTuce es phonoménesintimes de la vie, mais urlesquelle „n d-erler à plaisir sans qu'il en résulte pour a e e 1 un
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naicrielles a 1 aide desquelles il fonctionne. Tantôt cet
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organe est altôré dans sa structure, tantôt le sang chargé de le nourrir et de le stimuler est altéré dans sa composition cliinii(iue, contient des éléments anormaux ou ne circule plus avec sa régularité habituelle. Dans cet ordre d'idées nos connaissances restent encore sur bien des points nulles, incomplètes ou douteuses, mais il faut songer aux progrés déjà réalisés, et marcher avec confiance. Si l'examen à l'œil nu est insuffisant, ayons recours au microscope qui permet de poursuivre bien plus loin des altérations de structure jusquelà inconnues. La chimie à son tour nous donnera des renseignements précis sur la nature des altérations de tissus, sur les altérations des liquides; enfin chaque malade sera soumis à une investigation clinique minutieuse qui agrandira le cercle de nos connaissances positives et arrivera peu à peu à combler les lacunes de la science.
Cette manière d'envisager la médecine mentale, qui n'exclut pas l'étude de l'élément moral, mais qui l'examine moins en lui-même que dans ses relations avec l'organisme, est celle qui présidera à la rédaction de ce livre. Les saines traditions de Pinel et d'Esquirol ont formé une école nombreuse dont les travaux ont déjà mis en lumière une foule de notions fondées sur l'observation et l'expérience. Nous nous appuierons principalement sur ces documents, assez nombreux raainlenanl pour qu'il soit temps de les réunir. Apres les avoir contrôlés et modifiés d'après ce que nous avons vu et observé, nous éliminerons sans crainte toutes les opinions qui nous semblent hasardées et fondées sur des préoccupalions théoriques, pour nous en tenir aux faits ri8.)ureuseiTient observés et d'une utilité pratique incontestable.