ÉLÉMENTS SYMPTOMATIQUES DE LA FOLIE. HO
étendue et un peu différente. Et en effet certains états, comme l'ivresse, une passion violente, un accès de somnambulisme, peuvent amener avec eux une aliénation mentale de durée variable. Il en est de même de l'idiotie, de l'épilcpsie, de la cborée, de l'hystérie, qui à un degré différent enlèvent au malade, d'une manière passagère ou permanente, la libre conscience de ses actes; et cependant tous ces étals sont bien différents de la folie. D'un autre côté, des troubles intellectuels fort graves, des hallucinations par exemple, peuvent exister chez un individu qui apprécie ce phénomène h sa juste valeur, conserve la libre direction de ses actes, et ne peut pas être considéré comme aliéné.
Le Code emploie le mot de démence comme synonyme de folie, d'aliénation mentale. Cette désignation est impropre, car la démence n'est qu'une forme particulière de folie, caractérisée principalement par l'affaiblissement intellectuel.
§ 8. — Éléments symptomatîques de la folie.
Afin d'aborder avec quelque clarté l'étude de la folie, nous procéderons par voie d'analyse, et nous indiquerons tout d'abord les éléments symptomatîques qui se combinent et s'associent entre eux pour donner naissance aux formes si diverses de la maladie. Dans la fièvre typhoïde, dans la variole, dans les affections qui sont du ressort de la pathologie interne, ces éléments symptomatîques sont d'un ordre purement matériel et faciles à saisir et à apprécier : la diarrhée, la lièvre, le gargouillement iléo -caecal, les taches rosées lenticulaires, la pustule ombiliquée, voilà les phénomènes qui attirent l'attention du médecin et se groupent dans un ordre déterminé pour donner à la maladie sa physionomie spéciale. Dans la folie, à côté des phénomènes somatiques, il . faut savoir envisager ceux qui sont d'un ordre purement intellectuel : moins faciles à saisir en ce sens qu'ils sont d'un