‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 43 sur 172 · ÉTAT DU SANG · texte numérisé non relu

ÉTAT DU SANG

du sang, difficultés qui ne peuvent être surmontées qu'à l'aide de beaucoup de temps et d'une grande habileté, jettent en général dans cette question de graves incertitudes. Il semble résulter des recherches d'Erlenmayer, que chez les ahénés il est rare d'observer une augmentation dans la proportion des globules ou dans le chiffre de la fibrine, que la crase séreuse coïncidant avec la diminution de la masse du sang, et dont le degré le plus élevé constitue la chlorose, est au contraire très commune. M. Michéa (1) reprenant cette étude, mais la limitant à la paralysie générale, admet qu'au début de la maladie, dans la majorité des cas, il y a augmentation des globules, diminution de la fibrine, tandis que l'albumine diminue notablement. Entre ces résultats de l'analyse chimique et certains symptômes, comme la congestion, les épanchements séreux, les convulsions épileptiformes, l'auteur cherche à établir des connexions qui me paraissent loin d'être démontrées.

Le seul résultat clinique qui puisse être rapproché des tentatives bien incomplètes faites dans cette direction, c'est que dans la majorité des cas d'aliénation mentale les toniques, les reconstituants rendent d'éminenls services, tandis que les émissions sanguines, souvent utiles au début de la paralysie générale, doivent en tout cas être maniées avec une grande circonspection.

ARTICLE IIL

De certains actes délirants : suicide, homicide, vol, incendie.

Parmi les actes de toute nature auxquels les aliénés se trouvent entraînés par leur délire, il en est plusieurs qui ont une importance symptomatique considérable, non-seule-

(1) Acad, des aciences^ 29 novembre

'^^ t^E CERTAINS ACTES DÉLIRANTS.

ment comme expression d'un ôtat mental fort grave, mais encore comme actes dangereux au point de vue de la société dont ils np:cessitent l'intervention; je veux parler du suicide, de l'homicide, do la tendance au vol et à l'incendie.

1" Le suicide peut se produire en dehors de tout soupçon de folie. Il est alors le résultat de passions exagérées, de certaines convictions philosophiques ou religieuses, et s'appuie sur des raisons qui l'exphquent sans le légitimer. L'orgueil blessé, la misère, les chagrins domestiques, le regret d'une fortune perdue, l'idée de ne pas survivre au déshonneur, parfois même l'imitation et le récit fréquent d'actes semblables, tous les motifs en un mot, les plus nobles, les plus sérieux, comme les plus mesquins et les plus futiles, peuvent conduire un homme au suicide en lui laissant la plénitude de sa liberté morale.

Chez l'aliéné, le suicide est le résultat de maladies mentales très diverses : le maniaque, en proie à des illusions de la vue, peut prendre un fenêtre pour une porte et se tuer involontairement. Le mélancohque veut se suicider, entraîné logiquement par ses idée^ déhrantes; il est déshonoré, il a commis des crimes, il doit être conduit à l'échafaud, la mort est pour lui le seul moyen d'échapper au supphce et de sauver sa famille de la honte. Celui-ci se croit ruiné et veut mourir parce que désormais il ne pourra plus subvenir à son existence; celui-là, poursuivi par des agents de police, par des ennemis qui le tourmentent de mille façons, veut mettre fm à une vie devenue intolérable. Il est des [diénés qui, dans leurs tentatives de suicide, obéissent à une voix qui leur donne des ordres; quelques-uns enlin cèdent à une impulsion irrésistible qu'ils ne peuvent dominer plus longtemps.

L'idée du suicide est toujours dangereuse et de nature à causer de vives préoccupations. Ce danger, toutefois, offre des degrés selon la forme de maladie mentale ; quand la

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