LÉSIONS INTELLECTUELLES CONSÉCUTIVES
Les lésions intellectuelles consécutives sont de deux sortes : lésions de l'attention, lésions de la volonté.
a. Esquirol a soutenu avec raison que l'aliéné était incapable de diriger son attention. « Les impressions, dit-il, sontsi fugitives et si nombreuses, les idées sont si abondantes chez le maniaque, qu'il ne peut fixer assez son attention sur chaque objet, sur cliaque idée; chez le monomaniaque l'attention est tellement concentrée qu'elle ne se porte plus sur les objets environnants, sur les idées accessoires. L'attention de tous les aliénés est si essentiellement lésée que si une sensation forte, agréable, pénible ou inaltendue, fixe l'attention du maniaque ou détermine l'attention du monomaniaque, aussitôt l'aliéné devient raisonnable, et ce retour à la raison dure aussi longtemps que l'effet de la sensation, c'est-à-dire pendant que le malade reste le maître de diriger et de soutenir son attention. La volonté est lésée comme l'attention, non pas primitivement, mais consécutivement cà ces lésions intellectuelles élémentaires, dont l'existence enlève cà l'aliéné la libre direction de ses actes. Le mélancolique plongé dans la dépression, ne
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peut pas vouloir agir, et le maniaque, en proieà une agitation violente, cric, chante et gesticule sans que sa volonté puisse s'interposer. Cette impuissance devient plus évidente encore chez ces malades qui, en proie à des impulsions irrésistibles, à des déterminations automatiques, commettent des actes qu'ils repoussent, et avant de succomber à cet entraînement, épuisent leur volonté dans une lutte trop souvent inégale,