CHAPITRE
LA FOLIE APPARTIENT PRINCIPALEMENT A LA CLASSE DES NÉVROSES. — CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES NÉVROSES.
Dans l'état actuel de la pathologie médicale, les affections du système nerveux se divisent en deux classes : 1° celles qui reconnaissent pour point "de départ un changement matériel dans la structure de l'encéphale et de ses dépendances; 2° celles qui ne s'accompagnent d'aucune lésion organique appréciable, et que depuis Gullen on désigne sous le nom de névroses. La folie appartient à la fois à ces deux classes : à la première par la paralysie générale ou fohe paralytique dont la cause anatomique est maintenant bien définie et qui forme une espèce à part; à la seconde par toutes les autres formes de maladies mentales dont la cause organique reste inconnue et qu'on peut réunir sous le nom de fohe simple (Parchappe).
Les névroses que GuUen définissait ft des affections contre nature du mouvement et du sentiment, sans fièvre, sans maladie locale », forment évidemment un groupe provisoire, mal défini et destiné à subir d'importantes modifications, peut-être même à disparaître, à mesure que l'anatomie pathologique fera de nouveaux progrès. Gullen regardait comme des névroses la diarrhée, la rage, le choléra, l'apoplexie. Or, en voyant combien les travaux de Morgagnietde tant d'autres ont modifié sur ce point les idées d'autrefois, qui peut fixer à l'avance les limites que la science doit fran- ' chir?
Quoi qu'il en soit, et malgré ses imperfections, la classe des névroses doit être actuellement maintenue. Sans former une famille naturelle, les maladies qui la constituent et que nous diviserons, avec MM. Hardy et Béhier, en convulsions,
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névralgies, paralysies et vésanies, pr('?scntent certains traits communs qu'il est utile de connaître et que nous allons passer en revue. Leur étude fera mieux ressortir les connexions qill unis^eilt aux autres afféclions nerveusel? non-seulemerit la folié simple, mais encore la paralysie générale, espèce hybride qui, à côté de symptômes fixes dus à l'existence d'une lésion organique, en présente d'autres qui sont mobiles et variables et participent de la nature des accidents purement nerveux.
i" Dans les névroses il y a absence de fièvre. Sans doute au début do la manie, de la mélancolie, on rencontre uné légère accélération du pouls, mais c'est là un état passager^ et une fois que l'afFection nientale a pris tout son développement, quelles que soient son intensité et sa durée, oti n'observe, pas plus que dans les névralgies ou les paralysies essentielles, rien qui ressemble à la fièvre hectique.
2° La mobilité des symptômes est un autre caractère propre aux névroses; une névralgie faciale peut disparaître subitement et être remplacée par une sciatique ; une migraine alternera avec une gastralgie; une paralysie hystérique guérit tout à coup sous l'influence d'une vive émotion morale, après avoir résisté des années entières à un traitement rationnel. De même un état maniaque peut en quelques heures se dissiper pour faire place à un état mélancolique ou à une lucidité passagère. De même encore on voit des personnes sujettes à des asthmes, à des migraines, à des odontalgies, devenir tout à coup mélancohques ou maniaques par suite de la disparition de ces douleurs. Quelquefois celles-ci reviennent à l'époque de la convalescence.
3° La périodicité est un fait spécial aux affections nerveuses : les névralgies, l'épilepsie reviennent volontiers sous forme d'accès réguUers, apparaissant à heures fixes, tous les jours, tous les deux jours, ou à des intervalles plus éloignés. La manie, la mélancoUe revêtent ce même caractère, et nous