MAUCI^E DE LA FOLIE
Les gnmdcs chaleurs accompagnées d'orages, les froids vifs el secs augmeritenl l'excilation et le délire des aliénés : ce fait est surtout sensible dans les grandes réi.m^ons de malades où l'aggravation des symptômes se traduit pa,r un redoublement manifeste daqs le brviit, le désordre et toutes les manifestations délirantes.
Les affections mentales s'exaspèrent souvent au printemps; l'automne est la saison des rémissions et partant celle qui fournit le plus grand nombre de guérisons.
C'est une opinion depuis longtemps populaire que les diverses phases de la lune agissent sur l'état des aliénés el amènent une exacerbation périodique dans tous les symptômes : d'après Daquin (1), les nouvelles lunes et les derniers quartiers sont de tous les points lunaires ceux qui exercent une influence réelle et puissante : cette observation e^t loin d'avoir été confirmée par les recherches des observateurs modernes qui, tout en reconnaissant dans la folie des exacerbations mensuelles, n'ont pu saisir de corrélations constantes entre ces exacerbations et les révolutions lunaires.
Il n,'en est pas de même de la menstruation, fonction qui, jouant un rôle si important dans l'éliologie de la fo^ie, devient en outre, chez les aliénés, pendant la période d'état d,ç la maladie, le point de départ presque constant d'une aggravation périodique dans tous les symptômes : tantôt cç paroxysme a lieu au moment même des époques, tantôt il les précède, tantôt enfin il les suit. Dans tou,s les cas, ce fait,, par sa constance, devient utile au point de vue des indications thérapeutiques.
Les émotions morales, les excitants extérieurs, les écarts de régime, deviennent tout autant de motifs, accidentels d'une aggravation passagère qui disparaît avec la cause qui lui ai donné naissance.
Les rémissions qui ont] Heu dans l'intervalle des pa--
(1) La philosophie de la folie, Paris, 1792, p. 85.