‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 25 sur 172 · CARACTÈRES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉNÉRAUX

les malades, fussent-ils cux-mèines médncins, oublient peu à peu le (langer, n'attribuent (ju'uiio minime importance aux symptômes qu'ils éprouvent, rori.'tissenl tiu calme et à l'espérance et font de longs projets d'avenir la veille même de leur mort. Sans être constante, cette situation intellectuelle, que j'ai observée nombre! de fois, attire singulièrement l'attention".

M. Saucerotte (i) a noté chez la plupart des individus qui offrent de l'hypertrophie dti cœur un dÔTeloppement extrême de la sensibilité morale : observés de prés, ces malades s'émeuvent à la moindre impression , ils pleurent en vous racontant leurs maux, un regard les trouble, un mot les déconcerte, ils se laissent emporter à la fougue d'une preniière impression oU d'une colère irréfléchie, et à l'approche du médecin leur pouls bat cent fois par minute. M. Saucerdtte rapporte en outre plusieurs observations dans lesquelles le dérangement intellectuel, développé sôus l'influence d'une affection cardiaque, subissait des exacerbations inévitables toutes les fois que la maladie du cœur venait à s'aggraver. L'ébranlement de la masse encéphahque qui résulte de l'impulsion plus violente du ventricule gauche, les stàâes sanguines qui s'opèrent dans les vaisseaux du cerveau par suite de l'imperfection de la circulation, peuvent, saris contredit, être invoqués comme la cause première de ces troubles intellectuels, de même que la stimulation incomplète du cerveau par un sang appauvri explique les troubles moraux que nous avons signalés dans la chlorose. Qui n'a été frappé de la stupeur, de l'obtubion de toutes les facultés intellectuelles qui accompagnent la fièvre typhoïde, et des troubles plus graves encore qui surviennent pendant la convalescence et que nous aurons plus loin à décrire? Qui ne sait enfin que le simple état fébrile amène nqn-seulement

(1) Annales méd.-psycholog., t. IV, p. 172.

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