FONCTIONS GÉNITALES
nion (1). Les fonctions génitales sont exallées plus souvent et avec plus de force clans la première période de la paralysie générale à forme expansive : ce n'est que plus tard, à la deuxième et à la troisième période, que survient l'impuissance. Chez certains sujets raonomaniaques et principalement à l'âge de retour, il n'est pas rare de voir des tendances érotiques surgir avec une intensité spéciale et devenir le phénomène saillant de la maladie. Quant aux mélancoliques, aux hypochondriaques, ils sont en général remarquables par l'affaiblissement des fonctions de la génération, soit que chez eux la sécrétion spermatique soit diminuée, soit qu'il s'agisse d'une impuissance purement nerveuse.
La menstruation est loin d'être toujours interrompue ou troublée chez les femmes aliénées. Quand la folie est aiguë, quand les malades continuent à se nourrir et gardent toutes leurs forces, j'ai noté un grand nombre de fois que les règles conservaient leur abondance et leur régularité ; j'ai même vu fort souvent les époques se rapprocher et apparaître toutes les trois semaines, tous les quinze jours, alors qu'à l'état normal la périodicité était mensuelle, résultat conforme à ce que M. Hérard a observé dans le cours des maladies aiguës fébriles. Quand la fohe se prolonge, quand les malades se nourrissent mal, sont tourmentées par l'insomnie et perdent leurs forces, il n'est pas rare que la menstruation se supprime, non sous l'influence directe des troubles cérébraux, mais par suite de l'épuisement de toute l'économie. Si la folie passe à l'état chronique et se transforme en démence, toutes les fonctions organiques reprenant leur cours normal à côté des facultés intellectuelles qui chaque jour sont plus affaibhes, la menstruation reparaît à son tour, mais non sans exercer sur la marche de la folie une influence que nous aurons plus tard à apprécier.
i.l) Traité delà folie des femmes enceintes, etc., etc., p. 202.
SYMPTOMATOLOGIE.
Glicz los femmes aliénées la leconrlafion peut avoir lien el la grossesse suit son cours sans incidents f;kheux ; il estmême remai-quable que la plupart d'entre elles arrivent à terme et semblent réi'ractaires aux causes habituelles de l'avortement, comme si la sensil)ilité de l'utérus se trouvait émoussée. J'ai vu deux fois, vers le sixième mois de la grossesse, les mouvements actifs du fœtus devenir le point de départ d'illusions assez curieuses : l'une de ces deux malades croyait avoir dans le ventre un ver solitaire; l'autre croyait recéler un serpent qui, au moment de l'accouchement, devait s'élancer sur les personnes voisines et les dévorer.
S 5. — Sécrétions.
Les sécrétions, qui sont normales ou exagérées chez les maniaques, chez les monomanes et dans la paralysie générale, sont remarquables chez les mélancohques par leur peu d'abondance et par la difficulté avec laquelle elles s'exécutent.
Chez ces derniers l'enveloppe cutanée est sèche, rugueuse et a perdu toute souplesse et toute moiteur, le mucus nasal est supprimé, les cheveux sont secs et cassants, la salive est rare, visqueuse, la muqueuse buccale reste sèche, et pendant la mastication les ahments ne s'imprègnent que difficilement de liquide. La sécrétion lacrymale est également tarie. Au milieu des préoccupations les plus douloureuses se traduisant par des cris, des gémissements et toute l'altitude du désespoir, l'œil reste sec et pas une larme ne s'écoule. Aussi le retour de la sécrétion lacrymale, de la sueur, ainsi que le ptyalisme, sont-ilseu général des indices du retour à la santé.
L'urine et Yexcrétion urinaire présentent chez les aliénés quelques modifications pathologiques, mais ce sujet malheureusement est peu connu et aurait besoin de nouvelles recherches.
SÉCnÉTIONS. 70
Chez les mélancoliques, dont toutes les sécrétions dirailuient d'abondance, l'urine est rare, de couleur foncée, épaisse et bourbeuse; c'est un point (|u'Esquirol avait déjà signalé. Les sédiments sont plus abondants, ils sont formés d'acide urique et d'uratc, et l'on rencontre dans le liquide un excès d'urée et une grande quantité de cellules épithéliales; en môme temps sa pesanteur spécifique est plus considérable (1).
Dans la manie, l'urine peut offrir des variations d'aspect, de densité, de composition chimique, mais ces variations me semblent tenir à des conditions individuelles et non à l'état maniaque proprement dit.
Dans la démence, dans la paralysie générale, la rétention d'urine, la nécessité de recourir au cathétérisme rendent souvent ce liquide alcalin, en même temps que le catarrhe concomitant de la vessie favorise le développement du muco-pus et rend l'urine trouble et fétide, mais cette altération ne dépend nullement de l'état de l'encéphale et s'observe dans tous les cas oii l'excrétion urinaire se faisant avec difficulté, la vessie ne se vide pas d'une manière complète.
En somme, l'examen de l'urine chez les aliénés n'a conduit jusqu'ici à aucune conclusion positive. Chez un grand nombre de malades j'ai recherché la présence de l'albumine; je ne l'ai constatée que deux ou trois fois et dans des proportions très minimes. Burnett ("2), Simpson (3) ont rapporté quelques faits de manie puerpérale coexistant avec de l'albuminurie; bien plus, dans deux cas l'excitation maniaque apparaissait et disparaissait avec l'albumine des urines, mais ces faits devraient, pour avoir quelque valeur, être dégagés
(1; V, Sutherland et Rigby, Analyses of the wine of insane patients in Saint- Luke's hospilal, 1844 {Ann. méd.-psych., 1. IX, 1847, p. 145).
(2) The Asylum, journal of mental science, Palliology of the urine in insanily, ociobre 1855.
(3) Edinburgh medicalJournal, fév. 1857.
SYMI'TOMATOLOGIE.
do toule complication; il importe surtout que chezlafemmo recemmentaccoucl.éel'accès maniaque ne soit pas consécutif a cles convulsions éclamptiques. On sait en effet que l'albuminurie et l'cclampsie sont deux phénomènes ayant entre eux des connexions intimes; d'un autre côté, personne n'ignore que les aflections convulsivesse terminent quelquefois par des troubles intellectuels, sans qu'on ait besoin d'inyoquer comme état pathologique intermédiaire l'albuminurie en sorte que cette dernière, alors même qu'elle existerait' ne pourrait pas légitimement être regardée comme la cause des désordres de l'esprit. Cette question mérite des investigations ultérieures, mais dans l'état actuel de la science on peut dire, sans hésiter, que l'albuminurie est rare chez les aliénés, et qu'elle ne joue qu'un rôle très douteux dans la pathologie mentale.
La présence du sucre dans l'urine me paraît également très peu fréquente. Je l'ai recherchée souvent non-seulement dans la manie et la mélancolie, mais encore dans la paralysie générale, après les accès convulsifs épileptiformes, dans l'hystérie, dans l'épilepsie; or, jamais je n'en ai trouvé de traces, et sur ce point j'adopte complètement les conclusions du travail de M. Michéa, rectifiant les affirmations de M. Alvaro Reynoso (1), relatives à la présence du sucre dans les urines toutes les fois qu'il y avait eu un accès convulsif avec tendance à l'asphyxie et gêne passagère de l'hématose.
S 6. — État du sang.
L'étude de la composition chimique du sang chez les ahénés n'a donné jusqu'ici que des résultats peu accentués : il faut les accueillir avec d'autant plus de réserve que les difficultés très considérables que présente l'analyse chimique
(1) Âcad. des sciences, séance du 15 décembre 1851.