‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 30 sur 172 · II. Lésions consécutives ; HL Lésion terminale · texte numérisé non relu

II. Lésions consécutives ; HL Lésion terminale

IfiSlONg {[STELLEpTUELLES PRIMITIVES.

Les lésions intellectuelles primitives sont : 1" partielles, -2" générales.

1" Lésions partielles.

Il y a trois sortes de lésions partielles : les conceptions délirantes, les impulsions irrésistibles, les hallucinations.

a. Les fausses conceptions ou conceptions délirantes, qui se définissent d'elles-mêmes, sont innombrables dans la fohe et peuvent offrir autant de variétés qu'il existe de modes dans la pensée humaine.

Tantôt elles sont absurbes et impossibles; tantôt, au contraire, elles n'offrent par elles-mêmes, rien d'absolument incompatible avec l'ordre naturel des choses, mais elles sont contraires à l'évidence des faits réels. Un homme se croit tout à coup pape, empereur, riche à millions; un autre craint d'avoir commis un crime, se dit ruiné, déshonoré, poursuivi par des ennemis, condamné k l'échafaud; un troisième croit son corps transformé en beurre

(1) Baillarger, Essai sur une classificalion des différents genres^ de folie {Ann. méd.-p^ychol., 1853, p. 545). "

DE LA FOLIE. h7

et fuit la chaleur de peur de fondre. Voilà tout autant de conceptions délirantes. La nature de ces conceptions, leur nombre, leur enchaînement, leur point de départ sorît autant de circonstances sur lesquelles nous aurons à revenir, et qui jouent un rôle de premier ordre dans le diagnostic et le pronostic de la folie.

Ainsi que l'a dit Leuret (4), la fausseté d'une conception ne suffit pas pour en faire une conception délirante, jl faut y joindre la fixité de l'idée qui, bien différente en cela de l'erreur, ne se niodifie pas malgré l'accumulation des preuves les plus péremptoires.

if. Sous le nom impulsions iiTésistibles on désigne des mouvements instinctifs, qui, en dehors de toute idée délirante et souvent .malgré l'intervention de la volonté, poussent un individu à commettre un acte répréhensible dont il apprécie toute la portée. On yoit des sujets qui éprouvent ainsi une propension instinctive au vol, à l'abus des liqueurs alcooliques, au suicide, à l'honiicide. Il est rare de voir les impulsions irrésistibles exister indépendamment de toute lésion in^ telJectuelle, souvent elles s'associent à d'autres phénomènes, rflftis elles n'en constituent pas moins un élément pathologique bien distinct et sans analogie en médecine mentale.

ç. Les hallucinations sont des sensations perçues en dehors de toute excitation des organes des sens. Un malade entend des voix, perçoit des odeurs, voit des objets qui n'existent pas en réahté, voilà des hallucinations. Ce phénomène joue dans l'élude delà fohe un rôle tellement important que nous lui consacrerons plus tard un chapitre étendu.

2° Lésions générales.

Les lésions générales de l'intelligence sont de deux sortes, l'excitation, la dépression. Tous les auteurs, avec

(1) Fragments psychologiques sur la folie, p. Ii2.

A3 ÉLÉMENTS SYMPTOMATIgUES.

Arétée, avec Willis, ont insisté sur celte division dichotomique fondée sur une saine observation. Et en effet, chez certains aliénés on observe une agitation incessante, une augmentation dans la force musculaire, une suractivité intellecluelie en vertu de laquelle les idées se pressent, s'entrecroisent, se multiplient avec une prodigieuse rapidité; d'autres, au contraire, restent inertes, immobiles, silencieux, sans que rien puisse les réveiller dé leur torpeur. Les fonctions organiques elles-mêmes, participent à ce trouble général et sont ou exaltées ou languissantes; aussi rien de plus saisissant que le contraste de ces deux états de l'économie dont la manie d'une part, la mélancolie de l'autre, offrent le type le plus complet.

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